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II- Les types de phrases:
1. Phrase verbale et phrase nominale:
1.1. La phrase verbale:
Elle s'organise en général autour d'une information en suivant la structure simple: groupe sujet + groupe verbal + complément.
Exemple: Gervaise avait repris son panier. (Zola)
La phrase verbale simple est présente dans tous les types de textes. Sa fréquence est néanmoins plus grande dans les écrits de vulgarisation: article de journal, mode d'emploi, titres, slogans, publicité.
1.2. La phrase nominale:
La plupart du temps, elle repose sur un nom qui devient, à la place d'un verbe, la base de la phrase.
Exemple: Premier voyage, New York. (Blaise Cendras)
Ou bien, il existe des phrases non verbales reposant sur un adjectif, ou un adverbe.
Exemple: Extraordinaire, ce voyage! --- Doucement, les enfants!.
La phrase nominale permet des raccourcis saisissants. Elle est employée, par exemple, pour accélérer le déroulement d'un récit lorsque les événements se précipitent. On trouve des phrases nominales dans des énoncés exclamatifs ou interrogatifs (Quelle horreur! --- Quelle histoire?), des titres ou bien des slogans (Le parfum. Légal, le goût).
Effets stylistiques de la phrase nominale: L'accélération, le raccourci permettent de traduire avec force une idée ou une émotion.
2. Phrase simple, composée et complexe:
2.1. La phrase simple:
Elle s'organise autour d'un verbe, de son sujet et de ses éventuels compléments.
| Les feuilles de vigne |
dessinaient |
leurs ombres |
sur le sable (Flaubert) |
| Sujet |
Verbe |
C.O.D. |
Ct. circ. de lieu |
Elle consiste à former des mots en ajoutant à une base des préfixes et des suffixes.
— Le préfixe se place avant le mot de base. Il change la signification du mot.
2.2. La phrase composée:
C'est une phrase formée de deux ou plusieurs propositions indépendantes. Celles-ci peuvent être coordonnées, juxtaposées ou elliptiques(on dit alors qu'elles sont construitres en parataxe).
Exemple: Vous n'êtes point gentilhomme, vous n'aurez pas ma fille. (Molière)
2.3. La phrase complexe:
Elle s'organise autour d'une information principale sur laquelle se greffent tous les éléments indispensables à sa compréhension. La structure de la phrase complexe, malgré quelques variantes, respecte le schéma suivant: proposition principale + propositions subordonnées. Elle est présente dans tous les types de textes; mais la phrase complexe est une des constantes du style littéraire.
Exemple:
| Marie a voulu |
que nous nagions ensemble. (Camus) |
| Proposition principale |
Proposition subordonnée |
Les différentes propositions subordonnées sont:
Les propositions subordonnées relatives: Introduites par un pronom relatif, elles complètent un nom ou un pronom (leur antécédent) à la manière d'un adjectif qualificatif.
Exemple: Vous vous êtes rendus les esclaves des hommes frivoles que vous avez vaincus. (Rousseau)
Les propositions subordonnées conjonctives: Introduites par une conjonction - ou une locution conjonctive - (que, pour que, quand, quoique, etc.), elles sont:
Proposition complétive: on la trouve après des verbes de déclaration, de perception, de pensée, de sentiment.
Exemple: Je crois que vous vous trompez.
Compléments circonstanciels. Elles expriment les circonstanciels de l'action: le temps, le lieu, le but, la cause, la conséquence, la concession, l'opposition, la condition, la comparaison.
Exemple: Peut-être m'aimeriez-vous moins quand nous nous connaîtrons mieux. (Marivaux)
Consulter les différentes propositions subordonnées.
La valeur stylistique de la phrase complexe: La phrase complexe, souvent plus étendue que la phrase simple, permet de donner plus de subtilié au discours. Elle établit, grâce à la relation entre la principale et les subordonnées, des rapports temporels ou logiques entre une information principale et des informations secondaires ou entre une idée et des arguments. Lorsque la phrase complexe se développe dans un discours oral ou écrit en un vaste ensemble formé de nombreuses propositions et soumis à des lois de composition logique et rythmique, on parle de période.

