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II- La mort:
Le thème de Dieu permettait le développement du lyrisme , l'exaltation des sentiments personnels. La mort constitue un autre thème lyrique. Elle apparaît inévitable. Qu'importe alors le moment ou elle intervient? Pour Malherbe, dans la Consolation à M. du Périer, il faut donc s'y résigner, il faut l'accepter. Les pleurs et le deuil ne servent à rien. Ce n'est qu'un passage, qu'une transition, un moyen de retrouver, au-delà de la destruction du corps, le bonheur spirituel.

III- L'amour:
Le thème de l'amour est le thème lyrique par excellence. C'est un sentiment complexe. Il revêt deux aspects. Il est amour sensuel, exaltation du corps, joie de vivre: en ces temps troubles, Malherbe invite à s'y livrer sans retenue. Il est aussi amour spirituel, recherche d'un absolu, d'une communion totale. Il peut alors prendre la forme du sacrifice suprême: dans Les Larmes de saint Pierre, le Christ, pour l'amour de l'humanité, accepte la souffrance et la mort, seules capables de la sauver.

IV- La fuite du temps:
La fuite du temps, voilà pour les poètes un autre sujet de méditation: tout passe, le temps file entre les doigts, la jeunesse ne dure pas et fait bien vite place à la vieillesse, puis à la mort. La fille de M. du Périer « a vécu ce que vivent les roses/L'espace d'un matin »; peu à peu, « les rides nous viennent ». Dans ces conditions, que faire? Vivre, profiter de la vie. Le constat pessimiste débouche presque inévitablement sur une conception épicurienne. Malherbe approuve le comportement naturel des bergères et des bergers: « C'est chez eux qu'amour est à son aise ».

V- La nature:
Le poète lyrique aime la nature. Il y trouve une permanence, un repère, dans ce monde où il se sent dépendant de la fuite du temps: elle est, à la fois, le règne du changement et de la durée, alors qu'il est condamné à ne disposer que du changement.
Le poète entretient avec la nature des rapports complexes. Souvent, au XVIIe siècle, il la personnifie et voit en elle comme une alliée de l'homme, avec lequel elle compatit, elle s'émeut on se réjouit. Elle reflète, en quelque sorte, les sentiments de celui qui la contemple. Il s'agit déja de la nature-état d'âme que les romantiques décriront plus tard. Dans Les Larmes de saint Pierre, la nature participe à la douleur de l'apôtre, les oiseaux ne chantent plus, le soleil lui-même hésite à se lever, parce qu'il sait qu'il va faire naître le jour de la crucifixion de Jésus. Mais si elle est compatissante, elle ne peut guère aider celui qu'elle voit souffrir, elle est impuissante à le soulager de sa douleur.
Compagne des mauvais jours, la nature est aussi, heureusement, l'amie des bons moments. Riante, parsemée de fleurs, ensoleillée, elle accompagne les plaisirs, constitue un environnement harmonieux, propice à l'exaltation des sens, et Malherbe note: « Toute chose aux délices conspire ».
Associée à la vie de l'homme, la nature offre également un spectacle. Le poète s'y complaît. Il est avide de ces mille impressions qu'il reçoit. Tous ses sens sont en éveil, ouverts aux couleurs, aux sons, aux parfums.

VI- La guerre et la paix:
Il n'est pas surprenant, en ces temps troublés, de constater l'importance des thèmes de la guerre et de la paix. ils dominent dans la poésie d'inspiration politique. Malherbe les développe longuement dans Prière pour le roi allant en Limousin et dans son Ode à la reine sur les heureux succès de sa régence.
lls sont traités sur le mode de l'opposition rigoureuse. D'un côté, la guerre est dépeinte comme cause de toutes les cruautés et de toutes les injustices, comme la source de tous les maux, comme un instrument de mort et de destruction. De l'autre côté, la paix apparaît comme une bénédiction, comme une sorte d'âge d'or où règnent l'entente entre les hommes, la prospérité. Et seul le pouvoir légal, celui du roi ou celui de la régente, avec l'appui de Dieu, est capable d'assurer cette paix souhaitée.

:: Coup de cœur
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