I- Introduction
Un récit fantastique est particulièrement difficile à écrire, mais passionnant à inventer.
Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons, se produit un événement inexplicable. Celui qui assiste à cet événement doit opter pour l'une ou l'autre solution possible :
ou bien il s'agit d'une illusion, d'un produit de l'imagination, et les lois du monde restent alors ce qu'elles sont (explication rationnelle).
ou bien l'événement a réellement eu lieu, mais alors sa réalité est réglée par des lois inconnues de nous (explication surnaturelle).
II ne faut pas confondre fantastique, merveilleux et science-fiction. Le merveilleux implique un monde féerique qui s'oppose au monde réel sans en détruire la cohérence. Le lecteur ne s'interroge jamais sur l'existence possible des événements surnaturels évoqués, car il sait très bien qu'il ne doit pas les prendre au sérieux (contes). La science-fiction est un type de récit très particulier : le lecteur ne doit jamais douter des faits qu'on lui présente. II doit éviter de critiquer : plus il croira, plus il aura de plaisir à la lecture.
L'attitude du lecteur est tout à fait opposée dans un récit fantastique : il doit douter perpétuellement des faits qu'il perçoit.

II- Les motifs fantastiques
Le plaisir de lire un récit fantastique, c'est le plaisir de se faire peur. L'auteur, lui, présente les événements sans y croire lui-même, bien entendu !
« Je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur » : tout le fantastique sort de là !
Quels sont les moyens de faire peur ?
Les personnages
Spectres, morts-vivants, fantômes, vampires, loups-garous, doubles, Diable, monstres, possédés, automates animés, pôupées vivantes...
Les lieux
Souterrains, labyrinthes, tombeaux, châteaux hantés, échafaud, montagnes perdues, cimetières, ruelles ténébreuses, chambres secrètes...
L'époque
La nuit, l'aube, le crépuscule, le brouillard : toutes les heures troubles où la vision est perturbée.
Les thèmes
Cauchemars, délires, sortilèges, rêves, pactes avec le démon, vengeances de défunts...

III- Qui raconte le récit ?
Un récit fantastique est presque toujours écrit à la première personne du singulier, ce qui permet une identification du lecteur au narrateur, gage de plus grande efficacité pour créer la peur !
Vous pouvez choisir de faire raconter votre récit :
Par un témoin objectif
C'est quelqu'un d'autre que le héros, qui en sait autant que lui, mais qui parle à sa place, soit quand celui-ci n'a pas le temps de le faire, soit que l'aventure fait conduit à la mort ou à la folie (exemple : La Vénus d'Îlle, de Mérimée).
Ce témoin observe, note, explique à la première personne. Il souligne la disproportion, le décalage entre l'événement fantastique et le monde réel.
C'est fréquemment un savant, un professeur, un médecin, un détective. Mais, bien souvent, il cède la place au héros grâce à un artifice, comme la découverte de documents personnels : notes, journal intime.
Par le héros lui-même
Celui-ci peut raconter l'histoire beaucoup plus tard, une fois le calme, l'apaisement venus. Dans ce cas, le fantastique peut être légèrement teinté d'humour. Il est beaucoup moins ténébteux et effrayant (exemple : Le Pied de momie, de Gautier).
Le héros peut, au contraire, écrire la suite des événements au fur et à mesure qu'ils se produisent, dans un journal intime, par exemple. On peut alors constater l'accroissement du trouble, de la folie, jusqu'à la catastrophe finale, ce qui est tout à fait effrayant (exemple : Le Horla, de Maupassant). Dans ce cas, pour que l'identification au lecteur soit plus intense et plus facile, le héros est faiblement caractérisé et peu décrit.
