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Proverbe, sentence et maxime

 

Plan du Spotlight:


1. Qu'est-ce qu'un proverbe? une sentence? une maxime?
2. L'adage, l'apophtegme, le précepte, le dicton, la locution proverbiale
3. Le proverbe est de tous les temps
4. Proverbe, sentence et maxime au Moyen Age et au XVIe siècle
5. Discrédit du proverbe aux XVIIe et XVIIIe siècle. Floraison de la maxime.
6. Proverbe, sentence et maxime ne sont pas des genres délaissés

 

 

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1. Qu'est-ce qu'un proverbe? une sentence? une maxime?
Ces trois modes d'expression ne se définissent pas rigoureusement, comme l'adage, l'apophtegme ou le précepte, mais les contours peuvent en être tracés.

La notion de proverbe (le mot est tiré du latin classique proverbium) recouvre d'une apparente simplicité des composantes assez diverses. Plaute, Cicéron, Sénèque, Aulu-Gelle citent déjà comme étant d'anciens proverbes:

  On ne peut à la fois souffler et avaler (Plaute, Mostellaria, 791).

  Il faut être vieux de bonne heure pour le rester longtemps (Cicéron, De senectute, XXXII).

  C'est dans l'arène que le gladiateur prend sa décision (Sénèque, Epistulae ad Lucilium, XXII).

  Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe (Aulu-Gelle, Noctes atticae, I, VIII).

De ces quatre proverbes, le premier est une constatation banale, le deuxième un conseil, le troisième un avis de conduite à tenir, le quatrième une observation se référant à l'histoire anecdotique. Ces exemples montrent qu'à considérer seulement le proverbe latin on ne saurait donner du terme une définition immédiate et tranchée. Or, la notion et l'usage du proverbe sent de tous les temps et de tous les peuples. Il faut donc, la définition du proverbe étant irréductible à une formule, soit appliquer au terme une définition qui ne peut être valable qu'autant qu'elle reste très vague et on la trouve telle dans les lexiques, soit donner une définition qui circonscrit l'ensemble des diverses acceptions. On peut alors dire que le proverbe désigne une vérité morale ou de fait exprimée en peu de mots, ou bien une expression imagée de la philosophie pratique, ou bien une parole mémorable, ou bien encore un vers ou un distique célèbre, « passé en proverbe ». C'est dans cette ligne de pensée que John Russell écrit: « Un proverbe est l'esprit d'un seul et la sagesse de tous ».

La sentence (du latin classique sententia; de sentire, sentir, avoir une opinion) exprime une courte proposition morale résultant de la manière personnelle de voir. On trouve déjà le mot dans Térence: Quot homines, tot sententiae = Autant d'hommes, autant d'avis (Phormio, 454), et Juvénal cite comme étant une sententia: D'où vient ton argent, nul ne s'en informe, mais il faut en avoir (Satires, XIV, 207).

Est ainsi une sentence, ce texte de Montaigne:

Mon opinion est qu'il se faut prêter à autrui et ne se donner qu'à soi-même (Essais, III, x).

Et celui-ci de J.-J. Rousseau:

Plus le corps est faible, plus il commande; plus il est fort, plus il obéit (Emile ou De l'éducation, I).

La sentence diffère du proverbe en ce qu'elle a un sens moins vulgaire et une forme plus abstraite; le proverbe éclaire la vie pratique, la sentence fait réfléchir. C'est dans cette intelligence du terme que Vauvenargues note que « les sentences sont les saillies des philosophes ».

