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Les genres de textes

Le prologue et l’épilogue

💡 Le prologue est un avant-propos, un bref avertissement dont on fait précéder un ouvrage. C’est, surtout, une partie d’un ouvrage dramatique où sont exposés des événements antérieurs à ceux qui se déroulent dans la pièce proprement dite.
💡 L’épilogue est la dernière partie, la conclusion d’un discours, d’un poème, d’un ouvrage dramatique ou romanesque, contenant par exemple la récapitulation des principaux points d’une argumentation.

Le prologue

Le prologue est la première scène d’une œuvre dramatique, faisant office de préface, d’introduction ou de préambule, et exposant divers points essentiels à connaître pour l’intelligence de la pièce. Tels étaient du moins le sens du mot et le but de la chose, chez les Anciens et dans plusieurs littératures modernes, à l’origine du théâtre. C’était tantôt un des personnages de la pièce qui venait en indiquer d’avance ou même en détailler le sujet, tantôt le poète qui introduisait sur la scène, pour l’instruction du peuple, un Dieu ou un personnage fantastique, dont l’apparition se faisait à l’aide d’une machine.

Cette curieuse apparition, qu’Euripide, chez les Grecs, a mis un des premiers en usage, s’est renouvelée souvent depuis. Les poètes dramatiques latins, devant un auditoire formé de gens venus de toutes les parties du monde ont senti encore davantage la nécessité du prologue. Ils le faisaient réciter souvent par un personnage étranger à l’action, qui prenait même le nom de Prologue. Lorsque l’acteur-prologue avait apaisé l’assemblée tumultueuse par quelque bonne plaisanterie et obtenu le silence, il débitait son discours d’introduction. Les prologues de Plaute témoignent, par leur longueur même, de ce qu’il fallait d’insistance pour donner à son public une idée de l’action qui allait s’engager et lui permettre ainsi d’en suivre la marche. « Quand la pièce est un peu embrouillée, dit M. C. Martha, qu’il peut y avoir confusion à cause de certains déguisements, il faut voir comment l’acteur-prologue met en garde contre des erreurs possibles. »

Au Moyen Âge, le prologue prend, dans les mystères, la forme dévote d’une homélie ou d’une prière. Celui d’une moralité jouée dans les premières années du XVIe siècle expose comment l’auteur, ayant été transporté tout à coup aux portes de l’enfer, y a surpris une conversation entre Satan et Lucifer roulant sur les moyens à employer pour la tentation des hommes ; et il annonce que sa pièce n’a d’autre objet que de dévoiler les artifices de Satan.

Un peu plus tard, au théâtre de l’hôtel de Bourgogne, en guise de prologue, on a utilisé les talents facétieux et la tournure grotesque de Gros-Guillaume, de Gautier-Garguille, de Bruscambille et de Turlupin, pour mettre les spectateurs de belle humeur. Les Anglais ont eu des prologues qui se jouaient le rideau baissé et offraient l’apologie de l’auteur. Molière, dans son Amphitryon, a renouvelé le prologue antique. Il en a mis un aussi au Malade imaginaire. L’Esther de Racine est précédée d’un prologue, mis dans la bouche d’un personnage allégorique, la Piété, et qui nous montre l’auteur plus attentif à flatter Louis XIV qu’à donner sur sa tragédie des éclaircissements, d’ailleurs superflus. Au même temps, c’est surtout dans les opéras que les prologues sont de mise. Quinault et les autres poètes les font aussi servir à la louange du grand roi.

Au XVIIIe siècle, diverses pièces du répertoire du Théâtre-Italien et des petits théâtres ont reçu également des prologues, qui ont pris un caractère particulier de vivacité et de comique ; c’était souvent une scène entre un comédien et le poète dramatique, ou entre le directeur, sur le théâtre, et un spectateur dans la salle, etc. Les Allemands citent comme des modèles les prologues de Wallenstein et de Faust.

De nos jours, le prologue se présente surtout comme un moyen de faire connaître dramatiquement, et non par forme de récit, des faits antérieurs au temps où s’accomplira l’action principale de la pièce. Ce prologue, qui constitue comme un acte rétrospectif, offre l’avantage de laisser au drame, dans une certaine mesure, l’unité de temps. On peut citer, parmi de récents prologues, celui de Richard Darlington, intitulé la Maison du Docteur ; celui de la Closerie des Genêts, qui porte aussi un titre les Courses de la Marche ; celui du Fils naturel, etc.

