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Le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC) conseille le gouvernement du Québec sur toutes questions intergouvernementales canadiennes, coordonne les activités gouvernementales québécoises au Canada, assure la défense et la promotion des intérêts du Québec et collabore au renforcement des liens avec les communautés francophones et acadiennes du Canada.

Le Programme d'appui à la francophonie canadienne vise à renforcer les liens qui existent entre le Québec et les communautés francophones et acadiennes du Canada. Il soutient en priorité des projets structurants qui donneront à ces communautés des moyens tangibles et durables de consolider le statut du français au Canada. Le programme, administré par le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), en collaboration avec les Bureaux du Québec au Canada, encourage une action concertée de Québécois et de francophones de l'extérieur du Québec dans le but d'accentuer la promotion et l'affirmation du fait français de même que d'accroître la visibilité et le rayonnement de la francophonie canadienne dans tout le pays. Les projets soumis sont évalués par le SAIC et doivent s'inscrire dans le cadre des orientations et des priorités établies par les comités de concertation. Il est géré par la Direction de la Francophonie et des Bureaux du Québec au Canada (DFBQC).

Ses domaines d'intervention sont multiples. Les projets de tous les secteurs d'activité de la société sont recevables, mais les secteurs clés que sont la culture et les communications, l'éducation, le développement économique et la santé continuent de faire l'objet d'interventions prioritaires. Des projets favorisant le rayonnement du fait français dans des domaines tels que la petite enfance, la jeunesse, l'immigration, la justice, le développement durable et les technologies de l'information sont également privilégiés. Tous les projets doivent respecter les orientations et les priorités établies par les divers comités de concertation institués en vertu de la Politique.

Dernièrement La Francoderole a déposé un projet auprès du SAIC pour la promotion d'un nouveau concept utilisant les nouveaux médias. Ce concept Internet et télévisuel consiste en la réalisation de petits reportages de quelques minutes produits et réalisés avec les enfants dont les thématiques touchent la découverte de la Francophonie dans toute sa diversité et la promotion de la langue française avec ses différents accents. Ceux-ci seraient diffusés sur les grands réseaux Internet et proposés aux grandes chaînes. Les images seraient prises pendant les tournées de La Francoderole.

à défaut de pouvoir se déplacer lors de ses grandes expositions, le grand public pourrait admirer celles-ci virtuellement sur Internet et ainsi découvrir le monde francophone présenté par les enfants. Ce qui ajoute automatiquement un nouveau réseau technologique permanent au projet. « L'Espace Français » aurait évidemment un lien particulier et pourrait encore mieux informer la Francophonie des développements de ce fabuleux projet.

La Francoderole a visité 346 communautés et écoles francophones au Canada et aux États-Unis. 343 d'entre elles sont canadiennes. 146 sont au Québec, 197 sont dans les autres provinces et 3 sont aux USA. La grande majorité des communautés participantes provient donc de la francophonie canadienne et acadienne des provinces extérieures au Québec. On parle ici de 68 000 enfants impliqués.

Aussi surprenant que cela puisse paraître La Francoderole vient tout juste de terminer une tournée dans 70 écoles francophones de trois provinces canadiennes hors Québec sans soutien gouvernemental. Cela a impliqué 14 000 enfants. On peut vraiment affirmer que cette initiative est tenue à bout de bras par les communautés et l'organisme promoteur.

Il ne faut surtout pas oublier que La Francoderole est « La plus grande œuvre artistique au monde réalisée par les enfants de la francophonie » et ainsi que le « meilleur projet planétaire en matière de construction identitaire francophone chez les enfants de moins de 12 ans ».

Plus surprenant encore, le prix que La Francoderole paie sur la scène canadienne parce qu'elle vient du Québec est lourd de conséquences. Depuis les débuts de son existence, le Canada n'a jamais donné un centime pour faire participer les petits francophones hors Québec dans le projet et pourtant, on parle de 68 000 enfants impliqués dans le pays.

