L'Express.fr - Par Laurence Liban

Une mise en scène trop atone pour faire naître le frisson de la tragédie
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Ce spectacle aérien où la brise anime voiles et gracieux vêtements se donne dans la rigueur classique d'une colonnade de pierre claire, soutenue par une musique aux harmoniques amples et discrètement colorés. Sous les dehors de cette beauté tranquille qu'habite la langue de Racine, proférée à la perfection par les comédiens-français, tout n'est que désordre, trahison et douleurs.


Muriel Mayette s'accorde avec cette tranquillité de façade dans une mise en scène élégante mais trop étale, trop atone pour faire naître le frisson de la tragédie. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit dans cette confusion des sentiments où le devoir se perd, où l'assassinat, le suicide et le désespoir triomphent de l'amour jamais aimé. Si Clément Hervieu-Léger est un peu falot dans le rôle d'Oreste, prince amoureux d'Hermione, manipulé et torturé par elle, la distribution ne manque pas de qualités, à commencer par Léonie Simaga, la plus vivante d'une troupe dont on a rogné les ailes et retenu le souffle.

Andromaque, de Racine. Comédie-Française, Paris (Ier).

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