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Un exemple d'engagement communautaire pour La Francoderole


Dans les années 70, la compagnie minière Québec-Cartier annonce la projet de mise en valeur du gisement minier du Mont Wright. Projet ambitieux car il fallait, en plus d'implanter l'infrastructure pour procéder à l'extraction du minéral de fer, pourvoir aux besoins d'hébergement des 1 600 futurs employés ainsi que leur famille. C'est dans ce contexte que la ville de Fermont fut construite.

Fermont

La ville fut conçue avec une intention bien précise : atténuer les effets d'un climat extrêmement rigoureux, trait caractéristique des régions subarctiques. La construction la plus spectaculaire de ce concept est sûrement celle du mur-écran multifonctionnel. Cette structure de 1.3 km de longueur et de 5 étages de hauteur est à atmosphère contrôlée étendant ses bras protecteurs pour protéger la ville des vents dominants du nord. On est en mesure de percevoir un peu partout dans le paysage urbain ce concept d'aménagement nordique exceptionnel.

Lors de notre passage dans ce paradis situé sur la Côte-Nord du Québec, au nord du 52ième parallèle, nous découvrons dans les environs la splendeur de la taïga et la majestueuse toundra dans les montagnes environnantes. Au cours de la visite, nous avons la chance d'apprécier la féerie des aurores boréales, un milieu extraordinaire, des paysages à couper le souffle, un exploitation minière démesurée et surtout, de connaître des gens chaleureux. La chaleur de cette population majoritairement francophone isolée à l'autre bout de la planète est telle qu'on pourrait dire qu'entre leurs murs nous sommes dans les tropiques.

Les 27, 28 et 29 mai 2010, La Francoderole était de passage à Fermont. La participation des citoyens et des enfants au projet a fait preuve que l'engagement de la communauté pour créer un milieu de vie sain au développement des individus et de la collectivité fait partie d'une tradition et d'un héritage qu'on se passe de génération en génération. La ville est jeune, à peine une quarantaine d'années, et détient déjà un bagage riche en histoires et anecdotes. On dirait que tout y est à la fois concentré, intense et démesuré.

Les Fermontois sont des gens qui n'ont pas froid aux yeux. Lorsqu'ils s'impliquent dans quelque chose, c'est à fond. C'est tout ou rien. Il en est de même pour leurs enfants. Sur le plan familial, c'est l'éclosion des jeunes familles. Fermont détient peut-être la plus grosse concentration de poussettes au mètre carré. Nous pouvons affirmer que leur mur-écran multifonctionnel a été conçu pour le « cocooning » de masse. Les Fermontois sont de grands travailleurs, les journées de 12 heures font partie du quotidien de la grande majorité, mais lorsqu'ils arrivent la maison, ils aiment bien se retrouver dans leurs petites choses et relaxer, et c'est ce que leurs enfants dégagent. Ils sont relaxes. On est loin du stress des grands centres.

Si on avait à trouver un mot pour identifier le combustible qui alimente le feu sacré de cette population, celui-ci serait « Passion ». Les Fermontois ont tous leurs petites passions. Leur « standing de vie », l'un des plus élevé au Canada, leur permet justement d'utiliser leurs temps libres pour réaliser leur rêve, du plus simple au plus fou.

Il y a la réalisation des rêves collectifs et individuels. Croire en ses rêves est typiquement fermontois. C'est la raison pour laquelle la visite de La Francoderole à Fermont fut si exceptionnelle. à un tel point, que l'organisme de La Francoderole s'en servira d'exemple et donnera le nom de Fermont à son prochain concept d'animation. On tentera de réaliser ailleurs ce que les fermontois ont réussi à faire.