Lors de démarches auprès de la division des langues officielles du ministère du patrimoine du Canada, on a clairement indiqué au promoteur que pour obtenir l'appui du Canada, La Francoderole se devait d'orienter ses activités vers la dualité linguistique anglaise-française et d'abandonner son aspect unilingue français ou bien, de déménager hors Québec. Cette division encourage les projets soumis par les minorités. La Francoderole étant en sol québécois, elle ne devenait pas éligible. Le Québec étant majoritairement francophone.

Selon le promoteur du projet Monsieur Jean-Pierre Arcand : « Il n'était pas question d'abandonner le rêve de dizaines de milliers de petits francophones et de trahir les communautés qui ont soutenu le projet pour devenir éligible à quoi que ce soit. Le déménagement de La Francoderole hors Québec n'était pas non plus une solution envisageable. Imaginez-vous la polémique! Le plus grand projet au monde impliquant le plus de petits francophones de la planète obligé de fuir sa terre natale et à la fois, celle de la nation hôtesse du sommet de la Francophonie, pour subvenir à ses besoins. Sur le plan international, étant donné que le gouvernement canadien est majoritairement anglophone, cela aurait paru comme une manœuvre de déportation et d'assimilation. On est quand même plus en 1755 à l'époque de la déportation des acadiens. Il n'était pas question que l'on crée un scandale autour d'une si belle initiative d'enfants.

La Francoderole est un projet qui est nourri par le positivisme des petits francophones, il n'est pas question qu'on l'entache avec quoi que ce soit. Encore moins avec des politiques d'adultes. C'est un beau projet, il est pur, vrai et 100% francophone, il va en rester ainsi jusqu'au bout. »

La seule instance gouvernementale au Canada qui a réellement contribué à donner une chance aux enfants issus des minorités francophones canadiennes et acadiennes de participer à ce projet est québécoise. Le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec (SAIC) fait vraiment du bon boulot à ce niveau et mérite toutes les félicitations de la Francophonie internationale. On espère tous qu'elle continuera à appuyer une telle initiative qui est tout à son honneur.

Paradoxalement à tout cela, le territoire le plus difficile à conquérir pour la Francoderole au Canada est le Québec. Le Québec détient le plus bas taux de participation du réseau scolaire canadien sollicité dans le projet, et ce, même si cette initiative a fait la première page de la revue officielle du Ministère de l'Éducation du Québec : « Vie Pédagogique ». Les raisons sont simples.

La différence au Québec par rapport aux autres communautés francophones ailleurs au Canada est que le développement du sentiment d'appartenance à la Francophonie ne passe pas par les écoles mais par les institutions nationales et les municipalités qui sont responsables des programmes, des événements, de la culture et de la promotion régionale. Les communautés et les familles québécoises s'identifient beaucoup plus à leur quartiers, leurs villages, leurs villes et leurs régions qu'à leurs écoles. Ce qui n'est pas le cas des communautés francophones en situation minoritaire pour qui la petite école primaire représente un incubateur de la Francophonie responsable de leur survie. Seulement 10% des commissions scolaires québécoises se montrent sensibles à la chose. Cela va même beaucoup plus loin que les projets faisant la promotion de la langue française mais touche aussi toutes les formes d'expressions culturelles et artistiques.

Vu de l'extérieur par les minorités francophones, cette situation typiquement québécoise peut être perçue comme un suicide identitaire. Indirectement, c'est comme si Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Céline Dion n'avaient pas le droit d'entrer dans les écoles québécoises.

Alors que c'est nullement le cas, la réalité est que les québécois ne perçoivent pas leurs écoles comme étant des berceaux de leur identité. Ce rôle de développement de la construction identitaire est transmis aux organisations, associations et institutions culturelles, municipales, communautaires, politiques et législatives à qui on a délégué le mandat de chiens de garde de la langue française et de l'identité nationale. Le rôle des écoles québécoises est de corriger les fautes de français et non de s'identifier au français. Ce qui n'est pas le cas chez les minorités francophones.

