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L’emploi de la virgule

On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l’usage qu’il fait du point et virgule.

(Henry de Montherlant)

Qu’est-ce que la ponctuation ?

La ponctuation précise le sens de la phrase. Elle sert à fixer les rapports entre les propositions et les idées. D’autre part, elle sert à marquer, à l’aide de signes, les pauses et les inflexions de la voix dans la lecture.

Les principaux signes de ponctuation sont : le point [.], le point d’interrogation [?], le point d’exclamation [!], le point-virgule [;], les points de suspension [], les deux points [:], la virgule [,], les guillemets [« »], le tiret [], les parenthèses [( )].

 La ponctuation : En résumé…

Définition de la virgule

La virgule est un signe de ponctuation ayant la forme d’un petit trait courbé vers la gauche (,), placé à droite et au bas d’un mot pour séparer les membres d’une phrase ou indiquer une pause faible.

On a en français la locution : ne pas changer une virgule qui signifie « ne pas apporter la moindre modification (à un texte) » et par extension « ne rien modifier ». De plus, les sourcils ou les moustaches en virgules, ce sont les sourcils et les moustaches qui sont en forme de virgule.

En mathématiques, la virgule est un signe qui précède la décimale dans un nombre décimal (dans la notation anglo-saxonne, il précède généralement les centaines).

La virgule se trouve aussi dans le domaine de la musique pour désigner la queue d’une note. Dans la musique vocale ou pour instruments à vent, c’est un signe indiquant l’endroit où il faut respirer.

En biologie, on a la bacille virgule. C’est une bactérie aérobie légèrement incurvée, terminée par un cil vibratile, très mobile, agent pathogène du choléra asiatique. Cette bactérie se trouve sous le nom de vibrion cholérique dans le Larousse de la Langue Française.

En mécanique, la virgule est une dent qui, tournant autour d’un axe, actionne un mécanisme à chaque révolution. C’est aussi un petit outil en forme de virgule servant au polissage ou au prélèvement de roches.

Emploi de la virgule

● La virgule sert à séparer les parties semblables d’une même phrase, sujetsattributsadjectifscompléments, et propositions coordonnées de peu d’étendue, lorsqu’elles ne sont pas unies par une des conjonctions et, ni, ou.

En d’autres termes, on emploie la virgule :

  • pour séparer plusieurs adjectifs qui se rapportent au même substantif, ou plusieurs substantifs se rapportant au même sujet ;
  • pour séparer tous les sujets d’un même verbe ;
  • pour séparer tous les verbes qui se rapportent au même sujet. Si le verbe est suivi d’un régime, on ne met la virgule qu’après ce régime ;
  • pour séparer plusieurs participes qui se rapportent au même auxiliaire, plusieurs infinitifs qui sont à la suite du même verbe. Si le participe ou l’infinitif est suivi d’un régime, on ne met la virgule qu’après ce régime ;
  • pour séparer plusieurs parties semblables ajoutées au même mot auquel ces parties servent de compléments.

Exemples :  – La Fraude, le Parjure, les Procès, les Guerres, ne font jamais entendre leur voix dans ce séjour chéri des dieux. (Fénelon) – Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis. (Racine) – On se menace, on court, l’air gémit, le ciel brille. (Voltaire- Tout grondait, le tonnerre, les vents, les flots, les antres, les montagnes. (Barthélémy)

● Mais on écrit sans la virgule :

  • toute proposition simple qui n’excède pas la portée commune de la respiration ;Exemple : Il est plus honteux de se défier de ses amis que d’en être trompé. (La Rochefoucauld)
  • les parties semblables d’une proposition unies par et, ni, ou.Exemples :  - Tout est silence et repos dans les savanes. (Chateaubriand) – Le figuier, l’olivier, le grenadier et tous les autres arbres couraient la campagne. (Fénelon) – Destiné à régner, il faut que tu sois ou le plus juste ou le plus coupable des hommes. (Thomas)

● Quand la conjonction et unit deux propositions coordonnées qui sont par le sens opposées l’une à l’autre, on place toujours la virgule avant la conjonction.

