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Auteurs français
Jules Verne
1828 – 1905
Notice biographique
ules Verne naît à Nantes le 8 février 1828, où son père est avoué, dans une vieille famille de la bourgeoisie. Supportant mal l’autorité paternelle (comme, une génération plus tard, Michel, son fils unique), il tente de s’embarquer à 11 ans comme mousse sur un trois-mâts en partance pour les Indes. Rattrapé de justesse par son père, il attend de passer le baccalauréat pour s’installer à Paris. Tout en poursuivant des études de droit (il passera sa thèse de doctorat en 1850), il fréquente les salons littéraires, où il rencontre Dumas, et les milieux scientifiques, où il se lie avec les trois frères Arago. Il écrit des pièces. L’une d’elles, Les Pailles rompues (1850), est un succès qui l’incite à se consacrer à l’écriture plutôt qu’au droit. Son père finit par s’y résoudre et, désespérant d’en faire un avoué, vend son étude à Nantes (le frère de Jules, Paul, est devenu marin) et lui achète une charge d’agent de change en 1857. Cette même année, Jules Verne épouse Honorine Morel, une jeune veuve mère de deux enfants.
Se levant très tôt, il écrit avant de se rendre à la Bourse. Il lit Edgar Poe, voyage en Ecosse, en Scandinavie… Michel, son fils, naît en 1861. L’année suivante, il rencontre l’éditeur Hetzel qui deviendra son ami et mentor. Hetzel publie Cinq semaines en ballon (1863) que Jules Verne vient d’écrire. Énorme succès : cette même année, Nadar vient, en ballon, de faire Paris-Meaux. Jules Verne peut abandonner la Bourse et s’installer, en 1866, au Crotoy, dans le Nord, pour se consacrer à l’écriture. Pour se détendre, il embarque pour de courtes croisières sur un gros bateau de pêche qu’il a transformé en yacht.
Le Tour du monde en 80 jours (1873), Michel Strogoff (1876), Les Enfants du capitaine Grant (1882) sont adaptés au théâtre. Jules Verne écrit un ou deux romans par an, change de bateau, achète un hôtel particulier à Amiens (où il se fera élire, lui l’homme prétendu de droite, conseiller municipal sur une liste radicale-socialiste), fréquente les princes et poursuit une œuvre où, non sans humour, il transforme la science en aventure, alternant les romans d’anticipation scientifique : De la Terre à la Lune (1865), Vingt mille lieues sous les mers(1869)… et les romans d’aventures à caractère géographique ou historique.
Sa vie familiale est moins paisible. Cet homme qui aura les millions d’enfants pour lecteurs s’entend mal avec son fils unique. Après qu’il a passé un séjour dans une maison de correction, il l’envoie à Nantes puis, parce qu’il le trouve exaspérant, l’oblige à embarquer pour les Indes. Michel, enfant instable et nerveux, était-il jaloux de l’affection que son père portait au jeune Aristide Briand, son protégé qu’il traitait mieux que son propre fils (et qui sera un important homme politique sous la IIIe République) ?
En 1886, son neveu qui lui est pourtant attaché, le blesse aux jambes à coups de revolver : tentative d’extorsion de fonds, ou jalousie (toujours Aristide Briand) ? À ce drame de la folie (le neveu mourra à l’asile) s’ajoute la mort de Hetzel, l’éditeur-confident qui a su diriger sa carrière littéraire.
Jules Verne mène une existence de notable, fait construire le cirque municipal d’Amiens… Il a perdu le goût des voyages, et vendu son dernier bateau, qui, avec ses douze hommes d’équipage, lui coûtait trop cher. Lorsqu’il ne rédige pas seul ses romans – il refuse toute aide, et écrit tout de la première à la dernière ligne, même si ses détracteurs jaloux insinuent qu’il utilise des nègres littéraires pour produire une œuvre aussi considérable, – il répond aux milliers de lettres que lui envoient ses admirateurs. Une crise de diabète l’emporte le 25 mars 1905. Son fils Michel, avec lequel il s’était réconcilié, terminera ses romans inachevés.
Pour Ray Bradbury1, « Jules Verne symbolise l’histoire entière de l’humanité ». Cet excellent narrateur n’écrivait, mêlait prudemment l’imagination et la vraisemblance, qu’après s’être soigneusement documenté dans le domaine scientifique. Refusant les effets faciles, mais ne dédaignant pas les coups de théâtre, ayant don de créer, avec un humour discret, des personnages à la psychologie exacte, Jules Verne a bâti une œuvre qui comprend plus de soixante-dix romans dont plusieurs ont inspiré des films.
Dans presque tous ces livres, Jules Verne crée des fictions ayant pour objet l’exposition intéressante, émouvante presque toujours, des découvertes acquises de la science ou celles que l’auteur suppose pouvoir être ajoutées à son domaine ; d’autres sont d’imaginaires expositions géographiques aux détails le plus souvent précis et exacts. La variété des sujets qu’il a abordés est infinie : le style attachant qui lui est propre les a tous rendus intéressants. On peut dire de cet écrivain qu’il est le plus connu des Français et des francophones, car toute la génération actuelle a lu, dans l’adolescence, les livres de Jules Verne. Son étonnante fécondité lui a valu une popularité rare dans les lettres et une très grosse fortune. Il est, peut-être, excessif de dire, comme Vapereau2, dans son Dictionnaire des Contemporains, que cet écrivain ne jouit d’aucune autorité scientifique, car certaines de ses créations chimériques se sont réalisées depuis qu’il les enfanta, telle celle du bateau sous-marin, qui, depuis le Nautilus, est devenu une réalité.
