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II- Un maître de la nouvelle:
Auteur prolifique, Mérimée doit surtout sa célébrité à des nouvelles d'inspiration très diverse, écrites dans un style remarquable de concision. La plupart d'entre elles sont d'abord publiées en revue (notamment dans la célèbre Revue des Deux Mondes). Paraissent ainsi en 1829 l'Enlèvement de la redoute, Mateo Falcone et Tamango.
En écrivant les Âmes du purgatoire (1834), qui reprend le mythe de Don Juan, Mérimée s'oriente vers la nouvelle fantastique, un genre où il atteint la perfection avec la Vénus d'Ille (1837), qu'il considère comme son chef-d'œuvre. Cette nouvelle , qui raconte à mots voilés le meurtre d'un jeune homme par une statue antique, représente effectivement une excellente illustration du récit fantastique et de l'« inquiétante étrangeté » qui le caractérise. Mérimée persiste dans cette voie avec deux autres nouvelles , Lokis (1869), qui s'inspire d'une légende lituanienne (l'histoire d'un monstre né d'une femme et d'un ours), et la Chambre bleue (posthume, 1873).
Parmi ses autres réussites, on peut citer Colomba (1840), récit écrit au retour d'une mission archéologique en Corse et qui raconte une histoire d'honneur et de vendetta. C'est cependant Carmen (1845), inspirée par ses voyages en Espagne, qui reste son œuvre la plus connue. Cette nouvelle, dans lequel José Navarro raconte comment l'amour d'une gitane l'a conduit au banditisme puis au meurtre, est une variation tragique sur le thème de la déchéance par l'amour, et d'une certaine manière, une satire des idéaux romantiques.
On doit par ailleurs à Mérimée une importante correspondance (qui a fait l'objet d'éditions posthumes), des notes de voyage (consacrées à l'ouest de la France, à l'Auvergne, au Limousin et à la Corse), des ouvrages d'érudition historique et des traductions (d'écrivains russes notamment).
L'œuvre de Mérimée a fait l'objet de nombreuses adaptations musicales, théâtrales, chorégraphiques et cinématographiques, parmi lesquelles le film le Carrosse d'or de Jean Renoir, d'après la pièce le Carrosse du Saint-Sacrement (1829), et surtout le fameux opéra adapté de Carmen par Georges Bizet.

Prosper Mérimée
Le Théâtre de Clara Gazul (1825)
La Guzla (1827)
La Jacquerie, La Famille Carvajal (1828)
Chronique du règne de Charles IX, Mateo Falcone, Vision de Charles XI, L'Enlèvement de la Redoute, Tamango (1829)
Le Vase étrusque (1830)
Quatre « Lettres d'Espagne » (1831)
Mosaïque, La Double méprise (1833)
Les Âmes du purgatoire (1834)
Notes de voyages (1835 - 1840)
La Vénus d'Ille (1837)
Colomba (1840)
Arsène Guillot (1844)
Carmen (1845)
La Littérature en Russie, Nicolas Gogol (1851)
Épisode de l'Histoire de Russie, Les Faux, Démétrius (1852)
Lokis, Djoumane (Posthume, 1869)
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Prosper Mérimée
[...] l'énergie, même dans les mauvaises passions, excite toujours en nous un étonnement et une espèce d'admiration involontaire. (La Vénus d'Ille)
Je n'aime dans l'histoire que les anecdotes.
Souviens-toi de te méfier.
Il n'y a rien de plus odieux pour une femme que ces caresses qu'il est presque aussi ridicule de refuser que d'accepter. (La Double Méprise)
Comme tous les hommes, il était beaucoup plus éloquent pour demander que pour remercier. (La double méprise)
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