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III- Tout est digne d'être dit:
Les jeunes écrivains qui tentent, vers les années 1850, de se faire connaître dans les milieux littéraires parisiens sont des provinciaux sans ressources ni recommandations, désireux à la fois de se forger un nom et une identité repérable. Ils admirent les romantiques, mais aussi la peinture sociale à la Balzac. Autour du peintre Courbet se retrouvent, entre autres, Champfleury (le Chien-caillou, 1847, encensé par Baudelaire), Buchon et Duranty (journal le Réalisme en 1856-1857).
Flaubert, les frères Goncourt, Zola partagent ensuite les mêmes convictions: la littérature ne doit pas se cantonner dans ce qui était autrefois considéré comme conforme à la bienséance, mais elle doit tout montrer: bourgeois et ouvriers, provinciaux, prostituées et femmes déçues par le mariage figureront parmi leurs objets d'étude. Le roman de Flaubert, Madame Bovary, est d'ailleurs condamné l'année même de sa publication, en 1857, pour son « réalisme grossier et offensant pour la pudeur ».

IV- Les divers courants:
Le réalisme français des années 1850 connaît des échos à la fois ultérieurement et dans d'autres pays. Le naturalisme de Zola est ainsi une sorte de réalisme qui donne à la littérature le modèle de la science.
Le vérisme italien se développe dans les trente dernières années du XIXe siècle et a pour principal représentant Giovanni Verga (les Malavoglia, 1881).
Les auteurs russes, sans jamais former d'école, se montrent attentifs à la situation sociale dans leur pays (Dostoïevski, Tolstoï, Gorki).
Dans le domaine anglo-saxon, Henry James, Thackeray, Thomas Hardy, entre autres, incluent dans leur œuvre des éléments réalistes.
S'il est un moment révolu de la sensibilité littéraire dominante, le réalisme a eu des répercussions sur le roman du XXe siècle et a servi de référence à une opération de déconstruction (l'œuvre du soupçon, Nathalie Sarraute, 1956)

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