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Espace Analyses:

Outils pour analyser un texte

Partie constituée de 2 pages

 
   

 

 

 

Sommaire:

 

II- Les types de textes (les formes du discours)

Le texte narratif

Le texte descriptif

Le texte argumentatif

Le texte explicatif

Le texte informatif

Le texte injonctif

le texte expressif

 
III- Les genres de textes

Le genre poétique

Le genre romanesque

Le genre dramatique

L'essai

le pamphlet

la lettre

l'autobiographie

   
Page 2
IV- Texte et contexte

L'importance du contexte

Le texte et l'œuvre

 
VI- Le système énonciatif

Enoncé et la situation d'énonciation

Les marques de l'énonciation

Le système énonciatif

   
VII- Le discours rapporté

Le discours direct

Le discours indirect

Le discours indirect libre

 

 

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V- Texte et contexte:

1. L'importance du contexte:

Pour mieux lire et comprendre un texte littéraire, il est utile de le mettre en perspective avec tout ce qui constitue son contexte.

1.1. L'écrivain dans l'histoire:

Tout en dépassant le cadre limité de son époque, un écrivain appartient à une période historique, au cours de laquelle il a réagi. Il convient de savoir situer l'écrivain dans son temps, surtout lorsque son œuvre est devenue inséparable d'un certain contexte politique, idéologique et social.
Situer les écrivains chronologiquement les uns par rapport aux autres permet en outre de comprendre des filiations, les influences qu'ils ont pu exercer ou subir, leur rejet parfois de ce qui a précédé.

 

1.2. Le contexte artistique et littéraire:

Il importe de savoir situer un texte ou une œuvre dans un mouvement artistique afin de comprendre de quelle façon l'écrivain se rattache à ce courant ou quelle marque personnelle il lui imprime. On reliera ainsi Victor Hugo et le romantisme, Zola et le naturalisme.
Mais il faut être prudent dans cette comparaison. Si la connaissance d'un mouvement littéraire permet d'éclairer une œuvre, on ne doit pas oublier que ce sont les œuvres elles-mêmes et leur inspiration commune qui permettent de définir ce que nous voyons aujourd'hui comme un courant, un mouvement, une école.

 

1.3. Les références culturelles:

Comprendre un texte, c'est aussi être capable d'identifier les références qui s'y trouvent. Un écrivain est porteur d'une culture et son œuvre en est souvent le reflet. Sa création s'appuie sur des références conscientes ou inconscientes, que le lecteur doit s'efforcer de partager.
Lorsqu'un texte a pour cadre une période historique, proche ou lointaine, on doit chercher à élucider les événements auxquels il se réfère, afin de pouvoir se repérer dans le contexte évoqué.

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2. Le texte et l'œuvre:

2.1. La place du texte dans l'œuvre:

Un texte fait généralement partie d'un ensemble plus vaste que lui: un recueil poétique, un roman, une pièce de théâtre. De la place qu'il occupe dans l'œuvre, l'extrait tire des caractères particuliers. En tenant compte de cette situation, l'analyse pourra mettre en évidence les traits spécifiques du texte.
Une première page de roman ou les premières scènes au théâtre apportent les informations nécessaires à la lecture (l'identification des personnages, le cadre spatio-temporel dans lequel l'action prendra place...). Ces « incipits », ces scènes d'exposition, annoncent souvent aussi les événements à venir, et cela de façon explicite, implicite ou symbolique.
Comparer deux passages d'une même œuvre permet de percevoir l'unité thématique de l'ensemble. Deux poèmes d'un même recueil peuvent, par exemple, se faire écho par leurs images ou par leur forme. La mise en parallèle de deux textes peut aussi faire apparaître une structure récurrente à l'intérieur d'une même œuvre, ou bien elle peut aider à mesurer l'évolution d'une situation ou d'un caractère. A titre d'exemple, on peut rapprocher l'état initial et l'état final d'un récit, examiner la transformation qui s'est opérée et interpréter les éléments comparables.

 

2.2. Le texte et l'œuvre:

Le texte est souvent accompagné d'informations qui aident à le comprendre. Ces données extratextuelles, appelées aussi le paratexte, peuvent être:
— une courte introduction,
— des notes,
— la date et les circonstances de la publication de l'œuvre,
— des renseignements biographiques sur l'auteur.
Ces repères permettent d'éviter les contresens, les anachronismes, les interprétations faussées. Parfois, ils doivent aussi être exploités pour guider l'analyse.
Le titre de l'œuvre dont il est tiré peut éclairer le sens d'un texte et d'autre part, les sous-titres, comme les divisions dans un recueil poétique ou dans un essai, et le titre des chapitres dans un roman, enrichissent souvent l'analyse.