Quant à la maxime, le sens général en est aussi rendu par la substance étymologique. La maxime (du latin médiéval maxima, sous-entendu sententia), c'est la grande sentence. La complexité mystérieuse de la vie exige des modes d'expression plus déliés que le proverbe et la sentence. La maxime est une proposition générale, exprimée noblement, et offrant un avertissement moral, sinon une règle de conduite. C'est ainsi que Condillac écrit: « La maxime est un jugement dont la vérité est fondée sur le raisonnement et l'expérience », et que Joubert note: « La maxime est l'expression exacte et noble d'une vérité importante et incontestable ». Bref, la maxime, selon une formule récente, c'est le « proverbe savant ». Et, pour justifier ces définitions, il n'est que de citer quelques « maximes »:

  Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point (Pascal, Pensées, IV)

  La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que par notre vanité (La Rochefoucauld, Maximes, 158).

  L'entêtement représente le caractère, a peu près comme le tempérament représente l'amour (Chamfort, Maximes et Pensées).

  La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit (Hypolite de Livry, Maximes et Sentences).

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2. L'adage, l'apophtegme, le précepte, le diction, la locution proverbiale.

Pour mémoire, notons:

Que l'adage (du latin adagium, contraction de ad agendum, qui doit être fait) est une proposition ayant pour fin une action morale; ainsi, Uti, non abuti (User, ne pas abuser) est un adage latin, et Noblesse oblige, un adage français.

Que l'apophtegme (de racine grecque) est la parole notable d'un personnage illustre; par exemple, dans les Apophtegmes des anciens rois, de Plutarque, cette parole de Lysandre: « Quand la peau du lion ne peut suffire, il faut y coudre la peau du renard », ou, dans les Vies des grands capitaines étrangers, de Brantrôme, cette parole de Charles Quint: « Il faut être maître de soi pour être maître du monde ».

Que le précepte (du latin praeceptum; de praecipere, enseigner) est un enseignement, une règle de conduite; ainsi, Cache ta vie est un précepte grec, et Aimez-vous les uns les autres, un précepte evangélique.

Que le dicton (du latin dictum, mot, chose dite), à l'origine énonciation prétendant articuler une règle, caractérise maintenant des faits de circonstance: Mariage pluvieux, mariage heureux - Ventre pointu n'a jamais porté chapeau; qu'il peut être agronomique: Année neigeuse, année fructueuse; météorologique: Noël au balcon, Pâques aux tisons; physiognomonique: Homme au nez aquilin, plus rusé que malin; régional: Un Picard ne se dédit pas, il se ravise; etc.

Enfin, que la locution proverbiale est une brève formule destinée à tenir lieu d'explication; le proverbe a une valeur morale ou didactique, la locution proverbiale ne fait que caractériser, soit un individu: avoir la foi du charbonnier - donner le coup de pied de l'âne - faire la sainte Nitouche, soit une situation: brûler ses vaisseaux - faire des châteaux en Espagne - tenir le loup par les oreilles.

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3. Le proverbe est de tous les temps:

Dans l'Antiquité égyptienne, on nommait sebayt (enseignement) ce que nous appelons « proverbe ». Pour illustrer le sebayt, nous en citerons quelques-uns:

  Suis ton cceur, que ton visage brille durant le temps de ta vie (Sagesse de Ptahotep, IIIe millénaire av. J.-C.).

  Le chef du troupeau est un animal comme les autres (Sagesse d'Ani, IIe millénaire av. J.-C.).

  Un bon caractère est la protection de l'homme (Sagesse d'Aménémopé, VIIIe s. av. J.-C.).

Chez les Araméens et les Hébreux, le proverbe, c'est la « parole » d'un sage, et, par une sorte de prochronisme, les Paroles de Salomon sont devenues les Proverbes de Salomon.

  Le léopard ne salue pas la gazelle, si ce n'est pour sucer son sang (Paroles d'Ahiqar, VIe s. av. J.-C.).

  Celui qui creuse une fosse y tombe (Proverbes de Salomon, XXVI, 27; IVe s. av. J.-C.).

  Le fer aiguise le fer, ainsi l'homme aiguise un autre homme (Proverbes de Salomon, XXVII, 17).

