Auteurs français XVIIIe siècle ► vous êtes ici  

Auteurs français

André Chénier 

1762 – 1794

Ce qui se dit en trois mots n’est jamais si bien dit en quatre ; et un bon livre n’est pas celui qui dit tout, mais qui fait beaucoup penser.

(André Chénier, Œuvres inédites)

André Marie de Chénier (1762-1794), dit André Chénier, est un poète français classique, mais précurseur du romantisme, qui est mort en martyr de la Terreur révolutionnaire. L’œuvre inachevée de ce jeune poète du XVIIIe siècle, publiée progressivement à partir de 1819, a fait de lui une figure majeure de l’hellénisme en France. Quelques vers qui lui étaient échappés pendant sa vie, ou qu’on avait publiés depuis sa mort, avaient donné une idée très avantageuse de son talent, et excité les plus vifs regrets de la perte de ce poète, mort à un âge où ce talent donnait de belles espérances et promettait un poète remarquable par une verve féconde et une originalité brillante.

Biographie

Portrait d'André Chénier.Né à Galata, un quartier de Constantinople (aujourd’hui Istanbul en Turquie), où son père, Louis de Chénier, était consul de France, André Chénier, vient habiter Paris avec sa mère grecque (Elisabeth Lhomaca) et ses frères.

Dans le salon maternel, il fréquente le poète Lebrun-Pindare, le peintre David et plusieurs savants. Après un bref séjour dans l’armée puis un voyage en Italie et en Suisse, il se rend à Londres, en 1787, comme secrétaire d’ambassade. À son retour, en 1790, il participe au mouvement révolutionnaire, mais reste cependant modéré, collaborant notamment à la défense de Louis XVI. Il est arrêté en mars 1794 et emprisonné à Saint-Lazare.

Condamné à mort, il est guillotiné le 25 juillet 1794, deux jours avant la chute de son principal ennemi, Robespierre.

Ses dernières paroles prononcées avant de monter sur l’échafaud en s’adressant au poète Jean Antoine Roucher ont été « je n’ai rien fait pour la postérité » et de rajouter (se désignant la tête) : « Pourtant, j’avais quelque chose là ! » ou « C’est dommage, il y avait quelque chose là ! ». Son corps fut jeté avec 1 300 autres victimes de la Terreur et de la guillotine place de la nation dans une fosse commune du couvent des chanoinesses devenu le cimetière de Picpus à Paris.

 Publicité

Il se sent de bonne heure une vocation de poète, qu’il partageait avec son frère Marie-Joseph. Adolescent, il écrivait déjà des Élégies. De 1785 à 1787, il compose ses Bucoliques, puis de nouvelles Élégies. Il exprime une doctrine poétique personnelle dans l’Invention, et ébauche deux épopées, Hermès et l’Amérique. Il écrit pendant la Révolution des Hymnes et des Odes (« le Serment du Jeu de paume »). Mais ses œuvres les plus célèbres sont composées dans la prison de Saint-Lazare : la Jeune Captive, élégie inspirée par le sort d’une de ses compagnes et rédigée la veille de sa mort, et les Iambes satiriques, dirigées contre les Jacobins responsables de la Terreur.

Son œuvre, classique dans la mesure où son inspiration et sa forme sont empruntées à la Grèce antique, marque un renouveau considérable par la sensibilité et le lyrisme civique enthousiaste qui l’animent. Ce paradoxe s’exprime dans son célèbre mot d’ordre : « Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. »

Ses poèmes, inédits de son vivant, sont publiés en 1819 par Henri de Latouche, et suscitent aussitôt l’enthousiasme de la jeune génération romantique. Un opéra du compositeur italien Umberto Giordano, dont la première eut lieu à La Scala de Milan, le 28 mars 1896, retrace la vie du jeune poète martyr. Il est, avec Chatterton et Gilbert, l’un des trois auteurs « maudits » présentés par le Docteur Noir dans le Stello d’Alfred de Vigny.

