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La Querelle des Anciens et des Modernes |
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Ce que l'on appelle la Querelle des Anciens et des Modernes ne fait que reprendre, en la radicalisant, one vieille opposition. De tout temps, s'affirment deux conceptions de la littérature et, plus généralement, de la création. Les uns, tournés vers le passé, croient qu'il convient d'imiter les prédécesseurs, parce qu'ils ont atteint la perfection dans leur art : ce sont les partisans des Anciens. Les autres, fixés sur le présent, pensent qu'il faut, au contraire, innover, trouver des solutions qui correspondent à l'esprit de l'époque: ce sont les Modernes. Entre les deux camps, les conciliateurs essaient d'harmoniser les positions : pour eux, s'il faut tenir compte des apports précédents, il faut aussi les adapter aux situations nouvelles, les utiliser comme un tremplin qui permet de progresser.
Qu'a donc alors de particulier cette querelle des Anciens et des Modernes ? D'abord, son nom même : il montre que naît une conscience vive de l'existence d'une opposition, de deux voies possibles. Ensuite, son intensité : il s'agit d'une querelle aiguë, à laquelle vont participer la plupart des écrivains de l'époque. Enfin, sa signification : elle indique que le Classicisme est ébranlé, que de nouvelles solutions commencent à être cherchées.
III- Le progrès existe-t-il en art ? Les Anciens et les Modernes s'opposent essentiellement sur la notion de progrès dans le domaine artistique. Pour les premiers, comme La Bruyère, le progrès en art n'existe pas, la perfection a été atteinte une fois pour toutes par les Anciens qui ont tout découvert, tout inventé : « Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé; l'on ne fait que glaner après les Anciens et les habiles d'entre les Modernes. » (Les Caractères, I, 1). Pour les seconds, comme Perrault, il reste au contraire beaucoup à trouver, beaucoup à améliorer, ce qui donne aux Modernes une supériorité de fait sur leurs prédécesseurs : « [...] tous les arts ont été portés dans notre siècle à un plus haut degré de perfection que celui où ils étaient parmi les Anciens, parce que le temps a découvert plusieurs secrets dans tous les arts, qui, joints à ceux que les Anciens nous ont laissés, les ont rendus plus accomplis [...]. » (Parallèles des Anciens et des Modernes). |
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