| Figure de rhétorique |
Définition |
| Adynaton |
Un adynaton consiste en ce que, dans l'argumentation, on utilise à la fois hyperbole et apodioxe, pour établir une position par l'exagération de l'absurde de la position contrainte.
L'adynaton peut servir aussi bien à renforcer, sans visée spécialement argumentative, la solidité d'une affirmation ou d'un engagement, en en présentant l'hypothétique réfutation comme aussi absurde qu'un renversement de l'ordre de la nature.
La figure peut revêtir d'autres formes, qui en attestent le caractère topique. Il s'agit parfois d'évoquer une réalité incontestable, dans l'ordre du monde, d'en envisager la négation (par une hypothèse manifestement inacceptable et unanimement rejetée) en parallèle avec l'affirmation d'une thèse à l'inverse de laquelle on tient absolument: sa propre profession de foi devient alors spontanément recevable. En général, le tour sert à renforcer l'intensité d'une assertion. |
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| Allégorie |
Une allégorie est une figure macrostructurale de type complexe. On dit traditionnellement qu'elle consiste en une suite de métaphores (donc de figures microstructurales) continuées, dont le comparant (ou le noyau central des termes comparants) désigne des êtres animés. Cette approche n'est pas tenable telle quelle, car elle évacue le fait que tout discours allégorique peut être lu non allégoriquement, tout en restant tout à fait acceptable et cohérent, ce qui est impossible en cas de réduction de la figure à une stricte détermination microstructurale. L'allégorie, quand elle existe, est donc le modèle parfait de la figure composée: elle est bien obligatoirement faite avec des figures microstructurales (en général des métaphores), mais la valeur de signification qui la définit essentiellement est de nature entièrement macrostructurale.
On dira ainsi que l'allégorie consiste à tenir un discours sur des sujets abstraits (intellectuels, moraux, psychologiques, sentimentaux, théoriques), en représentant ce thème mental par des termes qui désignent des réalités physiques ou animées (animaux ou humains), liés entre eux par l'organisation de tropes continués. On peut de la sorte lire allégoriquement ou non allégoriquement certaines descriptions concrètes de La Divine Comédie comme l'expression de l'état théologique de l'âme, ou même certains développements narratifs de l'intrigue des Liaisons dangereuses comme l'expression de la situation morale d'un milieu social au XVIIIe siècle. |
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| Alliance de mots |
L'alliance de mots est une figure de type microstructurale. On peut la considérer comme le mode élémentaire, le moins marqué, de caractérisation non pertinente. On lui trouvera deux spécifications: d'une part, elle apparaît généralement dans le rapport syntaxique d'un caractérisant (adjectif qualificatif ou complément quelconque en tenant lieu) à un thème substantival; d'autre part, ce rapport syntaxique véhicule une relation sémantique simplement incongrue ou à tout le moins inattendue.
Que peut-on dire d'une chaise? Qu'elle est jolie, en bois, de salon, ancienne, agréable, basse, chère, encombrante, tournante, cassée, rouge, réservée, dangereuse, bien commode, raffinée... Point d'alliance de mots. Mais si l'on parle d'une chaise centre gauche, ou beideggerienne, il apparaît une bizarrerie, qui tient entièrement à l'incogruité de la qualification. C'est une alliance de mots, qui marque toujours son effet. |
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| Allocution |
L'allocution est une figure macrostructurale: elle n'est pas attachée à la spécifité de tel ou tel mot. Elle consiste en ce que, dans le discours, apparaît une prise à partie par une adresse de parole du locuteur à un interlocuteur qui n'existe pas, même fictionnellement: c'est donc soit soi-même, soit un être absent ou inanimé, soit une entité, soit une pure abstraction. La figure d'allocution ne sert qu'à renforcer la vivacité de l'expression.
Exemple: A ce rapprochement sacrilège de deux noms inégaux je vois d'ici le prince des prêtres déchirer sa robe. Epargnez-vous cette dépense, ô prince des prêtres! (Bernanos, La Grande Peur des bien-pensants).