Chez les Grecs, les mots gnômê (pensée) et paroemia (instruction) couvrent les notions de proverbe, sentence, maxime, adage, precepte, etc., et c'est encore par prochronisme que l'on dit les Sentences de Théognis de Mégare et les Maximes d'Epicure. Dans les traductions modernes, des propositions de portée très variable sont citées comme « proverbes »:

  N'apprends pas le métier de potier sur une jarre à vin (cité par Platon, Gorgias).

  On ne connaît son ami qu'après avoir mangé beaucoup de sel avec lui (cité par Aristote, Ethique à Nicomaque).

  Le genou est plus proche que le mollet (cité par Aristote, Ethique à Nicomaque; pour rendre l'idée de l'opposition des intérêts personnels et famiIiaux).

  Puisse être l'Aurore, fille de la Nuit douce (cité par Eschyle, Agamemnon; dans le sens d'une parole votive des époux qui, de leur nuit amoureuse, attendent un enfant à leur ressemblance).

Ce sont là quelques exemples de la littérature dite gnomique, proverbiale, et, du fait que proverbe, sentence, maxime, etc., ne se définissent pas comme des figures géométriques, l'usage littéraire, oubliant la propriété des termes, n'est pas sans les employer indistinctement.

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4. Proverbe, sentence et maxime au Moyen Age et au XVIe siècle:

On sait que le Moyen Age offre une littérature en deux langues. En latin se traitent les grands genres (histoire, philosophie), exclusifs de proverbes. En français sont écrites les œuvres d'édification ou d'amusement, ainsi que de très nombreuses compilations de proverbes. Ces compilations marquent I'âge d'or du proverbe.

Le latin médiéval nous a cependant laisse quelques proverbia cités comme tels:

  De main vide vaine parole (John of Salisbury, Polycratici libri).

  Qui trop embrasse mal étreint (Albertano da Brescia, Liber consolationis et consilii).

Mais c'est à la société du Moyen Age, qui parle la langue vulgaire, que nous devons les multiples manuscrits de proverbes en ancien français. Les textes sont colligés par les clercs, mais l'inspiration populaire domine, et le P. Bouhours a pu écrire que le proverbe français de l'époque était particulièrement « roturier ». Le français des XIIe et XIIIe siècles emploie souvent, pour désigner le proverbe, le mot respit (souffle, discours) et reprovier (reproche, leçon). Un manuscrit du XIIIe siècle, conserve à Oxford , s'intitule li Respit del curteis et del vilain, et le Roman de la Rose (3709, 3710) rapporte: « L'on dit en reprovier..... que l'on ne peut faire d'une buse un épervier ». C'est à la fin du XIIe siècle que le mot proverbe apparaît en français, dans les fables de Marie de France, et, par la suite, les recueils manuscrits se comptent par dizaines: Proverbes au vilain, Proverbes des sages, Proverbes communs, etc. Que sont ces proverbes?

La syntaxe est variable. Le style proverbial utilise le distique (Distiques de Caton) ou même le quatrain (Diz et Proverbes des sages philosophes), mais le plus souvent la forme est elliptique:

  De nuit tout blé semble farine.

  Menaces ne sont lancés.

  Qui jeune est fou, vieil en a les frissons.

Pour mieux marquer l'idée, on fait jouer l'allitération ou l'assonance:

  Qui se ressemble s'assemble.

  À chaque oiseau son nid est beau.

  À longue corde tire qui mort d'autrui désire.

La philosophie est pratique, terre à terre, elle exprime des lieux communs de pensée:

  Qui bien chasse bien trouve.

  Plus sont de compères que d'amis.

  Qui a assez d'argent a assez de parents.

Et elle reflète la dure existence des « vilains », manouvriers, paysans, « fervestus », pris par la guerre ou par la lutte quotidienne pour la vie:

  Il n'a droit à sa peau qui ne la défend.

  Au diable on ne peut faire tort.

  Bon est le deuil qui après aide.

