2. L'arabe vulgaire :
L'arabe vulgaire comprend plusieurs dialectes à peu près identiques par leurs vocabulaires et qui se distinguent surtout par des différences de prononciation.
Les plus caractérisés sont :
celui de l'Yémen, considéré comme le plus pur de tous ;
celui de Thehama ;
celui de la Mecque, très corrompu et qui se ressent du mouvement des populations diverses affluant vers la ville sainte ;
le bédouin, parlé dans un grand nombre de sous-dialectes, par les tribus nomades du désert ;
le syrien, le maronite et le druse, particuliers au Liban et très mélangés ;
le mapoulet, parlé dans l'Inde, sur les côtes de Malabar et de Coromandel ;
l'égyptien, le magrebin ou maure, propre aux anciens états barbaresques.
Pour être plus complet, on pourrait mentionner encore parmi les dialectes de l'arabe vulgaire le maltais, jargon composé d'arabe, d'italien et de provençal, dans lequel Quintin, Majus, Agius, Hervas et Vallencey, ont prétendu à tort reconnaître la langue punique ; puis le mosarabe ou maramisch, parlé jadis par les Arabes d'Espagne, dont on comptait encore au XVIIe siècle de nombreuses traces dans les montagnes de Grenade ou dans plusieurs localités de l'Andalousie, de Valence et d'Aragon.

III- La richesse de la langue arabe :
L'arabe est une langue très riche ; les Arabes se vantent, selon Ernest Renan4, d'avoir 80 mots pour désigner le miel, 200 pour le serpent, 500 pour le lion, 1000 pour le chameau et l'épée, et jusqu'à 4400 pour rendre l'idée de malheur. Le vocabulaire comprend 60 000 mots. Les grammairiens arabes prétendent que toutes les racines de leur langue ont été primitivement des verbes, et ils élèvent considérablement le nombre de ces racines. Il est en réalité de 6000. Ces racines sont ordinairement composées de trois lettres écrites, et les mots dans lesquels elles entrent se complètent, soit au moyen de lettres dites serviles, à cause du rôle qu'elles jouent, soit par le redoublement des radicales, ou encore par le changement des voyelles figurées par des points diacritiques. C'est ainsi qu'une même racine donne des verbes, des substantifs, des adjectifs, des adverbes, enfin des dérivés de toute sorte. Les verbes forment dix-sept conjugaisons. Ils subissent dans leur forme active treize modifications principales avec un pareil nombre de modifications pour les formes passives. La conjugaison est très pauvre en apparence, mais au moyen de particules ou par le changement des points-voyelles, on déternine le présent, le futur, l'optatif, le subjonctif, etc., avec autant de précision que dans aucune autre langue. La construction est généralement directe.

IV- La prononciation de l'arabe :
La prononciation de l'arabe s'éloigne très peu de l'orthographe. On se sert pour l'écriture d'un alphabet de vingt-huit lettres, toutes consonnes, et de trois points-voyelles ou motions, placés au-dessus, au-dessous ou après les consonnes.
On connaît chez les Arabes trois genres d'alphabets principaux : le coufique5, le neski6 et le magrebi7. On peut ajouter que l'ancien dialecte himyurite employait un alphabet appelé musnad, tombé en désuétude dès le temps de Mahomet.
L'origine de la métrique arabe est fort obscure. On nomme le grammairien Khalil comme le législateur des formes de la versification ; mais Khalil vivait vers la fin du IIe siècle de l'hégire, et les modèles poétiques sont plus anciens ; ainsi les derniers chapitres du Coran sont écrits dans un rhythme libre, analogue à celui de l'ancienne poésie hébraïque, rhythme fondé sur la coupe du discours , l'assonance et le parallélisme , véritable forme de la poésie sémitique. D'anciennes poésies arabes, antérieures à Mahomet, sont écrites dans ce rythme, selon Ernest Renan. Quelque hypothèse que l'on adopte sur les causes qui porterent les Arabes à introduire dans leurs vers le mécanisme de la quantité, il est impossible que cette introduction soit postérieure à l'islamisme. Il est aisé d'acquérir la preuve qu'à partir du siècle qui clot l'ère païenne des Musulmans, la poésie devint savante, compliquée, assujettie à une prosodie fort éloignée du génie primitif des langues sémitiques.

V- La versification moderne :
La versification moderne consiste en une certaine disposition alternative de syllabes longues et de syllabes brèves. Le vers s'appelle beit, mot qui signifie au propre une tente. On donne le nom de corde légère à une syllabe longue, de corde lourde à deux brèves, de pieu conjoint à une brève et une longue, de pieu disjoint à une longue suivie d'une brève, de petite cloison à deux brèves et une longue, de grande cloison à quatre pieds, composés de trois brèves et d'une longue.
Les pieds sont primitifs ou secondaires : les primitifs n'ont pas moins de trois syllabes ni plus de cinq, et leurs réunions forment diverses combinaisons métriques de vers dont le vers de huit pieds est la base. Les pieds secondaires servent aux modifications des mètres primitifs. Les poèmes arabes sont écrits en entier sur une seule rime .
VI- Supplément : L'alphabet arabe :
L'alphabet arabe se compose de 28 lettres :

L'arabe s'écrit et se lit de droite à gauche contrairement aux écritures latines (voir ci-dessus les flèches en orange).
La construction d'un mot se fait en collant les lettres une à une, de droite à gauche.
En arabe, chaque lettre de l'alphabet s'écrit différemment selon sa position dans le mot.

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