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V- Les tonalités:

 

 

Le ton (la tonalité)

Définition Procédés utilisés
Le ton comique
Il provoque l'amusement, le rire. Les formes du comique jouent sur la fantaisie verbale, la caricature, l'effet de surprise ou le raisonnement par l'absurde. (se trouve dans les comédies).
Jeux de mots, de sonorités, répétitions, énumérations, comparaisons amusantes, noms inventés ou déformés, exagérations, propos absurdes, familiers, antiphrases, oppositions...
Le ton ironique
Il dénonce au second degré quelque chose d'inacceptable. Il critique d'une manière indirecte. Une convenence s'établit entre l'auteur et le lecteur. (se trouve dans les comédies et les textes argumentatifs).
Antiphrases, juxtapositions, exagérations, atténuations déconcertantes, mots à valeur négative, périphrases et appellations insolites...
Le ton tragique
Il suscite une émotion née de la conviction intime qu'il n'y a plus d'issu. Il exprime le pessimisme, la marche inéluctable d'un destin fatal qui voue l'homme à la mort. (se trouve dans les tragédies)
Champs lexicaux de la mort, de la souffrance, des passions destructrices (la haine, l'amour, la jalousie...), des sentiments héroïques; alexandrins...
Le ton pathétique
Il déclenche un sentiment d'attendrissement ou de compassion et cherche parfois à émouvoir jusqu'aux larmes. Le ton pathétique inspire la pitié face à des souffrances ou des situations inhumaines. (se trouve dans les tragédies, les poèmes ou romans romantiques...)
Champs lexicaux des larmes, de la douleur, nombreuses exclamations, lamentations, métaphores et comparaisons à forte charge émotive, l'adoption du point de vue des victimes...
Le ton lyrique
Il crée entre l'auteur et le lecteur le même état d'âme. Il évoque, de façon exaltée ou méditative, des sentiments intimes communs à tous les hommes.
Champs lexicaux des sentiments (regret, tristesse, joie, passion...), présence du je/tu/vous, ponctuation expressive, langue soutenue...
Le ton oratoire
Il entraîne l'adhésion du lecteur, le persuade de la validité d'une thèse, d'une analyse. Il le pousse à agir en communiquant une sorte d'enthousiasme. (se trouve dans les articles de presse, discours, textes argumentatifs, les conférences...)
Emploi massif du je/ nous/ vous, interrogations et apostrophes, questions oratoires (voir les figures de style), anaphores, images, impératifs, phrases amples (longues et complexes) ayant un rythme périodique...
Le ton didactique
Il veut expliquer et définir le discours du maître qui a comme but d'instruire et d'enseigner. On peut le dégager des textes explicatifs, des modes d'emploi, des recettes...
Emploi fréquent des deux points " : ", des explications, des exemples, des citations, lexiques spécialisés, composition logique, emploi des marques de l'énonciation je/tu...
Le ton polémique
Il vise à critiquer agressivement et se dégage surtout des textes argumentatifs et peut se lier parfois avec la tonalité oratoire.
Modalisateurs, antithèses, parallélismes, chiasme...

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VI- Le système énonciatif:

1. Enoncé et la situation d'énonciation:

On appelle énoncé tout message oral ou écrit produit par un locuteur. L'énonciation est l'action qui a pour résultat la production de ce message. La situation d'énonciation est donc l'ensemble constitué par l'existence d'un locuteur, qui transmet un énoncé à un destinataire, dans un lieu donné, à un moment donné, dans une certaine disposition d'esprit, avec une certaine intention. Définir la situation d'énonciation, c'est répondre aux questions: qui parle?, à qui?, quand?, où?, comment?

