Le Droit - par Jacques Pronovost - Émis par CyberPresse.ca

à la suite du décès de Jean-Robert Gauthier, tant de choses ont été dites et écrites au sujet de cet homme admirable qui a porté haut et fort la cause des francophones en Ontario, faisant rejaillir ses efforts et ses victoires sur tous les francophones du pays. Tous ces témoignages, venant autant de gens de la classe politique, des milieux économiques, scolaires et sociaux que de jeunes francophones l'ayant peu connu, mais lui étant immensément reconnaissants, donnent la mesure de la grandeur de cet homme.


En ce jour de deuil national se déroulant dans l'humilité et l'intimité de sa famille et amis, LeDroit unit sa voix à la communauté francophone de l'Ontario et de celle de tout le Canada pour offrir ses sincères sympathies à son épouse, ses enfants et ses parents proches ainsi qu'à tous les francophones qui ont perdu un promoteur du bilinguisme au Canada, un défenseur des droits des francophones en Ontario, un ami.

Point final

Jury, Pierre

Pendant des décennies, Cornwall a vécu sous la réputation d'abriter un réseau de pédophiles plus ou moins organisés, qui allaient peut-être même, a-t-on soupçonné, jusqu'à s'échanger les victimes entre eux comme d'autres colportent des tuyaux sur les prochaines courses de chevaux.

La question collait à la peau de la communauté et il fallait bien, à un moment donné, en avoir le coeur net. En 2005, le gouvernement McGuinty a créé une commission d'enquête afin de mettre un point final sur toute l'affaire. Le rapport du juge Normand Glaude, malheureusement, ne tire pas un trait net sur le passé. Dans un rapport de 2700 pages dévoilé mardi, il est étonnant qu'il refuse de se prononcer sur l'existence de ce mythique réseau de pédophiles. Le plus loin qu'il ose aller, c'est de dire qu' "aucune enquête n'a fourni des preuves concluantes à cet égard".

Sera-ce suffisant pour dissiper l'image négative de nid à pédophiles que certains ont affublé à la région de Cornwall? Il faut le souhaiter.

L'enquête, qui a duré quatre années, a entendu 167 témoignages, dont des dizaines de victimes. Dans son rapport, le juge Glaude a surtout distribué généreusement les motions de blàme à une flopée d'organismes présents à Cornwall. Cela va du diocèse d'Alexandria-Cornwall, aux conseils scolaires anglophones et ministères. Le juge a constaté "des défaillances systématiques" de la part des institutions qui ne savaient pas comment réagir devant les allégations. Parfois par ignorance, parfois par peur de nuire à leurs organisations.

Le plus préoccupant, c'est l'inclusion dans la liste des organisations défaillantes des deux services de police présents à Cornwall, la police municipale et la Police provinciale de l'Ontario. Quand un citoyen, d'àge mineur, ne peut se tourner vers la police pour obtenir un minimum de protection, peut-on le blàmer de nourrir une rancoeur difficile à éteindre?

Bien intentionnés, mais maladroits, l'ex-juge et député de l'endroit, Gary Guzzo, comme l'agent Percy Dunlop, n'ont rien aidé au dossier, sinon qu'à jeter de l'huile sur la suspicion de la population à l'endroit de la police, entre autres, convaincus qu'ils étaient que des hauts gradés étaient de mèche avec des pédophiles pour étouffer toute l'affaire.

Il faut enfin s'interroger sur l'ampleur des coûts de cette commission, qui aura pompé 53 millions$ au Trésor ontarien, plus que celle de Gomery sur le scandale des commandites, par exemple. On aura beau dire que certains gestes étaient survenus il y a plus de 40 ans, le contribuable aura, lui, non pas le doute sur les moeurs sexuelles de certaines personnes de Cornwall, mais le doute que cette nouvelle mouture du "Projet Vérité" lui aura coûté très, très cher.

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