Le locuteur (l'auteur du pamphlet) ne s'adresse nullement au pape, mais continue sa réflexion politique à l'adresse de ses lecteurs, qui sont exactement les mêmes que dans la première phrase citée, pour dire à peu près: "ce geste serait complètement inutile", ce que l'allocution permet d'exprimer avec beaucoup plus de violence.
L'allocution a aussi constitué, dans la culture traditionnelle, l'un des exercices majeurs pour l'apprentissage de la rhétorique. Elle définit en effet alors un type de propos précisément codé, qui tient une sorte d'intermédiaire entre le discours dialogué et le discours descriptif. |
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| Allusion |
L'allusion consiste en ce que, dans un segment de discours s'étendant en général sur plusieurs phrases, un terme a un sens à l'égard d'un autre terme de la phrase, et un sens différent par rapport à la situation d'énonciation ou à l'univers de culture: c'est ce dernier point qui fait la différence spécifique entre l'allusion et la syllepse. La manipulation sémantique correspond au mécanisme d'ensemble des jeux de mots: celui-là est, comme on voit, for délicat, et ceux-ci sont donc rarement bons.
Exemple: Je viens de recevoir La Question et j'en ai été ravi.
Cette phrase a été prononcée, de confrère à consœur, par un auteur à l'adresse d'un autre auteur pour la remercier de l'aimable envoi de son dernier livre, sur le sujet linguistique de la question: ce terme-là désigne bien le titre d'un ouvrage en sciences du langage, par rapport auquel le locuteur se dit ravi de la chose. Simple marque de courtoisie et d'estime. Mais, pour les deux participants de l'interaction verbale, la question, surtout dans l'expression recevoir la question, rappelle l'usage de l'ancienne sémantique absolument extérieure au segment du discours occurrent, et ne jouant que dans le grand macrocontexte de leurs connaissances encyclopédiques, d'ailleurs supposé commun: tout cela est typiquement macrostructural. Cette seconde articulation sémantique permet alors une antithèse implicite avec ravi, qui garde pourtant son unique sens normal.
Le remerciement devient ainsi agrémenté de sel, uniquement par le jeu allusif. |
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| Altercation |
L'altercation est plus une pratique oratoire qu'une partie de l'éloquence. Elle s'oppose au discours suivi et nécessite uniquement de l'invention et de l'inteligence assistée de chaleur et d'à propos.
Comme le dit Quintilien, il ne s'agit en effet que d'attaquer ou de soutenir, de faire une objection à propos ou de la réfuter [...] ce genre d'action est court, interrompu et coupé. Les choses qui s'y disent ne sont pas d'une autre nature [que dans le discours suivi]; mais elles s'y traitent autrement, à savoir par demandes et par réponses.
Dans le genre judiciaire, l'altercation sert surtout dans les affaires où entrent en jeu des preuves extra-techniques, car c'est là qu'il y a le plus matière à contestation: c'est là qu'il faut dire que la victoire ne se remporte qu'à la point de l'épée. L'orateur doit spécialement alors rassembler tous ses moyens, toutes ses forces, toute sa connaissance de la chose, et en montrer une maîtrise et un usage étourdissants: mémoire, force de caractère, solidité intellectuelle, facilité de la paroles sont ici plus que jamais nécessaires. Souvent, les parties s'emportent à des colères réelles ou simulées: c'est très mal; mais il faut autant savoir se dominer qu'imposer le calme à un adversaire brutal. Certains rhétoriciens ont conseillé de produire brusquement, comme dans une sortie militaire par surprise, des preuves irréfutables tenues cachées jusque-là, destinées à réaliser un effet d'autant plus renversant que l'on attend pas alors ce genre de procédé; Quintilien est réservé sur cette façon d'agir, qu'il admet uniquement pour les preuves spécieuses, qui peuvent faire un effet violent d'illusion momentanée.
Il est préconisé d'abandonner les points faibles et de ne s'opiniâtrer point sur ceux qui sont trop sensiblement litigieux. Cela fait partie de l'astuce de la conduite. Celle-ci doit aller jusqu'à la ruse, comme de feindre d'être en difficulté sur quelque aspect pour nous secondaire, de manière à emporter plus aisément un point nous capital qui pourrait dès lors avoir paru sans intérêt à l'adversaire; on a également profit à lui proposer un libre choix apparent, qui se révélera par la suite constituer pour lui un vrai dilemme.