 Publicité

 Publicité
📽 15 citations choisies d’André Chénier

Citations choisies
  • Tout mortel se soulage à parler de ses maux.
  • Les destins n’ont jamais de faveurs qui soient pures.
  • Plus une femme aime son mari, plus elle le corrige de ses défauts ; plus un mari aime sa femme, plus il risque d’augmenter ses défauts.
  • L’art ne fait que des vers, le cœur seul est poète. (Élégies)
  • Les amants malheureux vieillissent en un jour. (Élégies)
  • Avant de la quitter, il faut user la vie. Le moment d’être sage est voisin du tombeau. (Élégies)
  • Trop de désirs naissent de trop de force. (Le Jeu de paume)
  • L’obstacle nous fait grands. (Le Jeu de paume)
  • Jusqu’à la mort nous espérons toujours. (L’Aveugle)
  • Travaille. Un grand exemple est un puissant témoin. Montre ce qu’on peut faire en le faisant toi-même. (L’Invention)
  • Qui prévient le moment l’empêche d’arriver. (Damalis)
  • Ce qui se dit en trois mots n’est jamais si bien dit en quatre ; et un bon livre n’est pas celui qui dit tout, mais qui fait beaucoup penser. (Œuvres inédites)
  • Détache la ceinture à la belle étrangère, Et la vierge en ses bras devient épouse et mère. (Les Bucoliques)

Autres citations d’André Chénier.

Œuvres
  • Les Bucoliques, publication posthume (1819)
  • Abel (Élégies)
  • À Charlotte Corday (Hymnes et Odes)
  • À compter nos brebis je remplace ma mère (Poésies Antiques)
  • À de Pange aîné (Épîtres)
  • À de Pange (Élégies)
  • À Fanny (I) (Élégies)
  • À Fanny (II) (Élégies)
  • À Fanny (III) (Élégies)
  • À Fanny malade (Élégies)
  • À l’hirondelle (Poésies Antiques)
  • À la France (Hymnes et Odes)
  • Ah ! je les reconnais, et mon cœur se réveille (Élégies)
  • Ah ! portons dans les bois ma triste inquiétude (Élégies)
  • Ah ! prends un cœur humain, laboureur trop avide (Poésies Antiques)
  • Amymone (Poésies Antiques)
  • Arcas et Palémon (Idylles)
  • Art d’aimer, fragment III (Poèmes)
  • Art d’aimer, fragment II (Poèmes)
  • Art d’aimer, fragment VIII (Poèmes)
  • Art d’aimer, fragment VI (Poèmes)
  • Au chevalier de Pange (Élégies)
  • Aux frères de Pange (Élégies)
  • Bacchus (Poésies Antiques)
  • Bel astre de Vénus… (Poésies Antiques)
  • Chrysé (Poésies Antiques)
  • Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyr (Dernières poésies)
  • Épigramme d’Evenus de Paros (Idylles)
  • Épilogue (Poésies Antiques)
  • Euphrosyne (Poésies Antiques)
  • Fille du vieux pasteur, qui d’une main agile (Poésies Antiques)
  • Hercule (Poésies Antiques)
  • Hylas (Poésies Antiques)
  • Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue (Élégies)
  • Il n’est que d’être roi pour être heureux au monde (Élégies)
  • Innaïs (Idylles)
  • J’étais un faible enfant qu’elle était grande et belle (Poésies Antiques)
  • Je sais, quand le midi leur fait désirer l’ombre (Poésies Antiques)
  • Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire (Élégies)
  • L’Amérique (Poèmes)
  • L’amour endormi (Poésies Antiques)
  • L’amour et le berger (Poésies Antiques)
  • L’amour laboureur (Poésies Antiques)
  • L’art, des transports de l’âme est un faible interprète (Élégies)
  • L’Oaristys (Idylles)
  • La jeune captive (Dernières poésies)
  • La jeune L
  • La jeune Locrienne (Idylles)
  • La jeune Tarentine
  • La liberté (Idylles)
  • L’aveugle (Idylles)
  • Le jeune malade (Idylles)
  • Le mendiant (Idylles)
  • Lydé (Idylles)
  • Mnazile et Chloé (Idylles)
  • Néère (Idylles)
  • Sur un groupe de Jupiter et d’Europe (Idylles)
  • Tout hommes a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères (Élégies)

Articles connexes

Suggestion de livres

 Publicité

Poésies

Œuvres poétiques, vol. 1

Œuvres poétiques, vol. 2

Imitations et
préludes poétiques,
Art d’aimer
et Elégies

André Chénier

Le miracle du siècle

Poésie et politique


‣‣‣ Articles recommandés pour vous…


 Publicité

À lire également...