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Le verbe

L’infinitif

- Définition et emploi -

 

Parfois, au cours d’un salut, devant un doux chant flexible et calme, il se donnait des conseils sur le mode infinitif : « de l’abandon, de la douceur, prendre modèle sur ces chants ».

(Joseph Malègue, Augustin, t. 1, 1933)

Qu’est-ce que l’infinitif ?

L’infinitif est une forme nominale dont la fonction essentielle est d’énoncer purement et simplement le procès exprimé par le verbe. En tant que terme nominal, l’infinitif peut être substantivé (le manger, le boire) ; en tant que verbal il peut avoir un régime (manger du pain) ; exceptionnellement, ainsi en latin et en grec, il peut exprimer la voix et le temps (infinitifs actif, passif, présent, passé, futur), mais non le nombre et la personne ; de ce fait il est apparu aux grammairiens anciens comme un mode incomplet, inexplicite […] par rapport à l’indicatif […] (Mar, Lex. 1951)

En termes plus simples, l’infinitif est une forme nominale du verbe exprimant l’idée de l’action ou de l’état, sans indication de personne ni de temps.
Exemples : Aimer, finir, perdre, vouloir sont des infinitifs.

L’infinitif peut exercer toutes les fonctions du groupe nominal : sujetattribut du sujetappositioncomplément de détermination (complément du nom ou du pronom), complément de l’adjectif, complément du verbe (complément d’objet direct, indirect et second) et complément circonstanciel.

Info
On peut parler parfois de ce qu’on appelle infinitif de narration. Il s’agit d’un infinitif qui est quelquefois substitué à un temps du passé de forme personnelle dans un énoncé rapide de caractère narratif. Il est dit alorshistorique ou descriptif ou de narration. Les journalistes semblent se complaire à répandre ces infinitifs.
Exemples : Ainsi dit le renard, et flatteurs d’applaudir. (La Fontaine) – M. Louis d’applaudir… Et de montrer… Et de dire

Pour aller plus loin…

Emploi de l’infinitif

● L’infinitif s’emploie non seulement comme sujet et comme attribut, mais encore comme complément.
Exemples :  Apprendre à se connaître est le premier des soins. (La Fontaine) — S’entretenir avec son ami, c’est penser tout haut. (La Rochefoucauld) — Qui pardonne aisément invite à l’offenser. (Corneille)

● L’infinitif, employé comme complément, tient lieu d’une proposition subordonnée infinitive ou une infinitive (par ellipse).
Exemple : Les grands ne croient être nés que pour eux-mêmes. (Massillon)
Dans cet exemple, être nés est mis pour qu’ils sont nés.

● En substituant un infinitif à une proposition subordonnée, on rend le discours plus rapide.
Exemple : Le ciel, pour les punir, voulut les exaucer. (Voltaire)

Mais cette substitution ne doit jamais se faire aux dépens de la clarté.
Exemple : Toutes les conventions se passaient avec solennité pour les rendre plus inviolables. (J.-J. Rousseau)
Ici l’expression est vague et la pensée obscure, parce que l’infinitif n’est en rapport avec aucun mot énoncé précédemment. La construction et la clarté exigent : On faisait toutes les conventions avec solennité pour les rendre plus inviolables.

 ● Il y a rarement obscurité lorsque l’infinitif se rapporte à un mot exprimé dans la phrase. Cependant, l’équivoque peut encore résulter du rapport ambigu de l’infinitif avec le sujet ou un des compléments. On ne dira donc pas : Dieu nous donne des richesses pour faire des heureux. Car on ne sait si c’est à Dieu ou à nous que l’infinitif se rapporte. Il faut dire : Dieu nous donne des richesses pour que nous fassions des heureux.

● Mais si le sens est tellement net que le rapport de l’infinitif ne donne lieu à aucune ambiguïté, on doit l’employer préférablement à tout autre mode.
Exemple : Dieu t’a fait pour l’aimer, et non pour le comprendre. (Voltaire)

● Le terme auquel l’infinitif se rapporte peut même être sous-entendu ; mais il faut pour cela que l’esprit puisse le suppléer sans peine.
Exemples : Tout, sans faire d’apprêts, s’y prépare aisément. (Boileau) — Pour éviter les surprises, les affaires étaient traitées par écrit dans cette assemblée. (Bossuet) — Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles. (Racine)

● L’infinitif complément d’un autre verbe est employé avec ou sans préposition.
Exemples : Il prétend imposer son opinion. — Il cherche à tromper. — Il désespère de réussir.

À un infinitif, complément d’un premier, il faut se garder d’en ajouter un troisième, et à plus forte raison un quatrième. On doit repousser comme barbares des constructions telles que celles-ci :
Exemples :  N’allez pas croire faire savoir jouer tous les ressorts de l’éloquence. — Vous avez tort de penser pouvoir faire trembler l’Europe aux premiers préparatifs de guerre. — Je ne puis espérer pouvoir aller rejoindre ma famille avant la fin de l’année prochaine.

La conjugaison

 

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