Enfin, il est opportun de surveiller les réactions de l'auditoire, et particulièrement des juges, pour ajuster en permanence sa conduite à leurs sentiments, tels que les trahit leur attitude. C'est ainsi qu'on jugera soi-même à propos de continuer à enfoncer son adversaire, ou au contraire de donner rapidement le change sur un point qui ne tourne manifestement pas à notre avantage.
L'altercation est donc bien un duel intellectuel, par les ressources de l'éloquence et par le moyen de la paroles, constamment tempéré par le ressentiment supposé des auditeurs-juges: c'est une sorte de match sportif, impensable à jouer sans public. Et c'est cet aspect spectaculaire qui la rattache pleinement à la rhétorique. |
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| Amplification |
L'amplification consiste à étendre une unique information centrale sous plusieurs expressions, des mots ou groupes de mots à un ensemble de phrases. Elle est à l'œuvre, sous diverses formes, également dans divers styles.
L'amplification peut être effectivement envisagée sous plusieurs points de vue. Comme qualité du style, elle définit le principe essentiel de l'abondance; elle est ainsi le moteur de style asian et d'un certain grand style. Elle constitue enfin le modèle de nombreux exercices ou développements, comme la spécification.
L'amplification détermine de la sorte toute une inflexion rhétorique. |
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| Anacéphaléose |
Une anacéphaléose permet de caractériser une pratique archétypique. Elle consiste en une récapitulation, à des moment stratégiques d'un récit (au milieu ou juste avant la fin), des principaux événements qui ont scandé le drame jusque-là. On peut en voir une utilisation réorientée à une fin à la fois idéologique et ironique dans la dernière page de Candide.
[...] et Pangloss disait quelquefois à Candide: "Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles: car enfin si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mademoiselle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.[...]" |
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| Anacoluthe |
Rupture de construction synataxique; c'est le cas d'une phrase dans laquelle un mode impersonnel (infinitif, substantif verbal, participe présent ou passé) sous-entend un autre sujet que le sujet exprimé dans la proposition subordonnée:
En attendant de vos nouvelles (sous-entendu: c'est moi qui les attends de vous), agréez, Mademoiselle, mes très respectueux hommages.
La syntaxe régulière serait:
En attendant de vos nouvelles, ou:
Dans l'attente de vos nouvelles, je vous prie d'agréer...
L'anacoluthe est considérée comme une faute grossière. Cependant, elle peut être un procédé de style. Ainsi Pascal écrit:
Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, la face du monde aurait changé. (Pensées, Ed. Brunschvicg, № 162.)
On attendait un verbe qui eût eu pour sujet le nez de Cléopâtre. Cependant la syntaxe, ici, à y regarder de près, supporte l'analyse. L'anacoluthe n'est au fond que la rupture d'une habitude. Rarement pratiquée, elle peut ménager de forts beaux effets de surprise. |
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| Anadiplose |
L'anadiplose consiste à utiliser les mêmes mots ou groupes de mots à la fin et au début de deux phrases ou de deux membres de phrase, même si cette reprise n'est ni absolument contiguë ni rigoureusement parfaite.
Exemple:
[...] "Et Cérès, que fit-elle?
Ce qu'elle fit? Un prompt courroux
L'anima d'abord contre vous" (La Fontaine)
La liaison entre les phrases 1 et 2 établie exclusivement sur l'anadiplose, qui suture fortement le texte (ici un dialogue). |
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| Anagramme |
L'anagramme consiste en une manipulation de la distribution des lettres d'un mot pour, soit créer un mot nouveau, soit faire apparaître un autre mot, déjà existant, entretenant avec celui qui sert de base un rapport plaisant. L'anagramme peut aussi être réalisée sur et à partir de noms propres.
