« L’Autre », sous le masque de tous les jours s'éreinte et éreinte tous ceux qui meublent son paysage quotidien, ceux qui s'accrochent à son pendule et qui entravent son chemin. « L’Autre » en qui nous reconnaissons « le Moi », il gémit, ricane, s'énerve, s'apitoie, ironise, rit, agresse, s'aventure, rêve, pleure, et... sous son masque quotidien, il cache des larmes givrées. Il est sincère. Tous les deux sont sincères : l'Autre et son alter ego, le Moi.
Le passeur de mots et les dix autres nouvelles sont une double biographie, romancée, de cet Autre et du Moi, mis à l'épreuve d'un temps qui s'écoule. Féroce et tendre à la fois est ce temps qui régit le pays de tous les personnages : la Méditerranée. Une Méditerranée, encore au vingt-et-unième siècle, prisonnière de traditions ou d’un mode de vie qui sont, au quotidien, ses joies et ses détresses. En un mot, son charme bien particulier. Une méditerranée qui s'enlise de jour en jour dans un labyrinthe inextricable.
Trois maîtres, trois plumes inspirent ces nouvelles : Marguerite Yourcenar, Jean-Louis Borgès et William Faulkner. Mythe antique ou mythe sacré, ironie implacable de l'existence, et écriture du destin sillonnent la structure des nouvelles de ce recueil, elles dévoilent un sens à la vérité recherchée. Si chacune de ces nouvelles interpelle le lecteur, je considère que le but est atteint. Il ne faut cependant pas la soumettre à la loi du temps voire au respect de la chronologie temporelle. Elle provoque uniquement l'être. |
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