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Pierre Reverdy 1889-1960 |
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Plan de la page
I- De la Montagne Noire à Montmartre II- L'expérience cubiste : « Il parlait peinture comme nous » III- L'initiateur du mouvement surréaliste IV- L'isolement ou « le pas vers Dieu »
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I- De la Montagne Noire à Montmartre Pierre Reverdy, déclaré « né de père et de mère inconnus » le 13 septembre 1889 à Narbonne, descend d'une famille de tailleurs de pierre d'église et de sculpteurs. Cette activité familiale liée à la pierre laisse une empreinte considérable sur sa poésie, tant du point de vue de l'inspiration que de la disposition typographique. Placés sous le signe du mystère, ses poèmes sont disposés sur l'espace de la page de façon massive et géométrique. Il écrira plus tard dans Le Livre de mon bord : « Le poète est maçon, il ajuste des pierres ». Par ailleurs, les paysages de la Montagne Noire qui entourent le domaine familial laissent également leur trace à travers l'évocation des paysages extérieurs et de l'horizon, les deux motifs majeurs de sa poésie. Avant de se consacrer à la poésie, Reverdy effectue des études médiocres à Narbonne et à Toulouse tout en manifestant très tôt une prédilection pour la littérature : il lit Balzac, Rimbaud et les symbolistes. Ses parents se remarient en 1897, deux ans avant le décès brutal de son père, ruiné par la crise viticole. Ce n'est qu'à l'âge de vingt deux ans que Pierre Reverdy est reconnu par sa mère. Lorsqu'il débarque en octobre 1910 à la gare d'Orsay, il envisage de découvrir la vie artistique parisienne. Installé à Montmartre, il vit dans des conditions précaires mais rencontre rapidement ses voisins, parmi lesquels des peintres cubistes (Juan Gris, Picasso, Braque, Fernand Léger), des sculpteurs (Pablo Gargallo, Henri Laurens) et des poètes (Max Jacob, Apollinaire). Ces diverses amitiés marquent l'aube d'une intense expérience artistique.
II- L'expérience cubiste : « Il parlait peinture comme nous » Tel est le constat que le peintre Braque fait à propos de la proximité spirituelle de Pierre Reverdy avec le cubisme. Ce courant artistique, qui s'est développé de 1907 à 1914, intéresse particulièrement Reverdy qui prend part aux débats et aux échanges des artistes cubistes de son entourage. Entre les années 1912 et 1914, il collabore à la revue Les soirées de Paris dirigée par Apollinaire. Réformé quelques mois après s'être engagé dès la déclaration de guerre, il devient correcteur dans une imprimerie. En 1915, il publie son premier recueil, Poèmes en prose, illustré par le peintre cubiste Juan Gris. Les années qui suivent cette publication sont une période très féconde de création poétique : La Lucarne ovale, publiée en 1916, suivie en 1918 du recueil Les Ardoises du toit lui valent l'estime de son entourage par le style dépouillé qu'il y déploie ainsi que l'abandon du vers régulier et de la strophe. Une querelle avec son ami Max Jacob lui inspire en 1917 le roman poétique Le Voleur de Talan dans lequel s'affrontent le Voleur et le Mage Abel. La même année, grâce au soutien du couturier mécène Jacques Doucet, Pierre Reverdy fonde la revue Nord-Sud à laquelle collaborent nombre de ses amis, comme Apollinaire, Max Jacob ou Paul Dermée. Reverdy entend rompre avec le symbolisme et dégager une esthétique nouvelle en regroupant au sein de Nord-Sud les efforts de ces poètes et écrivains de l'avant-garde. |
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