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2. Les marques d'énonciation:

2.1. Les marqueurs grammaticaux:

Ils sont constitués de:

des indices ou marques de la première personne (du locuteur ou émetteur du message) et de la deuxième personne (destinataire ou récepteur du message). Ces indices se trouvent sous forme de pronoms personnels (je, me, moi, tu, te, toi, nous, vous), d'adjectifs possessifs (mon, ma, mes, notre, nos, ton, ta, tes, votre, vos) et pronoms possessifs (le mien, le tien, le nôtre, le vôtre, le leurs). Il faut y ajouter le pronom - on - qui peut avoir une valeur d'indéfini ou une valeur élargie ou une valeur de substitut (de je, nous, vous, ils).
des indices de l'espace et du temps (spatio-temporels) constitués d'adverbes et autres compléments de lieu et de temps (ici, maintenant...), certains adjectifs (actuel, ancien, prochain...), les démonstratifs (à cet endroit, celui-ci...).
de certains temps verbaux comme le présent d'énonciation, le présent atemporel (ou intemporel), le futur, le passé composé et l'imparfait.

 

2.2. Les marqueurs sémantiques:

Ils sont constitués de:

de termes affectifs: ce sont les mots qui expriment les sentiments de l'énonciateur par rapport au thème de l'énoncé.
d'évaluatifs: les évaluatifs expriment l'opinion du sujet parlant. Ils peuvent être des adjectifs qualificatifs (son pauvre petit corps), des termes valorisants et dévalorisants qui présentent une nuance péjorative ou méliorative.
des modalisateurs: ce sont les termes qui expriment le degré de certitude de l'énonciation par rapport à son énoncé. Les modalisateurs sont constitués de verbes ( croire, affirmer, douter...), du mode conditinnel (il serait venu...), de négations (jamais, guère...), de certaines expressions (peut-être), d'adverbes (sans doute, vraisemblablement...), de certains adjectifs (sûr...), de certains mots (si, tout, plus, un peu...).

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3. Le système énonciatif:

3.1. Le discours:

Le locuteur peut choisir de se manifester et d'inscrire sa présence dans l'énoncé: c'est le mode du discours. Ne pas confondre ce sens du mot discours avec son sens oratoire de texte prononcé devant un public.

 

3.2. Le récit:

Le locuteur peut choisir de rester absent, de n'établir aucune relation directe avec le destinataire: c'est le mode du récit. Ne pas confondre récit et narration. Une narration peut être un récit si le narrateur choisit de s'effacer, mais elle devient un discours si le narrateur choisit de donner dans l'énoncé des indices de sa présence.

Voir: Les types de textes.

 

Les caractéristiques du récit et du discours
  Le récit Le discours
Les temps dominants
Le système des temps verbaux renvoie à un passé qui n'est pas situé par rapport au moment de l'énonciation, d'où l'emploi du passé simple ou du présent de narration ou de l'imparfait, plus-que-parfait.
Le système des temps situe l'énoncé par rapport au moment de l'énonciation, d'où l'emploi fréquent du passé composé quand le locuteur renvoie au passé, et la prédominance du présent et parfois du futur.
Les pronoms personnels
Le locuteur et l'énonciateur s'effacent au profit de la troisième personne mais si l'on rencontre le - je -, il s'agit du locuteur se prenant lui-même comme objet (autobiographie), ou d'un narrateur fictif distinct de l'auteur.
La première et la deuxième personnes sont utilisées dès que s'affirme la relation entre le locuteur et le destinataire.
les indicateurs de temps et de lieu
Le repérage se fait par rapport aux événements entre eux; ce sont des lieux et des moments internes à l'histoire.
Par exemple: La veille, trois mètres plus loin.
Le repérage se fait par rapport à la situation d'énonciation, c'est-à-dire par rapport au présent du locuteur et au lieu qu'il occupe.
Par exemple: Hier, à trois mètres d'ici.
Les indicateurs du degré de conviction et de l'opinion du locuteur
Ces révélateurs sont absents, dans la mesure où le locuteur s'efface et ne fait pas intervenir sa façon de voir.
Le locuteur est présent; il prend position quant à la vérité ou la fausseté et la certitude ou l'incertitude de son propre énoncé.

 

À l'intérieur d'un texte unique peuvent se produire des changements de système d'énonciation, parce que le locuteur premier cède la parole à un nouveau locuteur: c'est le cas du discours direct par exemple. Ce peut être également une forme de jeu du narrateur, qui choisit alternativement d'interpeller ou non le lecteur.