Mais accordons (à tant faire que de dire ses vérités au proverbe français de l'époque, il faut les lui dire toutes) que Christine de Pisan a laissé des Proverbes moraux, et que Villon, dans sa Ballade des proverbes, en a rassemblé quelques-uns parmi les meilleurs: Tant crie-t-on Noël qu'il vient.

C'est dans la sentence qu'il faut chercher d'autres perspectives. La sentence médiévale est d'essence théologique, mais elle garde néanmoins son caractère de proposition personnelle. Les œuvres des Pères de l'Eglise sont alors la principale source de la théologie, et, depuis le XIIe siècle, les clercs réunissent en recueils leurs sentences ou opinions sur les diverses questions. Le plus célèbre de ces sententiaires, Pierre Lombard, dit « le Maître des sentences », a laissé un recueil de textes des Pères dogmatiques, dans lequel sont rassemblées des sentences sur des problèmes très variés.

Au début du XVIe siècle commence la confusion entre adage, précepte, proverbe, sentence, etc. La diffusion des œuvres de l'Antiquité est favorisée par la découverte de l'imprimerie, et, en 1508, Erasme donne une première édition, qui sera suivie d'une soixantaine d'autres, de ses Adages. Mais ces Adages ne sont pas strictement des adages. Dans sa thèse sur Erasme, Emile Chasles observe que le grand humaniste a rassemblé sous le titre d'Adages des textes très divers, y compris de simples locutions, qu'il a donné au terme une signification extensive et forcé le sens du mot en le prenant pour titre. A l'imitation d'Erasme, Mathurin Cordier public des Sentences proverbiales et adagiales (1561).

Pour ce qui est de la maxime, le terme n'a pas encore d'existence littéraire, et it est remarquable que Montaigne, qui rapporte tel ou tel proverbe français ou italien, et qui écrit qu'il va « ... écorniflant par-ci par-là des livres les sentences qui lui plaisent », n'ignore pas le terme (Essais, I, XXVIII, in fine), mais cite sous le mot de sentence ce que nous appelons maxime.

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5. Discrédit du proverbe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Floraison de la maxime:

L'abus du proverbe (Pantagruel et Don Quichotte en sont parsemés) a entraîné sa défaveur et provoque une réaction. Et puis, au XVIIe siècle, le goût s'est affiné. Dans l'esprit du « Grand Siècle », le proverbe répète des vérités premières sans jamais répondre à des sentiments délicats. Adrien de Montluc donne la Comédie de proverbes (1616), où il les met en litanie pour en ridiculiser I'emploi. Vaugelas, dans ses Remarques sur la langue françoise (1647), proscrit le proverbe au point de ne pas admettre le terme dans ses rubriques. La Philaminte de Molière, (Les Femmes savantes, 1672) se plaint d'avoir « l'oreille au supplice de proverbes traînés dans le ruisseau des Halles ». La Bruyère (les Caractères, 1688) écrit qu'il faut laisser Aronce « parler proverbe » et l'expression emporte une signification péjorative.

Concurremment, on assiste à une floraison de la sentence et de la maxime. Richelieu avait laissé des Maximes d'Etat. La Rochefoucauld donne ses Réflexions ou Sentences et Maximes morales (1665), la marquise de Sablé, des Maximes (1678), et le chevalier de Méré, des Maximes, Sentences et Réflexions (1687). Le P. Bouhours, dans la Manière de bien penser (1687), décrète que « les sentences sont les proverbes des honnêtes gens comme les proverbes sont les sentences du peuple ». Mme de Sévigné reste dans la ligne de la sentence en écrivant a Mme de Grignan (22 juin 1689): « Vous faites une vraie sentence, en disant que l'ostentation des personnes modestes n'offense point l'orgueil des autres ». Vernace dédie a Mme de Maintenon des Maximes morales et politiques (1690), Corbinelli publie les Anciens Historiens réduits en maximes (1694), Rancé donne des Maximes chrétiennes et morales (1698), et Saint-Evremond, s'il ne compose pas de recueil, écrit quelques pages sous le titre de Sentiments et Maximes.

