15/10: VIèmes Jeux de la Francophonie : Alif Naaba dit ses quatre vérités
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C"est avec beaucoup d"étonnement que les burkinabè ont découvert que le Burkina Faso avait présenté un dossier incomplet aux jeux de la Francophonie, qui se sont tenus à Beyrouth, au Liban, du 27 septembre au 6 octobre 2009. L"équipe de football n"avait pas pu participer au tournoi organisé pour l"occasion, et des artistes, tels que Alif Naaba et son groupe, sont restés en rade à Ouagadougou. C"est avec surprise que ce dernier dit avoir entendu le 10 octobre dernier, en suivant le journal télévisé, que «Alif Naaba a jeté l"éponge à la dernière minute». Il n"en fallait pas plus pour que le principal concerné sorte hors de ses gongs. Dans une lettre ouverte adressée à Filippe Savadogo, ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, et que nous vous proposons en intégralité, il donne sa version des faits, et assure que sa non participation à ces jeux relève «d"une mauvaise organisation, voire d"un amateurisme» qu"on ne peut lui imputer.
«Monsieur le Ministre,
Le samedi 10 octobre dernier, au cours des journaux télévisés de la TNB, j"ai appris, en même temps que bon nombre de nos concitoyens, à propos de la participation du Burkina aux VIè Jeux de la Francophonie que : « Alif Naaba a jeté l"éponge à la dernière minute ».
Aussi, en tant que premier concerné, il me plaît ici de vous apporter à vous même ainsi qu"à tous les Burkinabè, un éclairage sur la question.
Au mois de janvier j"ai appris la venue imminente à Ouagadougou d"une équipe de la Francophonie chargée des présélections en chanson et en conte pour le compte des VIè Jeux qui se sont déroulés du 27 septembre au 6 octobre de cette année au Liban. J"ai alors approché le ministère en charge de la Culture, afin de connaître les conditions de participation. Entre autres points, en ce qui concerne ma catégorie, il fallait être âgé de moins de 35 ans et avoir un effectif de huit (8) personnes au maximum, accompagnateur compris.
Je me suis donc décidé à participer, conscient qu"il me fallait travailler à ramener mon effectif de dix (10) à huit (8).
Deux mois près les présélections qui se sont déroulées au CENASA, nous avons été informés par monsieur Barthélemy Akwandambou, notre interlocuteur au ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, que nous avons été retenus pour représenter le Burkina aux phases finales des VIè Jeux de la Francophonie.
A partir de ce moment j"ai travaillé sur une configuration de huit personnes au total.
Ma dernière tournée cet été en France et aux Etats Unis a été l"occasion d"éprouver cette formule avant le voyage au Liban.
Entre temps, aussi bien avec le ministère en charge de la Culture que le Comité d"Organisation des Jeux, nous avons échangé sur un certain nombre de questions pratiques : liste des membres de mon groupe effectuant le voyage, ma fiche technique, la date de ma prestation à Beyrouth, etc.
Tout était donc fin prêt pour notre participation.
J"étais d"autant motivé que je connaissais la composition du jury musique de ces sixièmes jeux. Je peux citer, entre autres, Jean Marc Desponds (membre fondateur du Conseil Francophone de la Chanson), Manda Tchebwa (Directeur artistique du MASA), José Da Silva (Directeur et fondateur de la maison de disque Lusafrica). En somme, des personnes à qui l"on envoie son disque dans l"espoir qu"elles l"écoutent et s"intéressent à votre travail.
Malheureusement, j"étais loin d"imaginer ce qui m"attendait :
1. Initialement prévu pour le 24 septembre avec Ethiopian Airlines, nous sommes informés que le départ est remis à une date ultérieure, les autorités cherchant, plutôt à affréter, nous a-t-on dit, un vol spécial pour la délégation burkinabè.
