Bossuet : Oraisons funèbres (1655-1687)
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Oraisons funèbres (1655-1687)
– Jacques-Bénigne Bossuet –
Jacques-Bénigne Bossuet
Jacques-Bénigne Bossuet, surnommé l’« Aigle de Meaux », né le 27 septembre 1627 à Dijon et décédé le 12 avril 1704 à Paris, est un homme d’Église, évêque, prédicateur et écrivain français. Il a écrit des sermons lyriques et profonds, et plusieurs ouvrages d’histoire et de théologie… [Lire la suite de sa biographie]
→ À lire aussi : L’oraison funèbre.
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Présentation
Les Oraisons funèbres sont des discours de Bossuet, prononcés entre 1655 et 1687. La mort est omniprésente dans l’œuvre de Bossuet. Les Oraisons funèbres sont donc, d’une certaine manière, inévitables. S’il en a prononcé douze entre 1655 et 1687, dix seulement ont été éditées : les six dernières et plus célèbres (Anne d’Autriche, Henriette de France, Henriette d’Angleterre, Marie-Thérèse d’Autriche, Anne de Gonzague, Michel Le Tellier) ont été publiées par l’auteur en 1689, la quatrième (Nicolas Cornet), sans son accord, en 1698, et les trois premières, incomplètes (Yolande de Monterby, Henri de Gournay, Père Bourgoing), dans le recueil des Œuvres de 1778.
Éviter l’impiété
Pourtant, bien qu’ils lui aient apporté la gloire de son vivant, Bossuet n’aime pas ces discours, dont les règles — héritées de la rhétorique cicéronienne — lui semblent rigides, et qui, parce qu’ils se doivent d’être des hommages avant tout, exigent de leur orateur trop de complaisance envers les faiblesses morales de ceux qu’ils évoquent. Aussi, fort de ses convictions chrétiennes (il est évêque de Meaux) qu’il ne conçoit pas de bafouer, Bossuet compose-t-il avec le genre de l’oraison pour, en détournant la plainte de son objet initial, en faire une prédication théologique.
→ À lire : L’oraison funèbre.
Une œuvre liturgique
S’il conserve, en effet, le schéma antique des quatre parties combinant l’exorde, la déploration, l’éloge, puis la péroraison, il ne développe pas l’analyse psychologique, évite le pittoresque, préférant concentrer son propos sur les leçons à tirer des existences, même les plus dissolues, de manière que chacune soit l’incarnation d’une quête spirituelle et résignée, tournée vers la « sainte mort », seule grandeur de l’Homme devant Dieu.
En joignant un thème évangélique (la providence, la vertu, la grâce, la sagesse, la piété, la pénitence…) au simple panégyrique, Bossuet renverse le propos, l’évocation de la vie du défunt illustrant alors la thèse religieuse que l’auteur entend développer dans son oraison et proposer à la méditation. Car pour Bossuet, si la vie des grands de ce monde peut être un spectacle divertissant et rassurant, l’éloge, même funèbre, doit être pédagogique et viser à l’universalité. Ainsi, les Oraisons funèbres évoquent l’essentiel des problèmes religieux qui animent le XVIIe siècle en les liant à l’Histoire, « maîtresse de la vie humaine et de la politique », cause des grandeurs et des pertes de l’humanité. Plus qu’une éloquence religieuse, les Oraisons funèbres sont une religion éloquente où la parole humaine, comme celle du prophète, se fait le miroir du verbe divin.
→ À lire : L’éloge. – L’éloge et le blâme. – L’éloge. – L’exorde. – La péroraison.
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