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Alfred Abou-Sleiman (1912-1935) |
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I - Notice biographique La courte vie d'Abou-Sleiman (1912-1935) ne l'a pas empêché d'innover, de laisser son ouvrage parler de lui. Alfred Abou-Sleiman a été marqué par sa maladie incurable, par la douleur. Or, la peine a été un exutoire qui l'a aidé à magnifier la souffrance, la sacraliser. Abou-Sleiman, dans son œuvre Cendres chaudes (1945) dont les poèmes avaient été rassemblés par ses proches, relate son expérience personnelle avec l'anxiété, l'angoisse, la douleur. La mort qui l'a côtoyé est omniprésente dans ses écrits. Certes, Abou-Sleiman évoque son attachement à la poésie qui l'a aidé à supporter ses souffrances. Dans les Cendres chaudes, le poète exprime un drame
II- Choix de poème : Accalmie Assieds-toi, laisse en ton visage Un peu de grâce s'épancher. Etends ton corps sur le rivage S'il faut reprendre le voyage, Il est toujours temps pour marcher. Emplis tes yeux du frais sourire De l'aube qui vient t'effleurer. Chante aux doux accords de ta lyre, Laisse-toi voir; laisse-toi rire. Il est toujours temps pour pleurer. Serre ton rêve qui te grise. Laisse l'amour poindre et grandir En ton cœur qui s'ouvre et s'irise Cueille des fleurs, hume la brise: Il est toujours temps pour mourir. Alfred Abou-Sleiman, Cendres chaudes, Accalmie, 1945.
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