2. Dans la nuit du jeudi 24 septembre, aux environs de 20h, je suis informé que le voyage se fera finalement très tôt le lendemain. Je joins rapidement mon équipe pour leur communiquer cette information et j"annule par la même occasion tous mes rendez-vous pris pour le vendredi. Mais voici que toujours le même jeudi, vers 23h, notre interlocuteur nous informe que le voyage sera une fois de plus reporté. J"attire alors l"attention du Ministère sur le fait que ma prestation à Beyrouth est prévue pour le lundi 27 septembre et que bien évidemment je dois y être avant cette date pour des raisons techniques (balance notamment). Au pire des cas, m"a t"on dit, monsieur Konaté, le Secrétaire Permanent national de la Francophonie dont le départ au Liban était prévu pour lundi matin fera décaler la date de ma prestation.
3. Samedi 26 septembre, vers 13h, monsieur Akwandambou informe mon administrateur, Erick Zongo, que le départ du groupe se fera lundi matin. Il a ajouté qu"il se trouvait d"ailleurs à l"agence de voyage pour acheter les billets, mais que lui ne disposant pas suffisamment d"argent, nous devons réduire notre équipe et lui communiquer les noms des partants avant 14h, heure de fermeture de l"agence de voyage.
Devant une telle situation, j"ai dit à monsieur Akwandambou mon incapacité à réduire une fois de plus mon équipe, surtout pas à deux jours du départ. Autant ne pas faire le voyage que d"aller présenter un travail au rabais qui n"honorerait point mon pays.
C"est donc avec beaucoup de stupeur que j"ai appris sur les ondes de la TNB que j"ai «jeté l"éponge à la dernière minute.»
J"admets que le Burkina est un pays qui est loin d"avoir de gros moyens, mais je ne comprends pas que pour une manifestation comme les Jeux de la Francophonie, ce soit au dernier moment, dans une agence de voyage, que l"on réalise ne pas avoir suffisamment d"argent pour acheter les billets de tous les participants. Surtout lorsque depuis plus de six mois la liste desdits participants est connue.
Pour ce qui me concerne, je dirais plutôt que ma non présence à Beyrouth est essentiellement le fait d"une mauvaise organisation, voire d"un amateurisme qu"on ne peut m"imputer aujourd"hui. Je ne voudrais jeter la pierre à qui que ce soit mais il faut que les responsables de cette situation soient un peu honnêtes pour reconnaître qu"ils ont simplement failli.
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C"est avec beaucoup d"étonnement que les burkinabè ont découvert que le Burkina Faso avait présenté un dossier incomplet aux jeux de la Francophonie, qui se sont tenus à Beyrouth, au Liban, du 27 septembre au 6 octobre 2009. L"équipe de football n"avait pas pu participer au tournoi organisé pour l"occasion, et des artistes, tels que Alif Naaba et son groupe, sont restés en rade à Ouagadougou. C"est avec surprise que ce dernier dit avoir entendu le 10 octobre dernier, en suivant le journal télévisé, que «Alif Naaba a jeté l"éponge à la dernière minute». Il n"en fallait pas plus pour que le principal concerné sorte hors de ses gongs. Dans une lettre ouverte adressée à Filippe Savadogo, ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, et que nous vous proposons en intégralité, il donne sa version des faits, et assure que sa non participation à ces jeux relève «d"une mauvaise organisation, voire d"un amateurisme» qu"on ne peut lui imputer.
«Monsieur le Ministre,
Le samedi 10 octobre dernier, au cours des journaux télévisés de la TNB, j"ai appris, en même temps que bon nombre de nos concitoyens, à propos de la participation du Burkina aux VIè Jeux de la Francophonie que : « Alif Naaba a jeté l"éponge à la dernière minute ».
Aussi, en tant que premier concerné, il me plaît ici de vous apporter à vous même ainsi qu"à tous les Burkinabè, un éclairage sur la question.
Au mois de janvier j"ai appris la venue imminente à Ouagadougou d"une équipe de la Francophonie chargée des présélections en chanson et en conte pour le compte des VIè Jeux qui se sont déroulés du 27 septembre au 6 octobre de cette année au Liban. J"ai alors approché le ministère en charge de la Culture, afin de connaître les conditions de participation. Entre autres points, en ce qui concerne ma catégorie, il fallait être âgé de moins de 35 ans et avoir un effectif de huit (8) personnes au maximum, accompagnateur compris.
Je me suis donc décidé à participer, conscient qu"il me fallait travailler à ramener mon effectif de dix (10) à huit (8).