3. La période:
On appelle période une phrase longue composée de plusieurs propositions dont l'ensemble respecte un équilibre de contenu et de construction. On la trouve en général dans les discours d'argumentation. La difficulté pour un lecteur consiste à saisir, au fur et à mesure de sa lecture, la relation d'une proposition à une autre sans perdre de vue la signification de l'ensemble.

III- L'ordre des termes dans la phrase:
1. Des modifications expressives:
L'ordre normal de la phrase (Sujet - Verbe - Complément) peut être modifié à des fins expressives: mise en valeur d'une information, d'une émotion, d'une idée, imitation du langage parlé, effet de surprise par rupture du rythme.
Exemples de procédés:
1.1. L'antéposition d'un complément:
C'est un procédé par lequel on fait avancer un complément parce qu'il est aux yeux de l'écrivain le groupe de mots le plus important de la phrase.
Exemple: Moi d'abord la campagne [...], j'ai jamais pu la sentir. (Céline)
1.2. La postposition du sujet:
C'est le fait de reculer le sujet.
Exemple: Les armes au matin sont belles et la mer. (Saint-John Perse)
1.3. L'inversion:
Dans ce cas, on fait inverser des groupes de mots ou des syntaxes pour mettre en relief un terme de la phrase.
Exemple: Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille. (Musset)
1.4. La mise en relief (ou l'emphatique):
Comme le titre le dit, ce procédé fait apparaître les termes importants de la phrase par l'emploi des présentatifs: « c'est ...que », « voilà ... qui », « il y a / il est ... que »..., l'utilisation de « pour », « quant à »..., en répétant par un pronom personnel...
Exemple: C'est une chose que j'ai résolue. (Molière)

2. Le thème et le propos:
2.1. Le thème:
On appelle thème l'élément de la phrase à propos duquel on apporte une information nouvelle (le propos).
Le thème précède l'information nouvelle, et se situe au début de la phrase. Dans la phrase déclarative, c'est le GN (groupe nominal) sujet qui occupe généralement la place du thème, à la gauche du verbe principal.
Quand le thème reprend une information précédemment donnée, on peut considérer qu'il est connu du destinataire. Ce n'est pas toujours le cas: le thème peut comporter plusieurs éléments, plus ou moins connus. On distingue alors le thème principal et le thème secondaire.
Exemple:
| L'étoffe |
qu'il avait vue sur plusieurs femmes |
attira son regard. (Aragon) |
| Thème principal (connu) |
Thème secondaire |
Propos |
2.2. Le propos:
De manière générale, le propos est le dernier groupe de la phrase. Il fait progresser le texte en fournissant les informations nouvelles. Il peut donc répondre à une question.
Les groupes de mots constituant le propos répondent à des interrogations partielles: qui? quoi? quand? pourquoi? où? (les 5 W) comment? de quelle manière? par quel moyen? dans quel but?...
Exemple: Je demeurai longtemps errant dans Césarée (Aragon) répond à la question: Où Antiochus demeura-t-il longtemps?
Selon la question posée, le verbe fait partie du propos:
Exemple: En quelle saison Aurélien et Bérénice se rencontrenr-ils? --- Ils se rencontrent en plein hiver. (Aragon)
L'information nouvelle ne comprend pas le verbe, qui fait partie de la question.
Mais dans l'exemple qui suit, l'information nouvelle inclut le verbe, qui fait ainsi partie du propos: Que fait Aurélien? --- Aurélien vend des tableaux. (Aragon)

IV- Les modalités de la phrase:
On peut distinguer quatre modalités de phrases, qui correspondent à quatre intentions différents de celui qui parle.
1. La phrase déclarative:
Elle formule une déclaration, elle énonce un fait vrai, faux, supposé, affirmé ou nié. C'est pour cela, elle peut être affirmative (Cécile est contente), négative (Cécile n'est pas contente), dubitative (Je doute que Cécile soit contente) ou emphatique (C'est Cécile qui va être contente). En plus, elle est caractérisée par une intonation montante, puis descendante.