Le concept fermontois de La Francoderole nécessite une collaboration de divers paliers, des municipalités, des écoles, du milieu politique, des affaires et évidemment, de la population. Bref! Tout le monde y met un peu du sien pour offrir aux enfants une expérience extraordinaire. Lors de son passage à Fermont, La Francoderole présenta un échantillon de 25% de l'œuvre dans un aréna ( patinoire de hockey sur glace intérieure). Les deux premiers jours, le jeudi et vendredi, 225 élèves des écoles ont peint des fresques gràce à une rotation de groupes, lors de la 3ième journée, le samedi, 50% de ceux-ci sont revenus travailler sur l'œuvre sous l'œil attentif de leurs parents. Une vingtaine d'entre deux ont passé une grande partie de la journée du samedi à peindre leur vision du monde et de leur avenir à Fermont sur La Francoderole.

Pour l'occasion, en plus de porter les célèbres bérets aux effigies des drapeaux de la Francophonie de La Francoderole, les enfants arboraient fièrement de beaux sarraus blancs tous neufs ornés des armoiries de Fermont.

Le dessin le plus spectaculaire représente les immenses camions de 240 tonnes et les pelles mécaniques géantes utilisés par les employés de la mine du Mont Wright transportant non pas du minerai mais des immenses cœurs. Les véhicules sont peints aux couleurs du drapeau du Québec. Les enfants ont réussi à rendre leur œuvre symbolique en lançant le message suivant : le gisement le plus important qui existe à Fermont, n'est pas le fer, mais l'amour.

Le proverbe qui dit que la foi soulève les montagnes s'apprête très bien à Fermont. Ce que les Fermontois ont réussi à faire avec La Francoderole devrait être un exemple pour toutes les communautés francophones du monde. Ils ont cette même passion que les populations francophones en situation minoritaire qui investissent dans le développement du sentiment d'appartenance à leur communauté. La différence des fermontois est qu'ils ne sont pas en situation minoritaire car ils vivent au Québec.

On pourrait croire que leur isolement dans le grand nord y est pour quelque chose, mais non, les Fermontois sont des gens ouverts sur le monde et à l'affût des nouvelles technologies de communications. Il ne sont pas isolés dans leur cœur.

La raison est simple : Les Fermontois ont vraiment l'étoffe des premiers pionniers qui ont construit l'Amérique, ils ont construit une ville champignon comme les cow-boys du 19ième siècle des États-Unis. Les Fermontois n'attendent pas que quelqu'un organise la parade pour eux, ils se retroussent les manches et l'organisent eux-mêmes. Ils ne sont pas du genre que la nouveauté dérangent, au contraire, ils sont curieux et se nourrissent d'innovations.

Certes, déplacer une exposition aussi grande que La Francoderole dans un endroit si isolé et lointain du grand nord canadien peut paraître comme un exploit mais selon Jean-Pierre Arcand, directeur du projet, il en est autre chose :

« Toutes les grandes expositions de La Francoderole sont à la mesure de l'ouverture d'esprit des communautés. Notre projet est innovateur et nécessite la participation de partenaires dont l'inventivité, la créativité, la détermination et la prise d'initiative font partie de leur engagement communautaire. Lorsque j'ai proposé le projet aux Fermontois, j'étais certain que cela fonctionnerait, car ils sont avant-gardes et que lorsqu'on leur donne la chance de démontrer à la face du monde ce qu'ils sont capables de faire, ils n'hésitent pas à s'impliquer. C'est une population de gagnants. »

Fermont est LE bastion francophone du grand nord d'Amérique. Avec le réchauffement de la planète, la fonte des glaces, l'ouverture de la nouvelle voie maritime du nord, l'exploitation des richesses minières du Nunavut et du pôle nord qui sont à l'agenda de l'histoire, qui dit qu'un jour le mur écran de Fermont ne deviendra pas un rempart pour la Francophonie.

Une chose certaine, ils ont de sacrés bons soldats, le cœur gonflé de fierté, pour le défendre ce mur. Fermont ne tombera pas si tôt, au contraire, cette ville est là pour rester. Les gens d'en bas ( du sud du Québec) auraient beaucoup à apprendre.

La Francoderole a profité de l'occasion pour filmer et photographier plusieurs images sur les lieux. Éventuellement, on verra peut être un jour un montage qui sera diffusé sur le Web (voir article précédent sur le Concept Webtélé et SAIC).

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