Exemple: nacre, rance, ancre. |
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| Anantapodote |
L'anantapodote est une variété de répétition. C'est même certainement, malgré la bizarrerie de son nom, la variété la plus fréquente. Il s'agit d'une reprise approximative, ou partielle, de termes corrélatifs ou parallèles dans une phrase ou un ensemble de phrase.
Exemple:
Je sais bien qu'il est d'usage
D'aller en tous lieux criant
Que l'homme est d'autant plus sage
Qu'il rêve plus de néant;
D'applaudir la grandeur noire,
Les héros, le fer qui luit,
Et la guerre, cette gloire
Qu'on fait avec de la nuit;
D'admirer les coups d'épée,
Et la fortune, ce char
Dont une roue est Pompée,
Dont l'autre roue est César
(V. Hugo, Les Contemplations)
L'anatapodote apparaît dans les reprises qu'il - d'/D' - Dont - roue; on note aussi le rappel qu'il - que l'. Mais ces reprises et c'est cela qui définit l'anatapodote - ne sont qu'approximatives ou partielles: toutes ne sont pas syntaxiquement parallèles, et les deux derniers couplages (Dont - roue) s'établissent sur une différenciation assez sensible (une ≠ l'autre).
L'anantapodote, qui est ici d'ailleurs composé, est on le constate d'assez vaste usage. |
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| Anaphore |
Une anaphore est une variété de répétition; on peut même dire que l'anaphore est la variété la plus élémentaire de répétition. C'est donc une figure qui joue matériellement et uniquement sur le son des termes. Il y a anaphore lorsque, dans un segment de discours, un mot ou un groupe de mots est repris au moin une fois, tel quel, à quelque place du texte que ce soit.
Exemple: Rome l'unique objet de mon ressentiment!
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant!
Rome, qui t'a vu naître, et que ton cœur adore!
Rome, enfin, que je hais parce qu'elle t'honore!
(Corneille, Horace, IV, 5) |
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| Annomination |
Allusion qui consiste à évoquer un nom au moyen d'un autre aux sonorités analogues.
C'est aussi une interprétation qui tire d'un nom propre la valeur exprimée par un nom commun de même sonorité.
Exemple: on a beaucoup flaubertisé il y a quelques années. |
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| Antanaclase |
Figure dans laquelle le mot répété change de sens.
Exemple: C'est au cœur [milieur] de la société
Que l'on manque le plus de cœur [charité].
Pascal.
Dans l'antanaclase, le mot repris offre deux acceptions nettement différentes. Dans la diaphore, il ne s'agit que d'une nuance assez délicate (voir ce mot).
On peut observer que la répétition du refrain, sous un éclairage qui change constamment avec le sens, n'est qu'une application raffinée de l'antanaclase. |
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| Antéisagoge |
Une antéisagoge est une variété d'antithèse. Elle consiste à faire succéder, dans le discours, des éléments d'information négatifs puis des éléments positifs, l'aspect figuré de la valeur n'apparaissant que dans la réunion de chacun de ces éléments antithétiques, de manière à former une signification qui ne se réduit à aucun des deux types de proposition. |
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| Antépiphore |
Elle consiste en la combinaison d'un phénomène d'épanaphore et d'épiphore, sous la forme d'un unique encadrement par un même texte (éventuellement réduit à très peu de mots) de tout le discours.
Exemple: Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah! Que le temps vienne
Où les cœurs s'éprennent!
Cette strope constitue à la fois la première et la dernière du poème de Rimbaud, "Chanson de la plus haute tour". Entre les deux, quatre autres sizains, tous différents. L'antépiphore crée donc un effet de clôture, ou d'éternel retour. |
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| Anthorisme |
Un anthorisme consiste à faire se succéder deux notations qui rectifient, l'une niant l'autre, pour achever sur l'indication la plus forte ou la plus adéquate à l'effet de sens à produire. L'anthorisme le plus net, le plus massif aussi, apparaît donc dans la succession d'une expression positive et d'une expression négative, ou l'inverse (il n'est pas fou: il est fou à lier). Mais on peut le trouver également dans la succession de deux termes qui soient chacun positifs (ou négatifs), mais de telle manière que le second apparaisse comme négation du premier. Ainsi dans ce vers de Valéry:
Trahir... peindre sur l'onde une fleur de pensée
Les trois points de suspension sont manifestement à interpréter au sens de "non pas trahir mais", la signification véritable résidant de fait dans la trace des deux valeurs mutuellement rectificatrices des mots trahir et peindre.
