27/05: «Ubu roi» entre au répertoire de la Comédie-Française
Rubrique : Théâtre et spectacles
Publié par : webmestre
Le Figaro.fr - par Nathalie Simon.
Jean-Pierre Vincent met en scène la sulfureuse pièce d'Alfred Jarry, créée pour la première fois en 1896.
Le 10 décembre 1896, la première représentation d'Ubu roi au ÂÂThéâtre de l'Å’vre fait scandale, notamment à cause du fameux « Merdre » répété tout au long du spectacle. Jules Renard écrit : « Si Jarry n'écrit pas demain qu'il s'est moqué de nous, il ne s'en relèvera pas ! » En guise de réponse, l'intéressé commet l'article : De l'inutilité du théâtre au théâtre Choquer, telle n'est pas l'intention de la Comédie-Française, heureuse de faire enfin entrer au répertoire Ubu roi et son auteur disparu à l'âge de 34 ans.
« C'était la pièce la plus jouée dans les pays de l'Est, c'est sidérant qu'elle soit seulement maintenant au Français », avait souligné Muriel Mayette, administrateur général de la maison de Molière, en présentant sa saison 2009-2010 la semaine dernière. Elle s'inscrit en outre parfaitement dans la « thématique des monstres » que la responsable avait annoncée parallèlement.
Un ensemble cohérent
« Nous souhaitons être en phase avec la société et le monde d'aujourd'hui, explique Pierre Notte, secrétaire général de la Comédie-Française. Ubu parle de la question du pouvoir détenu par un individu. Quand un monstre saisit le pouvoir, qu'en fait-il ? Le premier théâtre de France n'est pas dans la provocation. À travers la figure du pouvoir, on porte forcément un regard sur ceux qui le détiennent, mais il n'y a pas de la part du Français une charge contre le président de la République. » Muriel Mayette a par ailleurs favorisé le retour de Jean-Pierre ÂÂVincent, metteur en scène et administrateur du Français (de 1983 à 1986). « Plusieurs metteurs en scène comme Peter Brook ont souvent contourné les difficultés de la pièce en la montant en version courte ou avec d'autres textes de Jarry et la fin a toujours posé un problème », rappelle Pierre Notte.
Et ce littéraire de préciser : « Le but était de la présenter telle qu'elle a été imaginée par Jarry et ses amis, les frères Morin (ils ont une quinzaine d'années quand ils s'inspirent de leur professeur de physique pour créer leur tyran, NDLR). Jean-Pierre Vincent et Bernard Chartreux, son dramaturge, ont choisi de la proposer pour la première fois dans son intégralité. Ils en ont fait un ensemble cohérent, épique, riche et coloré. »
Le père de la « pataphysique » est représenté sur le plateau de la salle Richelieu par le comédien Christian Gonon. « Cette présence doit imprégner le jeu des acteurs. Le poison - l'absinthe qui habitait Jarry, cette mort permanente qu'il trimballait, dans sa misère, son abstinence sexuelle, ses ambiguïtés - doit être présent à chaque ÂÂinstant. Ubu roi peut devenir ainsi une blague mortelle », estime Jean-Pierre Vincent en note d'intention. « Le projet de ce dernier est d'offrir une pièce potache qui fait rire de nos travers, mais laisse aussi quelque chose de très dérangeant, on rit d'un dictateur, de notre relation par rapport à ce pouvoir », commente Pierre ÂÂNotte. Muriel Mayette reprendra elle-même le spectacle le 2 juin 2010.
Comédie-Française, salle Richelieu, en alternance jusqu'au 21 juillet. Réservation : 08 25 10 16 80 et www.comedie-francaise.org
http://www.lefigaro.fr/theatre/2009/05/27/03003-20090527ARTFIG00380-ubu-roi-entre-au-repertoire-de-la-comedie-francaise-.php © 2009 Le Figaro. Tous droits réservés.
Jean-Pierre Vincent met en scène la sulfureuse pièce d'Alfred Jarry, créée pour la première fois en 1896.
Le 10 décembre 1896, la première représentation d'Ubu roi au ÂÂThéâtre de l'Å’vre fait scandale, notamment à cause du fameux « Merdre » répété tout au long du spectacle. Jules Renard écrit : « Si Jarry n'écrit pas demain qu'il s'est moqué de nous, il ne s'en relèvera pas ! » En guise de réponse, l'intéressé commet l'article : De l'inutilité du théâtre au théâtre Choquer, telle n'est pas l'intention de la Comédie-Française, heureuse de faire enfin entrer au répertoire Ubu roi et son auteur disparu à l'âge de 34 ans.
« C'était la pièce la plus jouée dans les pays de l'Est, c'est sidérant qu'elle soit seulement maintenant au Français », avait souligné Muriel Mayette, administrateur général de la maison de Molière, en présentant sa saison 2009-2010 la semaine dernière. Elle s'inscrit en outre parfaitement dans la « thématique des monstres » que la responsable avait annoncée parallèlement.
Un ensemble cohérent
« Nous souhaitons être en phase avec la société et le monde d'aujourd'hui, explique Pierre Notte, secrétaire général de la Comédie-Française. Ubu parle de la question du pouvoir détenu par un individu. Quand un monstre saisit le pouvoir, qu'en fait-il ? Le premier théâtre de France n'est pas dans la provocation. À travers la figure du pouvoir, on porte forcément un regard sur ceux qui le détiennent, mais il n'y a pas de la part du Français une charge contre le président de la République. » Muriel Mayette a par ailleurs favorisé le retour de Jean-Pierre ÂÂVincent, metteur en scène et administrateur du Français (de 1983 à 1986). « Plusieurs metteurs en scène comme Peter Brook ont souvent contourné les difficultés de la pièce en la montant en version courte ou avec d'autres textes de Jarry et la fin a toujours posé un problème », rappelle Pierre Notte.
Et ce littéraire de préciser : « Le but était de la présenter telle qu'elle a été imaginée par Jarry et ses amis, les frères Morin (ils ont une quinzaine d'années quand ils s'inspirent de leur professeur de physique pour créer leur tyran, NDLR). Jean-Pierre Vincent et Bernard Chartreux, son dramaturge, ont choisi de la proposer pour la première fois dans son intégralité. Ils en ont fait un ensemble cohérent, épique, riche et coloré. »
Le père de la « pataphysique » est représenté sur le plateau de la salle Richelieu par le comédien Christian Gonon. « Cette présence doit imprégner le jeu des acteurs. Le poison - l'absinthe qui habitait Jarry, cette mort permanente qu'il trimballait, dans sa misère, son abstinence sexuelle, ses ambiguïtés - doit être présent à chaque ÂÂinstant. Ubu roi peut devenir ainsi une blague mortelle », estime Jean-Pierre Vincent en note d'intention. « Le projet de ce dernier est d'offrir une pièce potache qui fait rire de nos travers, mais laisse aussi quelque chose de très dérangeant, on rit d'un dictateur, de notre relation par rapport à ce pouvoir », commente Pierre ÂÂNotte. Muriel Mayette reprendra elle-même le spectacle le 2 juin 2010.
Comédie-Française, salle Richelieu, en alternance jusqu'au 21 juillet. Réservation : 08 25 10 16 80 et www.comedie-francaise.org
http://www.lefigaro.fr/theatre/2009/05/27/03003-20090527ARTFIG00380-ubu-roi-entre-au-repertoire-de-la-comedie-francaise-.php © 2009 Le Figaro. Tous droits réservés.