Dans le sens antique, le prologue est une forme naïve de l’exposition, cette partie si difficile de l’art dramatique.

En dehors du théâtre, on a donné le nom de prologue à des discours préliminaires en vers ou en prose, à des débuts et aux invocations de poèmes, aux fables de La Fontaine servant d’avant-propos à chacun de ses livres, aux chapitres-préfaces des divisions de Gargantua et de Pantagruel, au préambule de la Loi salique, etc.

→ À lire : La préface.

L’épilogue

Le mot « épilogue » désigne, en général, une partie finale ajoutée, comme de surcroît, à un discours, à un ouvrage, en lui-même complet. C’est l’opposé du prologue, et, comme celui-ci sert souvent à présenter au lecteur les personnages avant l’action, l’épilogue peut être employé à faire connaître ce qu’ils deviendront, l’action accomplie. Dans ce cas, il semble, comme le prologue, accuser l’inexpérience de l’auteur et un travail insuffisant de composition. De même qu’une exposition savante nous révèle par l’action même ses personnages et ses circonstances, de même un dénouement habile devrait nous éclairer sur le sort des principaux intérêts engagés dans la lutte.

L’épilogue ne se conçoit donc guère comme une partie intégrante d’un ouvrage, discours, roman ou pièce de théâtre, et ne peut se confondre avec la péroraison, la conclusion ou le dénouement. Tout au plus peut-il être l’indication d’une suite du drame, de son lointain contrecoup. Il est surtout un hors-d’œuvre, un adieu au public.

La Fontaine, croyant avoir fini son œuvre des Fables au VIe livre, prend congé du lecteur dans un charmant épilogue :

Bornons ici cette carrière,
Les longs ouvrages me font peur ;
Loin d’épuiser une matière,
On n’en doit prendre que la fleur.

Le XIe livre a aussi un épilogue, parce qu’à son tour il devait être le dernier.

Au théâtre, on a considéré comme épilogue la phrase consacrée où l’acteur saluait le public et implorait ses bravos, et c’est cet humble appel à la bienveillance que nos vaudevillistes ont varié à l’infini dans le couplet de la fin.

Ce que dit le dictionnaire
Prologue (substantif masculin)

Art dramatique

  1. [Dans le théâtre grec] Partie de la pièce qui précède l’entrée du chœur où l’on exposait le sujet.
  2. [Dans les mystères du Moyen Âge et le théâtre classique] Récitatif en prose ou en vers destiné à exposer le sujet de la pièce en honorant la personnalité à qui elle était dédiée.
  3. Par métonymie : Comédien chargé de réciter le prologue dans le théâtre grec, les mystères du Moyen Âge et le théâtre contemporain s’inspirant du théâtre antique.
  4. Par extension : Introduction servant à présenter des événements antérieurs à l’action proprement dite dans une oeuvre théâtrale, lyrique ou cinématographique.

Musique

  1. Acte suivant l’ouverture dans un opéra ou un opéra-ballet du théâtre lyrique ancien où sont glorifiés, honorés des personnages ou des événements importants.
  2. Prélude, ouverture dans une oeuvre musicale.

Littéraire

  1. Introduction, discours préliminaire d’un ouvrage où l’on expose le sujet, servant parfois d’avertissement ou de dédicace.
  2. Par extension, dans le langage courant : Synonyme de préambule, préliminaires, prolégomènes.
    a) Entrée en matière, précautions oratoires précédant un exposé oral ou écrit.
    Par métaphore : Ce qui annonce ou commence quelque chose.
    b) [Terme de sport cycliste] Première épreuve de certaines courses par étapes.

Source : Le Trésor de la Langue Français informatisé (TLFi).

Épilogue (substantif masculin)

Littérature

  1. DRAMAT. ANC. : Petit discours en vers qui était récité par un acteur à la fin d’une représentation pour demander au public son approbation.
  2. Dans la langue moderne : Dernière partie, conclusion d’un discours, d’un poème, d’un ouvrage dramatique ou romanesque, contenant par exemple la récapitulation des principaux points d’une argumentation ou le récit des événements postérieurs à l’action principale. Antonyme de prologue.

Par extension et au figuré

Ce qui termine une affaire, une histoire, une aventure.

Source : Le Trésor de la Langue Français informatisé (TLFi).

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