Deux mois près les présélections qui se sont déroulées au CENASA, nous avons été informés par monsieur Barthélemy Akwandambou, notre interlocuteur au ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, que nous avons été retenus pour représenter le Burkina aux phases finales des VIè Jeux de la Francophonie.
A partir de ce moment j"ai travaillé sur une configuration de huit personnes au total.
Ma dernière tournée cet été en France et aux Etats Unis a été l"occasion d"éprouver cette formule avant le voyage au Liban.
Entre temps, aussi bien avec le ministère en charge de la Culture que le Comité d"Organisation des Jeux, nous avons échangé sur un certain nombre de questions pratiques : liste des membres de mon groupe effectuant le voyage, ma fiche technique, la date de ma prestation à Beyrouth, etc.
Tout était donc fin prêt pour notre participation.
J"étais d"autant motivé que je connaissais la composition du jury musique de ces sixièmes jeux. Je peux citer, entre autres, Jean Marc Desponds (membre fondateur du Conseil Francophone de la Chanson), Manda Tchebwa (Directeur artistique du MASA), José Da Silva (Directeur et fondateur de la maison de disque Lusafrica). En somme, des personnes à qui l"on envoie son disque dans l"espoir qu"elles l"écoutent et s"intéressent à votre travail.
Malheureusement, j"étais loin d"imaginer ce qui m"attendait :
1. Initialement prévu pour le 24 septembre avec Ethiopian Airlines, nous sommes informés que le départ est remis à une date ultérieure, les autorités cherchant, plutôt à affréter, nous a-t-on dit, un vol spécial pour la délégation burkinabè.
2. Dans la nuit du jeudi 24 septembre, aux environs de 20h, je suis informé que le voyage se fera finalement très tôt le lendemain. Je joins rapidement mon équipe pour leur communiquer cette information et j"annule par la même occasion tous mes rendez-vous pris pour le vendredi. Mais voici que toujours le même jeudi, vers 23h, notre interlocuteur nous informe que le voyage sera une fois de plus reporté. J"attire alors l"attention du Ministère sur le fait que ma prestation à Beyrouth est prévue pour le lundi 27 septembre et que bien évidemment je dois y être avant cette date pour des raisons techniques (balance notamment). Au pire des cas, m"a t"on dit, monsieur Konaté, le Secrétaire Permanent national de la Francophonie dont le départ au Liban était prévu pour lundi matin fera décaler la date de ma prestation.
3. Samedi 26 septembre, vers 13h, monsieur Akwandambou informe mon administrateur, Erick Zongo, que le départ du groupe se fera lundi matin. Il a ajouté qu"il se trouvait d"ailleurs à l"agence de voyage pour acheter les billets, mais que lui ne disposant pas suffisamment d"argent, nous devons réduire notre équipe et lui communiquer les noms des partants avant 14h, heure de fermeture de l"agence de voyage.
Devant une telle situation, j"ai dit à monsieur Akwandambou mon incapacité à réduire une fois de plus mon équipe, surtout pas à deux jours du départ. Autant ne pas faire le voyage que d"aller présenter un travail au rabais qui n"honorerait point mon pays.
C"est donc avec beaucoup de stupeur que j"ai appris sur les ondes de la TNB que j"ai «jeté l"éponge à la dernière minute.»
J"admets que le Burkina est un pays qui est loin d"avoir de gros moyens, mais je ne comprends pas que pour une manifestation comme les Jeux de la Francophonie, ce soit au dernier moment, dans une agence de voyage, que l"on réalise ne pas avoir suffisamment d"argent pour acheter les billets de tous les participants. Surtout lorsque depuis plus de six mois la liste desdits participants est connue.
Pour ce qui me concerne, je dirais plutôt que ma non présence à Beyrouth est essentiellement le fait d"une mauvaise organisation, voire d"un amateurisme qu"on ne peut m"imputer aujourd"hui. Je ne voudrais jeter la pierre à qui que ce soit mais il faut que les responsables de cette situation soient un peu honnêtes pour reconnaître qu"ils ont simplement failli.
Alif Naaba»
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loula a écrit :