Le même engouement humaniste pour la culture et la tolérance se répandit en Allemagne, notamment avec Johannes Reuchlin, qui s'était rendu à Florence et qui avait connu Pic de La Mirandole et Ficin. Au nom de ces idéaux et contre l'avis de l'empereur germanique Maximilien Ier, qui voulut détruire tous les textes hébraïques hors la Bible, comme le Talmud et les écrits de la Kabbale, Reuchlin défendit la thèse selon laquelle ces écrits faisaient partie d'un héritage précieux pour l'humanité. La lecture critique des textes sacrés dans l'esprit de liberté se prolongea en Allemagne au XVIe siècle avec les défenseurs de la Réforme, notamment Mélanchthon, qui tenta d'apaiser certaines querelles théologiques entre catholiques et réformés.
En France, Jacques Lefèvre d'Etaples reprit, sous l'influence de Reuchlin, l'enseignement de l'hébreu qu'il considéra comme élément de la culture humaniste. L'humanisme prit un nouvel essor avec la création par François Ier du Collège des lecteurs royaux (futur Collège de France). La traduction des ouvrages d'auteurs anciens, mise en valeur par Etienne Dolet, permit la large diffusion d'un platonisme christianisé, fortement revendiqué par les humanistes français, qui marqua au milieu du XVIe siècle les poètes de la Pléiade comme Ronsard et Du Bellay. En philosophie, Montaigne, tout en soutenant que la raison n'est qu'une « raison déraisonnable » qui ne permet pas d'établir les lois de la nature ni de constituer une science universelle, accorda à la raison le pouvoir de libérer l'homme des idoles et des vérités « toutes faites » issues de la scolastique. Par l'autonomie de la raison, Montaigne affirma également l'autonomie de l'homme.
Dans le reste de l'Europe, l'humanisme marqua les débuts de la Réforme; il se répandit notamment grâce au Hollandais Erasme, qui écrivit, après avoir séjourné chez Thomas More en Angleterre, Eloge de la folie (publié à Paris en 1511). Son ouvrage parvint également en Angleterre, où l'humanisme fut implanté à l'université d'Oxford par les érudits William Grocyn (1446-1519) et Thomas Linacre (v. 1460-1524), tous deux maîtres de Thomas More. L'humanisme exerça une influence décisive sur la littérature anglaise et marqua en particulier le théâtre élisabéthain.
L'Humanisme, parti d'un retour aux textes et à certaines valeurs de l'Antiquité, s'est adjoint tout naturellement l'esprit de liberté et d'indépendance à l'égard des dogmes trop rigides et constitua incontestablement un courant qui, grâce à la Réforme, permit une nouvelle libération des hommes et l'apparition d'un esprit de tolérance nourri de ce que le Don Juan de Molière manifestera à l'égard du pauvre homme qui lui indiquait son chemin, l'« amour de l'humanité ».
L'Humanisme de la Renaissance s'est maintenu dans le monde occidental jusqu'à la rupture opérée par Nietzsche avec la morale judéo-chrétienne : déclarant la « mort de Dieu », il ouvrit la voie à l'humanisme athée. La référence à l'Homme comme sujet universel, qui agit au nom des valeurs, disparut complètement avec certains mouvements idéologiques du XXe siècle et des philosophies très diverses, dont celles de Heidegger en Allemagne ou de Foucault en France donnèrent la mesure.

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