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Les solécismes |
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On appelle solécismes les fautes contre l'accord ou le régime des mots. Si deux mots doivent s'accorder et qu'on ne les accorde pas, c'est un solécisme d'accord, ou une discordance : telle serait l'expression un joli bergère, puisque bergère étant du féminin, l'article un et l'adjectif joli doivent être du même genre.
Il y a solécisme de régime quand on donne à un mot un complément qu'il ne peut recevoir. Ainsi digne demande la préposition de devant son complément : digne d'un prix. Ce serait un solécisme de régime d'employer la préposition pour, et de dire digne Les solécismes de régime ne sont pas moins variés que les solécismes d'accord ; ils consistent surtout en ce qu'on a employé à tort une forme des mots variables, qu'on a retranché une préposition nécessaire, ajouté une préposition inutile, mis une préposition pour une autre, fait des fautes semblables sur les conjonctions, et admis un mode d'un verbe quand la syntaxe en demandait un autre. Exemples : « Donnez-lui tout ce qu'il a besoin » avoir besoin ne peut régir que. La phrase est donc fautive. Le livre à mon frère, pour le livre de mon frère ; habile à la musique, pour habile dans la musique ; curieux pour voir, au lieu de curieux de voir, nous donnent des exemples de prépositions mises pour d'autres, et, par conséquent, de solécismes de régime. C'est encore une faute de régime de donner à un mot un complément qu'il ne peut avoir. « J'aime davantage le vin que la bière » en offre un exemple. Davantage, depuis bien longtemps, ne sert plus pour premier terme d'une comparaison quand le second est exprimé. Il fallait dire j'aime plus.
2. Le solécisme dans le nombre Il y a solécisme dans le nombre quand on met le singulier pour le pluriel, soit qu'on rapporte ainsi l'un à l'autre deux mots de nombre différent, soit que l'un des deux exigeant nécessairement l'un de ces nombres pour le déterminer, on mette l'autre mal à propos. Ceux qui disent j'avons, j'étions, tombent dans ce vice de langage, puisqu'ils relient un sujet singulier à un verbe pluriel.
3. Le solécisme dans la personne II y a solécisme dans la personne quand le verbe ne s'accorde pas avec son sujet. Celui qui écrit tu aime sans s, ou il faisais, ou ils faisions, donne des exemples de cette faute.
Exemple : « Pensant mal de tout le monde, je n'en dis de personne, » n'est pas une phrase correcte ; en est un mot relatif invariable qui signifie de cela. Il ne peut se rapporter qu'à un substantif ou à une proposition complète, et ici il se rapporte à mal, qui est pris adverbialement dans la première phrase. Il fallait mettre : « Pensant du mal de tout le monde, je n'en dis de personne. »
Outre ces fautes, qui sont des solécismes formels, il y en a d'autres encore qui, bien qu'elles ne dépendent pas de la violation d'une règle absolue, ne sont pas moins considérables eu égard à l'ensemble de la phrase : ce sont les mauvaises inversions, les constructions embarrassées, équivoques, obscures, dans lesquelles le mot n'est pas vicieux lui-même ; la phrase l'est assurément au plus haut degré. Exemples : Une bonne santé je vous souhaite, au lieu de je vous souhaite une bonne santé ; cette salle peut cent personnes, au lieu de peut contenir cent personnes. Il y a dans le premier exemple une inversion, dans le second une ellipse, ou retranchement que rien ne justifie ; ce sont des fautes de construction très grossières. Nous n'avons pas de nom générique pour cette espèce de faute, et on la désige par le terme de phrase vicieuse, phrase mal construite, ou par le nom même du vice qu'on y remarque, tel que mauvaise inversion, mauvaise ellipse, ambiguïté, obscurité, équivoque.
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