Au XVIIIe siècle, « Siècle des Lumieres », l'esprit philosophique a l'horreur du préjugé et le goût de la réflexion. L'emploi du proverbe équivaut à un impardonnable brevet de cuistrerie. Mais les philosophes de la génération de l'Encyclopédie sont de bons écrivains de sentences, et J.-J.- Rousseau exprime souvent sous cette forme ses idées morales, esthétiques et pédagogiques. Au sujet de la maxime, Montesquieu (Variétés) énonce que « les maximes de M. de La Rochefoucauld sont les proverbes des gens d'esprit », et Voltaire (Siècle de Louis XIV, « Ecrivains français ») formule cet avis: « Les maximes sont nobles, sages et utiles. Elles sont faites pour les hommes d'esprit et de goût, pour la bonne compagnie. Les proverbes ne sont que pour le vulgaire ». Appartiennent à ce siecle trois grands maximistes: Vauvenargues, Chamfort, Rivarol.

Finalement, et l'on ne saurait trop le dire, le discrédit du proverbe a resulté de la nature triviale du proverbe français médiéval. Le XVIIe et le XVIIIe siècle méconnaissent les proverbes nationaux voisins et ignorent ceux de l'Orient, dont l'inspiration est bien plus élevée et le style autrement aiguise, mordant, raffiné, tel ce proverbe japonais: Les mots que l'on n'a pas dits sont les fleurs du silence.

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6. Proverbe, sentence et maxime ne sont pas des genres délaissés:

L'emploi opportun d'un proverbe topique fait sur l'esprit une impression vive, et tous les jours il se dit des proverbes, anciens et nouveaux. Ceux-ci jaillissent de la verve populaire (On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs - Aux innocents les mains pleines - Beaucoup se sont jetés dans la Tamise pour n'avoir pas joué atout). De ces proverbes nouveaux, Wilhelm Wander dit qu'ils « ressemblent aux papillons, on en attrape quelques-uns, les autres s'envolent ». Mais chez les écrivains, il n'est que d'aller les cueillir dans leurs œuvres: Qui plume a, guerre a (Voltaire) - Payer, c'est régner (Mme de Girardin) - Tout vaut tant (Paul Claudel).

Les milieux professionnels font des adages: La plume est serve, la parole est libre est un adage juridique; Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours, un adage médical. Et les milieux littéraires, des sentences: La neige est une pureté menteuse (Goethe) - L'honneur, c'est la poésie du devoir (Alfred de Vigny) - Un service vaut ce qu'il coûte (Victor Hugo).

Quant à la maxime, le XIXe siècle est dit le « Siècle de l'Histoire », mais le genre reste en honneur et il se trouve des écrivains, parmi les plus grands, pour ciseler des maximes, et en faire des recueils. Citons: Joubert, Gaston de Levis, Daniel Stern (Marie d'Agoult), lady Blessington, et Goethe, qui a laissé un recueil posthume de Maximen und Reflexionen, publié en 1842. En fin de siècle, le genre s'affadit, et, sous l'influence des nouvelles écoles littéraires, on observe que la maxime prête à la banalité d'apparence profonde. A propos des Maximes de la vie, ouvrage de la comtesse Diane, Jules Lemaitre fait écho à l'esprit de son temps en écrivant: « Les pensées et maximes sont un genre épuisé et un genre futile ». Mais tant vaut le maximiste, tant vaut la maxime. De nos jours, où le roman est roi, la maxime a encore d'illustres répondants avec Jacques Bainville, François Mauriac, André Maurois, Etienne Rey, Jean Rostand, parmi d'autres. C'est que la maxime, quand elle se tient dans la lignée des grands maximistes, La Rochefoucauld, Pascal, La Bruyère, Vauvenargues, Chamfort, Joubert, est le genre littéraire classique entre tous.

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