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Antoine de Saint-Exupéry

1900 – 1944

Sa vie

Antoine de Saint-ExupéryAntoine de Saint-Exupéry naquit à Lyon en 1900. Après un échec à l’École Navale, il fait son service militaire dans l’aviation et devient ensuite pilote de ligne. Ses romans s’inspirent étroitement de son expérience vécue. Il assure d’abord la liaison entre Toulouse et Dakar, puis est nommé chef de « l’aéroplace » (base aérienne) de Cap Juby, dans une zone insoumise du Maroc espagnol. Courrier-Sud (1930) met en œuvre des éléments empruntés à ces deux étapes de sa carrière ; Vol de nuit (1931) est écrit à Buenos Aires, où il est directeur d’une filiale de l’Aréopostale ; Terre des hommes (1939) offre comme un bilan de ses souvenirs.

Pilote de guerre dès 1939, après un exil de plus de deux ans aux État-Unis, au cours duquel paraît le Petit Prince, Saint-Exupéry revient en France où il reprend le combat en 1943. Il disparaît au cours d’une mission de reconnaissance aérienne le 31 juillet 1944.

Après sa mort, sera publié Citadelle qui, sous la forme d’une parabole, dégage les éléments d’une philosophie inspirée par l’action.

L’unité de son œuvre

Les premières œuvres de Saint-Exupéry ont séduit à la fois par leur nouveauté et leur authenticité. comme le témoignage d’une homme de métier dans un domaine que nul avant lui n’avait abordé, sauf Kessel (romancier né en 1898) dans l’Équipage. Mais d’un roman à l’autre, les lecteurs prennent conscience qu’il s’agit d’autre chose que de simples romans-reportages. Dans Courrier-Sud, Saint-Exupéry avait cru devoir rehausser son récit de l’appoint d’une intrigue sentimentale, d’ailleurs assez étrangère au fil du récit. Déjà Vol de nuit, centré autour de l’attente de trois courriers à l’aérodrome de Buenos Aires, nous fait assister au drame humain qui se livre sur terre, au poste de commandement, et dans le ciel, auprès des pilotes, s’approfondit en l’étude vigoureuse d’un caractère, et se prolonge en une méditation sur l’action. Terre des hommes, plus explicitement encore, s’organise autour de cette méditation sur la grandeur d’un métier qui affermit la volonté, exalte un sentiment de fraternité entre ceux qui œuvrent pour une tâche commune et leur fait prendre une conscience élargie de leur responsabilité: la grandeur de l’homme, c’est de se sentir « dans la mesure de son travail »… « responsable un peu du destin des hommes ». Le Petit Prince reprendra ce thème sous la forme d’une parabole poétique.

Au terme de cette continuité, Citadelle apparaît comme une dernière étape et comme un couronnement. Saint-Exupéry y médite sur les valeurs révélées par l’action qui font la dignité de l’homme et qui s’équilibrent en lui. Elles sont susceptibles de donner un sens à sa vie. Son humanisme, résolument spiritualiste, postule Dieu plutôt qu’il ne trouve ; à défaut d’une rencontre, il est, au moins, une aspiration vers le divin.

Gros plan sur Vol de nuit (1931)

Fabien, un des trois pilotes qui cherchent à gagner l’aérodrome de Buenos Aires, ne peut plus échapper à la mort. Les communications avec le sol sont coupées et son réservoir d’essence est à peu près vide. Dans une sorte de vertige qui fera de sa mort une apothéose, Fabien monte vers les étoiles.

La description unit, sans la moindre impression de disparité, la réalité et le rêve, dans une profusion de détails précis, presque techniques, sur le comportement de l’avion et sur le spectacle qui, bientôt, aux yeux du pilote, se transfigure en vision. Mais, déjà, celui-ci semble comme détaché de la vie terrestre, comme intégré au monde cosmique, dans une exaltation telle que la mort certaine, toute proche, loin d’être une appréhension, vient plutôt comme une délivrance.

Gros plan sur Le Petit Prince (1943)

Ce conte semble occuper une place à part dans l’œuvre de Saint-Exupéry. Sa fraîcheur et sa fantaisie, la simplicité naïve de son expression expliquent l’immense succès qu’il connaît auprès des enfants. Mais l’auteur qui, de son propre aveu, ne souhaite pas qu’on lise son livre « à la légère » et qui l’a décidié « à la grande personne qui avait bien besoin d’être consolée » nous invite à rechercher plus avant, sa signification profonde. En fait, on y retrouve, sous la forme d’une souriante et touchante parabole, les thèmes habituels de son inspiration.

Bibliographie
  • Courrier-Sud (1929)
  • Vol de nuit (1931)
  • Terre des Hommes (1939)
  • Pilote de guerre (1942)
  • Le Petit Prince (1943)
  • Citadelle (1948)
Citations choisies
  • — Où sont les hommes ? reprit enfin le petit prince. On est un peu seul dans le désert…
    — On est seul aussi chez les hommes, dit le serpent. (Le Petit Prince)
  • Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. (Terre des Hommes)
  • Il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince… c’étaient les graines de baobabs. Le sol de la planète en était infesté. Or un baobab, si l’on s’y prend trop tard, on ne peut jamais plus s’en débarasser. Il encombre toute la planète. Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, et si les baobabs sont trop nombreux, ils la font éclater. (Le Petit Prince)
  • On ne voit bien qu’avec le coeur. (Le Petit Prince ; XXI)
  • La guerre n’est pas un aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus. (Terre des hommes, chap. 10)
  • Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. (Citadelle)
  • Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. (Terre des Hommes)
  • Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. (Le Petit Prince)

Autres citations d’Antoine de Saint-Exupéry.

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