L'anthorisme, toujours surprenant et efficace, sert éventuellement de support à l'épanorthose. |
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| Anticlimax |
Un anticlimax consiste en ce que, dans le discours, se succèdent deux mouvements de gradation opposés, de manière à former entre eux une anithèse. L'anticlimax réside ainsi dans l'effet de force produit par cette articulation thématique contiguë, aucun des deux mouvements en soi ne constituant la figure. |
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| Antimétabole |
Une antimétabole joue à la fois sur l'élocution et sur la construction. Elle consiste en effet en ce que, dans une phrase ou dans une suite de phrases, des groupes syntaxiques identiques se trouvent repris selon une permutation de leur dépendance interne.
Exemple: ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu.
Dans cet extrait de La Bruyère, l'antimétabole (assortie ici d'une épanadiplose réside dans l'inversion fonctionnelle adorer le prince — le prince adorer. Elle est toujours très marquée. |
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| Antiparastase |
Figure par laquelle on cherche à prouver que le fait incriminé est au contraire louable.
L'antiparastase peut avoir une valeur hypothétique: l'accusé nie le fait incriminé, tout en montrant qu'il devrait être loué plutôt que blâmé s'il avait fait ce qu'on lui reproche. En pareil cas, l'antiparastase commence souvent par une formule comme:
et quand cela serait! quel mal y aurait-il à... |
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| Antiphrase |
Elle est un trope, selon lequel l'expression de l'énoncé est à comprendre à l'inverse de son sens, pour désigner sa négation ou son contraire. Par exemple, dans la phrase ton affaire est vraiment une réussite, au sens de "ton affaire est un échec lamentable", il y a antiphrase sur réussite.
Le problème est que le trope sur réussite n'est certain qu'au prix de l'indication sémantique que l'on a donnée ("au sens de..."). Ce qui veut dire que ce trope n'est pensable, et obligatoirement pensable, que dans le cas d'une manipulation figurée plus large, qui l'englobe, et qui, elle, n'est pas nécessaire mais dépend de contraintes plus vastes. |
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| Antithèse |
Figure par laquelle on établit un violent contraste entre deux idées, afin que l'une mette l'autre en évidence.
Exemple: A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. (Corneille)
L'antithèse peut opposer deux mots, deux idées, deux couleurs. Elle peut affecter le ton de tout un passage: ainsi Bossuet pousse-t-il au noir le caractère de la soldatesque entourant Jésus, le vendredi saint; il aggrave les offenses qui lui sont faites, pour mettre en lumière sa sublime patience et sa maîtrise surhumaine.
Le goût de l'antithèse procède du besoin d'agir sur le lecteur. Malheureusement, il induit trop souvent à forcer la réalité.
Par exemple: le ciel est noir, la terre est blance... chante Th. Gautier. Le ciel n'était peut-être que gris... |
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| Antonomase |
L'antonomase est une variété de métonymie-synecdoque par laquelle on remplace:
— un nom commun par un nom propre: un Zoïle (un critique envieux)
— un nom propre par un nom commun: le Sauveur, le Seigneur (Jésus-Christ) |
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| Apodioxe |
Une apodioxe consiste en ce que le locuteur évoque ou rapporte un argument de son interlocuteur, de son adversaire ou d'un tiers, pour le rejeter ensuite comme évidemment absurde ou quasiment nul.
Par exemple, dans la fable de La Fontaine "Le Cochon, la Chèvre et le Mouton", ces animaux sont dits être transportés dans une charrette qui les conduit à une foire: le cochon hurle, mais la chèvre et le mouton sont tranquilles. |
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| Apodose |
L'apodose est constituée, par rapport à la cadence d'une phrase, par la seconde partie de celle-ci: c'est l'ensemble de la phrase qui suit l'acmé, c'est-à-dire l'ensemble qui est prononcé selon une intonation conclusive, souvent descendante, en tout cas d'orientation mélodique inverse, par rapport à la suite des groupes formant l'inflexion initiale. Comme toujours en ce qui concerne la cadence, l'identification certaine de l'apodose ne se produit que dans les phrases courtes ou décomposables.
