La Nouvelle / L'Union - par Hélène Ruel.

Plus choyés que les 68 chefs d"état n"ayant pu en voir qu"une partie lors du Sommet de la francophonie, les enfants, les parents et les grands-parents d"ici auront l"occasion d"admirer l"intégrale de la Francoderole, cette immense fresque peinte par des milliers de jeunes artistes en herbe de tous les coins de la francophonie.


Cette peinture de 12 mètres de hauteur et de 165 mètres de longueur se déroulera, c"est le cas de le dire, dans l"enceinte du Colisée Desjardins de Victoriaville, les 18 et 19 août.

Des jeunes au travail et, aux cimaises, quelques pans de la Francoderole (Photo : Jean-Pierre Arcand)

Le directeur général et concepteur de cette «courtepointe» picturale, Jean-Pierre Arcand offrira des visites guidées, racontant la genèse de cette aventure amorcée en avril 2002, attirant l"attention du public sur tel ou tel aspect de la peinture.

De ville en ville, de communauté en communauté, de province en province (six), et même dans trois états américains, des enfants de 10 à 12 ans, parlant ou étudiant en français ont été invités à peindre, à l"acrylique, leur vision du monde, à représenter leur coin de pays, à fixer des pans de l"histoire. On y reconnaîtra des joueurs du Canadien, des personnages politiques; on y verra des scènes ou des paysages dont rêvent les enfants. Même Victoriaville a sa «vitrine», une vingtaine de jeunes fréquentant des camps de jour à l"été 2007 avaient illustré la verte Victoriaville. Leur œuvre occupe un pan d"environ 120 pieds carrés de ce qu"on ne peut décidément plus appeler une banderole.

Jean-Pierre Arcand parle de la Francoderole comme de la plus grande œuvre artistique réalisée par les enfants de la francophonie.

Elle s"est enrichie et agrandie au fil des ans. Et elle n"est pas finie, promet-il.

Parfois, lorsqu"elle s"étale sur les cimaises d"une ville, d"une école ou d"une communauté, en tout ou en partie, elle inspire d"autres œuvres, des fresques qui restent là où elles ont été peintes. Outre les jeunes artistes ayant participé à la confection de la Francoderole, 60 000 enfants ont ainsi pu travailler à une fresque «restante».

La Francoderole s"est promenée dans 300 villes et communautés de six provinces canadiennes et de trois états américains.

Ce sera la première fois que dans son actuel format, la fresque se déroule de tout son long et de son large à Victoriaville. L"envergure du Colisée Desjardins permettant de la restaurer et de la déployer complètement que le fait que de jeunes Victoriavillois y aient travaillé ont incité le concepteur à la présenter à Victoriaville.

Parce qu"il rêve de la présenter à la Place de la francophonie des Jeux de Vancouver, M. Arcand s"attend à ce que des membres de l"organisation olympique s"amènent à Victoriaville, pour en prendre la juste «mesure».

M. Arcand croit également que la Francoderole pourrait entrer dans le livre des records, non seulement pour les dimensions de l"œuvre, mais pour le nombre de petites mains qui y ont travaillé et aussi pour le caractère prestigieux de ses expositions.

Il rappelle qu"une partie de l"œuvre collective avait été présentée dans la salle des cérémonies d"ouverture du Sommet des francophonies auxquelles ont participé 2 000 délégués et 68 chefs d"état. «Quel artiste au monde pourrait rêver d"autant de chefs d"état à son vernissage?»

L"artiste professionnel rêve aussi de ce que pourrait faire naître la Francoderole, comme un Festival international de dessins d"enfants. Et il envisage aussi qu"au lieu de «tourner» de ville en ville, la Francoderole puisse désormais viser les expositions à grand déploiement, ne s"attarder qu"à quelques villes «portuaires», devenant, en ces lieux, un attrait touristique. Il ne cache pas non plus son désir que l"œuvre soit reconnue par l"UNESCO.

Le maire Roger Richard a dit que la Ville avait accueilli avec plaisir ce projet d"exposition au Colisée. Le moment était opportun, a-t-il dit, juste après l"Expo et juste avant l"ouverture de la saison des Tigres. Que Victoriaville ait déjà son pan de fresque, que M. Arcand réside dans la région (non loin de Danville), que sa présentation puisse faire l"objet d"une activité familiale, tout cela a pesé en faveur de l"accueil de la Francoderole.

Il faudra une journée entière pour procéder à l"accrochage de l"immense œuvre. Le public pourra accéder gratuitement au Colisée les 18 et 19 août et profiter, à 13 h 15, 14 h, 15 h, 19 h et 20 heures d"une visite commentée par Jean-Pierre Arcand.

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Quelques photos envoyées par Jean-Pierre Arcand ; le directeur général et le concepteur de la Francoderole. Un grand merci à lui !