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Nicolas Boileau-Despréaux est d'origine parisienne: son père, qui exerce les fonctions de greffier an Parlement, est un représentant typique de la petite bourgeoisie parlementaire. Après avoir étudié quelque temps la théologie, Boileau s'initie au droit. Peut-être subit-il l'influence parternelle. En fait, il suit une voie empruntée par de nombreux futurs écrivains de l'époque: l'apprentissage de l'argumentation et de l'art oratoire semble alors constituer une bonne initiation à la littérature. En 1656, le voici avocat. Il ne le restera pas longtemps: dès l'année suivante, il abandonne cette profession, après avoir recueilli le solide héritage que lui laisse son père.
Boileau peut alors se consacrer en toute quiétude à la littérature. Il fréquente les grands écrivains de son temps, hante les salons à la mode. Il écrit beaucoup, lit en public ses compositions. Dans un premier temps, il se dispense de les faire publier: ce n'est qu'en 1666 que paraît sa première œuvre, les Satires. Jusqu'en 1684, les publications se succéderont. Les différents livres des Satires, des Épîtres, de l'Art poétique et du Lutrin s'accumuleront. Les jugements portés sur la littérature se préciseront: peu à peu, Boileau apparaîtra comme le grand législateur du classicisme.
Dans le même temps, Boileau essaie de se faire une place à la cour. Il y réussit, et gagne bientôt les faveurs du roi: ses efforts pour établir les règles de l'écriture ne vont-ils pas dans le sens de la volonté de Louis XIV de tout régler, de tout normaliser? Dès 1674, Louis XIV lui accorde une pension de deux mille livres. En 1677, il le désigne, au côté de Racine, comme historiographe, fonction qui consistait à élaborer une histoire officielle des événement contemporains. En 1684, il le fait élire à l'Académie française.
Après 1684, l'activité littéraire de Boileau se réduit considérablement. Il publie encore quelques Épîtres et quelques Satires. Lors de la querelle des Anciens et des Modernes, il intervient et se pose en ferme défenseur des auteurs de l'Antiquité. Mais son intérêt se tourne désormais vers la religion. Acquis aux idées jansénistes, il s'élève violemment contre le laxisme des jésuites. C'est donc en homme de foi qu'il meurt à Paris à l'âge de soixante-quinze ans.
V- Gros plan sur les Satires (1666-1716): Une partie importante de l'œuvre de Boileau est d'inspiration satirique. Reprenant la tradition antique qui avait déjà influencé Régnier au début du XVIIe siècle, Boileau s'attaque aux vices et aux ridicules de son temps.
VI- Gros plan sur les Épîtres (1670-1698): Avec les Épîtres, Boileau, cet inconditionnel des Anciens, reprend la tradition de la lettre littéraire que les auteurs de la Rome antique utilisaient pour livrer leur avis ou leur impression sur les sujets les plus divers. Il y prolonge la tonalité satirique. Souvent violente, comme dans l'Épître II qui dénonce la manie des procès ou dans l'Épître XII qui, à nouveau, s'en prend aux jésuites, la satire est parfois plus légère, plus diffuse, comme dans l'Épître VI qui fait l'éloge du calme de la campagne et déplore l'agitation de la ville.
VII- Gros plan sur l'Art poétique (1674): C'est dans l'Art poétique que figure l'essentiel du message critique de Boileau. La construction de cet ouvrage est rigoureuse et symétrique. Les chants I et IV sont consacrés à des considérations générales: le chant I définit les grandes règles de l'écriture, tandis que le chant IV analyse le comportement de l'écrivain. Ils encadrent les chants II et III qui contiennent des études plus particulières: le chant II se penche sur les formes littéraires mineures, comme l'ode
VIII- Boileau et la critique littéraire: La satire
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