Exemple : La jeunesse change ses goûts par l’ardeur du sang, Et la vieillesse conserve les siens par l’accoutumance. (La Rochefoucauld)

● On doit toujours séparer au moyen de la virgule les compléments directs ou indirects des compléments circonstanciels.

Exemple : J’ai vu l’Europe transportée à l’extrémité de l’Afrique, par les soins de ce peuple avare, patient et laborieux, qui a vaincu, par le temps et la constancedes difficultés que tout l’héroïsme des autres peuples n’a jamais pu surmonter. (Jean-Jacques Rousseau)

● Si les différents termes unis par et, ni, ou, sont d’une certaine étendue, alors on les sépare au moyen de la virgule ; il en est de même lorsque et, ni, ou, sont répétés.

Exemples : - Le fier Assuérus couronne sa captive,

Et le Persan superbe est aux pieds d’une Juive. (Racine)

Tout reconnaît ses lois, ou brigue son appui. (Boileau)

● Toute proposition dans laquelle ce suivi d’une des formes du verbe être représente un ou plusieurs termes précédemment énoncés doit être précédée de la virgule.

Exemple : Le plus riche des hommes, c’est l’économe ; le plus pauvre, c’est l’avare. (Chamfort)

● La virgule se place toujours avant un verbe séparé de son sujet par une proposition incise explicative déterminative.

Exemple : Le temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l’amour. (La Bruyère)

● La virgule se place encore, dans les phrases inverses, entre le sujet  et le complément modificatif (c’est un élément qui apporte un changement, une précision au sens d’un constituant ou d’une proposition comme l’apposition et l’adjectif) qui le précède.

Exemple : Maître de lui-même, l’homme sage l’est des événements ; content de son état, il ne veut être que comme il a toujours été ; se suffisant à lui-même, il n’a qu’un faible besoin des autres, et il ne peut leur être à charge ; occupé continuellement à exercer les facultés de son âme, il perfertionne son entendement, etc. (Buffon)

● La virgule doit toujours se mettre après un sujet  dont le verbe est sous-entendu.

Exemple : Le ciel est dans ses yeux, et l’enfer, dans son cœur. (Racine)

● Son emploi est de rigueur avant une proposition elliptique commençant par et, mais.

Exemples - II occupait leur trône, et craignait leur présence. (Corneille) – Je fis beaucoup alors, et ferais encor plus. (Corneille)

● La virgule se place encore avant le second membre de toute comparaison.

Exemple : II vaut mieux s’exposer à l’ingratitude, que de manquer aux misérables. (La Bruyère)

● On met entre deux virgules toute expression ou toute proposition qu’on peut supprimer ou changer de place sans dénaturer le sens de la phrase ; tels sont les mots employés par apposition et par apostropheles compléments circonstanciels, les propositions interjetées et les propositions incises explicatives.

Exemples :  - Tremble, m’a-t-elle dit, fille digne de moi. (Racine) – Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs. (Boileau)

● Elle s’emploie entre deux propositions de peu d’étendue unies par l’une des conjonctions mais, car.

Exemples :  - II n’y a guère que du vide dans les choses de ce monde, mais il y en a moins dans l’étude qu’ailleurs. (Voltaire) – Il y a de bons mariages, mais il n’y en a point de délicieux. (La Rochefoucauld)

● Il faut mettre la virgule après tout membre de phrase qui en attend nécessairement un autre.

Exemple : Maître absolu des deux empires, Théodose rendit celui d’Occident à Valentinien, qui ne le garda pas longtemps.

● On place toujours entre deux virgules ces propositions incises (quand elles sont au milieu de la phrase) : dis-je, dit-il, répondit-il, répliqua-t-il, etc. Ces mêmes propositions sont précédées d’une virgule quand elles terminent une phrase ou un membre de phrase.

Exemples : - Le récit de mes malheurs, dit-il, serait trop long- Il est absent aujourd’hui, répliqua-t-il.

Orthographe

● Généralités

● Le nom

● L’adjectif

● Le verbe

● Accords particuliers

● Questions de langue française

● Remarques orthographiques sur quelques homonymes

● L’orthographe de quelques mots à retenir

● Rectifications orthographiques de 1990

 

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