2. La phrase interrogative:
Elle exprime une question, une demande. Elle est souvent caractérisée par l'emploi de pronoms interrogatifs surtout lorsque la réponse à la question posée est autre que OUI ou NON (cependant l'interrogation est dite partielle), par l'inversion de l'ordre Sujet / Verbe, par une intonation ascendante, par un point d'interrogation (?).
Exemple: Quelles sont ces mœurs efféminées?. (Rousseau)
Certaines interrogations sont des affirmations déguisées on les appelle interrogations rhétoriques ou oratoires
Consulter les figures de style.
Exemple: Les esprits forts savent-ils qu'on les appelle ainsi par ironie?. (La Bruyère)
Elles peuvent aussi être des ordres atténués.
Exemple: Pouvez-vous passer à mon bureau? (= passez à mon bureau)

3. La phrase exclamative:
Elle est caractérisée par l'emploi de pronoms exclamatifs et par une intonation descendante.
Elle peut traduire la joie ou la tristesse, la fierté ou l'étonnement, l'indignation ou la colère et l'intensité du sentiment.
Exemple: Que vous êtes joli!
Elle peut prendre plusieurs formes autre que la phrase:
une interjection, une onomatopée (description d'un son): Quoi! Oh! Cocorico! Clac!...
un mot: Moi! Voler!...
un groupe de mots: Mon Dieu! Cinq kilos!...

4. La phrase impérative (ou injonctive):
Elle énonce un ordre (commandement, conseil, souhait). Elle peut employer:
l'impératif: Hâtez-vous!
l'infinitif: Copier l'exercice.
le subjonctif: Qu'elle range sa chambre.
des mots, des interjections: Silence! Stop! Attention!...
en plus de ces emplois, la phrase injonctive peut utiliser le présent et le futur de l'indicatif (Tu ranges[eras] ta chambre), une fausse interrogation (Veux-tu ranger ta chambre!) et enfin certains verbes de volonté (J'exige que tu ranges ta chambre).

5. Les types facultatifs:
En fonction du message que l'on veut communiquer, on peut associer au type obligatoire choisi (déclaratif, exclamatif, impératif) un ou plusieurs types facultatifs combinables entre eux:
La forme négative: on nie quelque chose: Patrick ne range pas sa chambre.
La forme emphatique (ou mise en relief): on insiste sur un élément du message: C'est Patrick qui range sa chambre.
La forme passive: où le sujet devient un complément d'agent: La chambre n'est pas rangée par Patrick.

V- Le rythme de la phrase:
| Rythme binaire |
Les deux membres de la phrase ont la même construction.
On obtient une symétrie qui permet le parallélisme ou l'opposition des idées.
Exemple: Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer. (Musset) |
| Rythme ternaire |
Les trois membres de la phrase ont la même construction.
On obtient un effet de parallélisme ou de simultanéité.
Exemple: Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre, et j'ai fait le tour de ma vie. (Chateaubriand) |
| L'accumulation |
Une série de compléments ou de propositions se succèdent pour donner par exemple une impression de foisonnement ou d'accablement.
Exemple: Quand elle s'est assurée que le silence règne aux alentours, elle retire succesivement des profondeurs de son nid, sans le secours de la méditation, les diverses parties de son corps et s'avance à pas comptés vers ma couche. (Lautréamont) |
| La progression |
À l'intérieur de la phrase, les propositions d'abord courtes deviennent de plus en plus longues: effet d'amplitude. |
| L'alternance |
À l'intérieur d'une même phrase, des propositions courtes alternent avec des propositions longues. Les propositions courtes insistent sur les données catégoriques du discours, les longues sur les méandres du sentiments, de l'idée. |

VI- Les transformations de la phrase:
1. La transformation infinitive:
La transformation infinitive est la réduction à l'infinitif d'une proposition subordonnée, sans modification du sens de l'énoncé. On peut ainsi réduire une propositon complétive et une proposition relative:
Exemple: Son principal talent était qu'il savait démêler la vérité ---- Son principal talent était de savoir démêler la vérité. (Voltaire)
On entend les envieux qui protestent ---- On entend les envieux protester. (Voltaire)
1.1. Les procédés utilisés:
La transformation infinitive consiste à:
effacer le sujet de la subordonnée quand il est le même que le sujet de la propositon principale
effacer le mot subordonnant
remplacer la forme conjuguée du verbe par l'infinitif
ajouter de si c'est nécessaire.

2. La transformation participe:
La transformation participe consiste à réduire le verbe conjugué d'une proposition subordonnée à un participe présent ou à un participe passé, sans modification du sens de l'énoncé.
Exemple: Lequeu, qui paraissait rouge et maussade, servit de secrétaire ---- Lequeu, paraissant rouge et maussade, servit de secrétaire.

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