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Les Hymnes homériques |
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Les Hymnes homériques qui nous sont arrivés sous le nom d'Homère peuvent être rangés parmi les plus anciens monuments de la poésie grecque ; mais ils n'appartiennent point à l'auteur de l'Iliade et de l'Odyssée. On sait qu'ils servirent d'ouvertures ou de préludes à la récitation de ces poèmes. Des rhapsodes1, dont les noms sont inconnus, en furent sans doute les auteurs. Le ton et la langue de celles de ces productions qui nous sont parvenues offrent une grande diversité ; il en est qui paraissent fort rapprochées du temps d'Homère ; il en est d'autres qui paraissent ne pas remonter au delà de la guerre médique2. Nous avons trente-quatre (ou trente-deux, suivant les décomptes) hymnes homériques. La plupart d'entre eux sont insignifiants ou fort courts. On en compte six qui méritent une mention particulière : les Hymnes à Apollon Délien, à Apollon Pythien, à Hermès, à Aphrodite, à Déméter, à Dionysos.
Après une invocation à Latone et à son fils, le poète raconte comment Délos donna l'hospitalité à la déesse persécutée, et comment Apollon y naquit au pied d'un palmier ; il trace ensuite le tableau des fêtes de Délos : « C'est là que se réunissent les Ioniens à la robe traînante, avec leurs enfants et leurs chastes épouses... Il dirait des immortels éternellement exempts de vieillesse, celui qui visiterait Délos quand les Ioniens y sont réunis... » Cet hymne, tout pénétré de la gloire du génie ionien par la pensée et par le style, se rapproche tellement d'Homère, que Thucydide le lui attribue, formellement. C'est sans contredit l'œuvre d'un rhapsode ionien des premiers temps, sinon d'un homéride3. Le poète dit aux jeunes filles de Délos qu'il « est aveugle, et habite la montagneuse Ghios ». Peut-être les anciens se formèrent-ils l'idée d'Homère d'après ce rhapsode aveugle.
Apollon cherche dans la Grèce un lieu favorable pour s'y bâtir un temple. La nymphe Telphuse lui conseille de s'établir à Crissa, sur le flanc du Parnasse. C'était un piège : un serpent terrible avait son repaire dans cette contrée. Apollon bâtit son temple, tue le monstre, punit la perfidie de Telphuse, puis, transformé en dauphin, va chercher des Crétois qui deviennent les gardiens de son sanctuaire. Cet hymne, dont le récit intéressant est bien ordonné, n'offre pas de beautés originales. Il n'est pas aussi ancien que le précédent ; mais il est antérieur à la guerre de Crissa, qui eut lieu dans la première moitié du VIe siècle avant notre ère. |
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