Au Québec. les actions sont tellement régionalisées que l'on peut même identifier les coins de pays plus actifs dans le développement du sentiment d'appartenance à sa communauté par rapport aux autres juste en comparant les taux de participation locale dans des projets comme La Francoderole.

En dehors du Québec, ce sont les idéologies entretenues par les conseils et districts scolaires francophones qui font toutes les différences entre les secteurs actifs et moins dynamiques.

Selon les propos du promoteur de La Francoderole : « Il est nettement plus facile de jumeler une ville québécoise avec une école francophone d'une autre province que de jumeler une école québécoise avec une école d'ailleurs. Du moment que nous avons la ville ou la région du Québec, ses écoles suivent. Ce qui n'est pas aussi évident si on passe directement par le réseau scolaire.

Le plus bel exemple est la ville de Québec, lors de notre participation au Sommet de la Francophonie qui avait lieu dans cette ville, nous avons organisé un événement gigantesque et spectaculaire impliquant des délégations d'enfants provenant de 66 écoles primaires de la belle province, 27 se sont déplacées de la région de l'Estrie, 35 provenaient de Lévis sur la rive sud de Québec, l'autre côté du Fleuve Saint-Laurent, et 4 seulement provenaient de la ville même de Québec. Pourtant, la commission scolaire de la Capitale est l'une des plus grosses du Québec. La raison est simple, la ville de Québec fait tellement sa promotion comme étant LA ville en Amérique représentant la présence de la francophonie que les écoles n'ont pas besoin de rien faire pour affirmer leur identité d'origine.

Lévis est en compétition avec Québec car elle paraît comme celle qu'on oublie alors qu'elle fait autant partie l'histoire que la capitale et l'Estrie est perçue comme la région des loyalistes britanniques collée sur les douanes américaines alors qu'elle est composée de 90% de francophones. Si on avait vraiment voulu faire participer des enfants de Québec, cela aurait été plus facile de passer par la direction des loisirs de la ville que par les écoles.»

Le projet déposé au Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes arbore dans ce sens. Son nouveau concept Internet et télévisuel permettra justement aux élèves des écoles issues des communautés minoritaires de faire connaître leurs localités et aux municipalités et régions québécoises de faire connaître leurs écoles et leurs élèves. On vient de trouver une solution pour créer un renforcement des liens Québec-Canada entre les projets en construction identitaire francophone impliquant les enfants.

La question à se poser est celle-ci : Si le Québec en fait autant dans la Francoderole pour aider les petits francophones et acadiens du Canada à participer au projet, ne serait-ce pas le temps que le Canada en fasse autant pour les petits québécois?

Selon l'organisme promoteur de la Francoderole : « Il est clair qu'un jour ou l'autre le Canada devra aussi tendre la main, et même sans lui, la participation du SAIC aide indirectement à augmenter le taux participation des petits québécois car les communautés du Québec sont de plus en plus sensibles devant l'exemple donné par les communautés francophones extérieures. Par exemple : L'émission de télévision « La Petite Séduction » qui fait découvrir des petits villages à des célébrités sort maintenant du Québec et se promène dans toute la Francophonie canadienne et acadienne. C'est exactement ce que l'on souhaite et nous sommes certains qu'avec notre nouveau concept Internet et télévisuel, même le réseau scolaire québécois, qui juste qu'à maintenant, s'est montré le plus fermé, va s'ouvrir. Les retombés se feront ressentir partout. »

Pour l'instant, les yeux de toute la Francophonie internationale sont rivés sur les tenants et aboutissants du projet déposé par la Francoderole au Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec en espérant que celui-ci servira d'exemple pour tous. Nous lui souhaitons bonne chance et lui offrons tout notre appui inconditionnel.

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