Outre ses œuvres d’imagination, Jules Verne a publié, avec Théophile-Sébastien Lavallée3, une Géographie illustrée de la France (1968, avec cartes).
Si, par l’optimisme humaniste et scientiste, Jules Verne exprime bien son époque positiviste, ses inventions révèlent aussi des fantasmes et des ambiguïtés : rapports de l’espace et du temps, vertige de l’action et de la puissance, thème des profondeurs dont les mystères sont révélés aux héros par un personnage ambivalent, à la fois tutélaire et funeste, faisant figure de père tout-puissant, ces éléments constituent autant de repères pour une lecture nouvelle, moins naïve, de son œuvre.
Le nom de Jules Verne a été plusieurs fois mis en avant pour un siège à l’Académie française ; mais jamais sa candidature n’a été officiellement posée.
Ce populaire écrivain est officier de l’Instruction publique et officier de la Légion d’honneur.
Notes
1. Ray Bradbury, né le 22 août 1920, est un écrivain américain, référence du genre de l’anticipation. Il est particulièrement connu pour ses Chroniques martiennes écrites en 1950, L’Homme illustré recueil de nouvelles publié en 1951 et surtout son roman dystopique : Fahrenheit 451, publié en 1953. ▲
2. Louis Gustave Vapereau, usuellement appelé Gustave Vapereau, né à Orléans le 4 avril 1819 et mort à Morsang-sur-Orge (Essonne) le 17 avril 1906, est un écrivain et encyclopédiste français. Il est surtout connu comme l’auteur du Dictionnaire universel des contemporains et du Dictionnaire universel des littératures. ▲
3. Théophile-Sébastien Lavallée (1804-1866) est un historien, et géographe français du XIXe siècle. ▲
Bibliographie
- Cinq Semaines en ballon (1863)
- Voyage au centre de la Terre (1864)
- De la Terre à la Lune (1865)
- Les Aventures du capitaine Hatteras (1866)
- Les Enfants du capitaine Grant (1868)
- Autour de la Lune (1870)
- Vingt mille lieues sous les mers (1870)
- Une ville flottante (1871)
- Aventures de trois Russes et de trois Anglais (1872)
- Le Pays des fourrures (1873)
- Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
- Le Docteur Ox (Nouvelles – 1874 : Maître Zacharius – Un hivernage dans les glaces – Un drame dans les airs)
- L’Île mystérieuse (1874)
- Le Chancellor (1875)
- Michel Strogoff (1876)
- Les Indes noires (1877)
- Hector Servadac (1877)
- Un capitaine de quinze ans (1878)
- Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1879)
- Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
- La Maison à vapeur (1880)
- La Jangada (1881)
- Les Révoltés de la Bounty (1882)
- Le Rayon vert (1882)
- L’École des Robinsons (1882)
- Kéraban-le-Têtu (1883)
- Archipel en feu (1884)
- L’Étoile du sud (1884)
- Frrit-Flacc (1884)
- Mathias Sandorf (1885)
- Robur le conquérant (1886)
- Un billet de loterie (1886)
- Nord contre sud (1887)
- Deux ans de vacances (1888)
- Famille sans nom (1889)
- Sans dessus dessous (1889)
- César Cascabel (1890)
- Mistress Branican (1891)
- Le Château des Carpathes (1892)
- Claudius Bombarnac (1893)
- P’tit Bonhomme (1893)
- Mirifiques Aventures de Maître Antifer (1894)
- L’Île à hélice (1895)
- Face au drapeau (1896)
- Clovis Dardentor (1896)
- Le Sphinx des Glaces (1897)
- Le Superbe Orénoque (1898)
- Le Testament d’un excentrique (1899)
- Seconde patrie (1900)
- Le Village aérien (1900)
- Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901)
- Les Frères Kip (1902)
- Bourses de voyages (1903)
- Un drame en Livonie (1904)
- Maître du monde (1904)
- L’Invasion de la mer (1905)
Citations choisies
- Tout homme qui aspire à régenter les autres devrait être supprimé de la terre.
- En France, on exhibe des farceurs étrangers, et à l’étranger, des farceurs français ! (Le tour du monde en 80 jours)
- Permettez-moi de vous présenter mon ennemi intime… (Michel Strogoff)
- C’était un honorable praticien qui guérissait les malades de toutes les maladies, excepté de celle dont ils mouraient. (Le Docteur Ox)
- Si le Français est « tout yeux », l’Anglais est « tout oreilles ». (Michel Strogoff)
- On sait ce qu’est le monde des parieurs en Angleterre, monde plus intelligent, plus relevé que celui des joueurs. (Le tour du monde en 80 jours)
- Dans ce singulier pays, où les hommes ne sont certainement pas à la hauteur des institutions, tout se fait « carrément », les villes, les maisons et les sottises. (Le tour du monde en 80 jours)
- Les passeports ne servent jamais qu’à gêner les honnêtes gens et à favoriser la fuite des coquins. (Le tour du monde en 80 jours)
- Rien ne saurait étonner un américain. (De la Terre à la Lune)
- Les femmes n’interviennent jamais dans mes romans tout simplement parce qu’elles parleraient tout le temps et que les autres n’auraient plus rien à dire.
- C’est à force de répandre le bon grain qu’une semence finit par tomber dans un sillon fertile. (Michel Strogoff)
- Eh ! Que diable ! Il faut bien bouillir quelquefois ! Dieu nous aurait mis de l’eau dans les veines et non du sang, s’il nous eût voulus toujours et partout imperturbables ! (Michel Strogoff)
→ Autres citations de Jules Verne.
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