Dans l'exemple de La Bruyère: il est souvent utile de quitter les grands que de s'en plaindre, l'apodose est assez évidemment constituée par la masse que de s'en plaindre qui est en gros prononcée selon une inflexion de voix conclusive, s'inversant après grands. |
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| Apologue |
L'apologue est un récit qui, en général, raconte une anecdote à la troisième personne, de telle manière que le petit drame rapporté ait une valeur d'expression universelle de portée générale, à titre d'illustration d'une question morale. L'apologue peut ainsi considéré comme bâti sur un système fondamentalement allégorique. |
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| Aposiopèse |
Elle consiste en une interruption dans la suite attendue des dépendances syntaxiques, l'enchaînement de la phrase restant en quelque sorte "en l'air". |
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| Apostrophe |
Figure par laquelle l'orateur, au milieu de son discours, se détourne de son public pour s'adresser à quelque personne ou objet particulier. L'apostrophe peut prendre pour objet les êtres présents ou les absents, les vivants ou les morts, enfin des êtres animés ou inanimés. Ainsi Lamartine, après la peinture d'un bonheur évanoui, s'écrie-t-il:
O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir. |
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| Astéisme |
Figure qui consiste dans une ironie ingénieuse et délicate, grâce à laquelle on décerne une louange sous forme de blâme.
Ainsi l'on dirait à un vrai poète:
Savez-vous bien que, pour cette œuvre seule, on vous aurait chassé de la république de Platon? |
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| Asyndète |
Figure de grammaire consistant dans la supression du terme de liaison entre deux propositions, afin que leur rapport logique s'impose avec plus d'évidence à la pensée de l'interlocuteur. L'asyndète est un indice de force, un signe d'autorité.
Exemple: Tu as désobéi: tu seras puni.
Vous vous êtes trompé, sachez vous corriger. |
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| Attelage |
Figure de rhétorique, également nommée, mais par abus, zeugma; elle consiste:
— à compléter l'un des termes d'une locution par un second terme qui en rompt le caractère stéréotype et renouvelle l'expression.
Exemple: sur "tambour battant", l'auteur crée l'attelage:
Tambour et gifles battantes. (Marcel Cressot)
— à coordonner deux termes dont l'un est abstrait et l'autre concret. C'est ainsi que V. Hugo présente Booz endormi: vêtu de probité candide et de lin blanc. |
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| Atténuation |
Figure selon laquelle le discours se développe sur des expressions qui ne correspondent pas aux termes "propres" ou directs du message à véhiculer, mais qui forment autant de détours circonvoisins moins nets, moins clairs et moin brutaux, mais proches cependant de l'indication à fournir. L'atténuation est alors une sorte d'euphémisme généralisé. |
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| Autocatégorème |
Il consiste en ce que le locuteur s'accuse d'une faute ou d'un crime dont le grief est une stratégie dramatique compliquée dont les effets sont, en tout état de cause, qu'à un moment ou à un autre du développement du discours, les uns ou les autres, à un niveau ou à un autre, des auditeurs ou des lecteurs, en soient trompés. L'autocatégorème s'apparenterait en un sens à l'ironie.
C'est ce qui arrive dans les cas limpides, comme dans la fameuse scène de Tartuffe où Tartuffe dit à Orgon:
Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable,
[...]
Mais la vérité pure est que je ne vaux rien.
Le spectateur comprend que Tartuffe s'accuse véridiquement pour qu'Orgon comprenne à l'envers cette accusation, comme une preuve de l'innocence de son ami, par une feinte magistrale du fourbe. |
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| Auxèse |
Il s'agit du traitement global d'un thème par le recours à un enchaînement d'expressions hyperboliques, dans une orientation continue et méliorative (c'est l'inverse de la tapinose). |
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