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VII- Les discours rapportés:

1. Le discours direct:

C'est un discours rapporté tel qu'il a été prononcé réellement, ou tel qu'il est censé avoir été prononcé par des personnages fictifs.
Le changement de locuteur est indiqué par des guillemets ou des tirets. La ponctuation reproduit le ton et l'intention du nouveau locuteur (exclamation, interrogation, silence suspensif...). Le changement de locuteur peut être précisé par la présence d'un verbe de parole ou de pensée situé avant le propos, après le propos, ou en incise à l'intérieur du propos.
Le discours direct rend le nouveau locuteur plus présent; il permet de le caractériser en fonction de ses dires; et il cherche à faire vrai puisqu'il veut reproduire les propos fidèlement, sans déformation.
Exemple: Il m'a dit: « Je viens demain. Personne ne pourra m'en empêcher ».

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2. Le discours indirect:

Le discours indirect évite le changement de système d'énonciation; le propos rapporté ne prend pas la place du discours premier, il lui est subordonné.
Grammaticalement, le discours indirect dépend d'un verbe de parole ou de pensée auquel il est relié par la conjonction de subordination « que ». On observe des changements de temps, de pronoms, d'indicateurs spatio-temporels, par rapport à ce que serait le propos s'il était en discours direct.
Le discours indirect rend le deuxième locuteur plus lointain. Il donne ainsi au locuteur premier l'autorisation de ne pas reproduire tels quels les propos du locuteur: il peut les résumer pour en rester à l'essentiel, ou les reformuler d'une autre façon, voire les transformer.
Lorsque le narrateur veut seulement indiquer brièvement ce qui s'est verbalement passé sans rapporter les propos, il abandonne le discours indirect pour un discours entièrement narrativisé, qui supprime même la reprise indirecte des paroles.
Exemple: Il m'a dit qu'il viendrait le lendemain.

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3. Le discours indirect libre:

Comme le discours direct, il rapporte exactement les paroles ou les pensées, mais sans indiquer un changement du système d'énonciation.
Le discours indirect libre supprime les guillemets, marques du discours direct, et les temps des verbes deviennent ceux du discours indirect, sans subordination. De ce fait, il est parfois difficile d'établir la distinction entre ce qui appartient au locuteur premier, et ce qui appartient au locuteur second. Souvent, il vient après un discours indirect introduit par « que », ou après une remarque sur l'état d'âme du personnage; c'est alors un moyen de le repérer.
Assez fréquent chez La Fontaine, au XVIIe siècle, le discours indirect libre apparaît surtout dans le roman, à partir du XIXème siècle. Comme le discours direct, il donne au personnage de la présence, et le caratérise. Mais il permet aussi de conserver cette présence même lorqu'il s'agit d'un propos général prononcé par aucune personne particulière, mais représentatif d'un groupe, d'un type social.
  Lorsque le discours indirect libre rapporte longuement la pensée d'un personnage, on parle cependant de monologue intérieur.
Exemple: Ses propos avient été clairs. Il viendrait le lendemain et personne ne pourrait l'empêcher.

À consulter: Les transformations à l'intérieur d'une phrase durant le passage du discours direct au discours indirect.

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VIII- Les registres de langue:

Tout écrivain, à travers narrateur et personnages, utilise un langage adapté à la situation de communication, au milieu social qu'il dépeint. Il se détermine également par rapport aux règles en usage à l'époque où il écrit. C'est ainsi que s'est développée, à l'âge classique, l'idée d'un «bon langage» qui rejetterait aussi bien les excès des puristes que l'utilisation des patois et des régionalismes. Aujourd'hui, le choix entre plusieurs registres de langue permet des effets d'humour et d'ironie. Il est l'occasion de créer un univers original, d'instaurer une relation de complicité avec le lecteur.

 

 
Le lexique
Les formes verbales
La construction de la phrase
Registre courant
Vocabulaire usuel, généralement partagé.
Temps simples de l'indicatifs, subjonctif présent.
Phrase simple, phrase complexe de longueur réduite.
Registre familier
Vocabulaire réduit, répétitif; nombreux termes d'accroche et onomatopées; expressions imagées; mots incomplets; termes argotiques.
Temps restreints de l'indicatif.
Nombreuses entorses à la syntaxe; incorrections, ruptures de construction; constructions incomplètes; suppression de la négation "ne".
Registre soutenu
Vocabulaire précis, et nuancé; nombreuses références à la culture; mots composés; refus du "franglais", des termes importés récemment.
Tous les temps, tous les modes; temps simples et composés; usage de la concordance des temps.
Phrase complexe souvent longue; constructions rigoureuses et recherchées; nombreux déterminants;nombreuses subordonnées.

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