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Georges Schéhadé

1910 – 1989

Notice biographique
Photo de Georges Schehadé, Irmeli Jung (D.R. – coll. Irmeli Jung).

Photo de Georges Schehadé, Irmeli Jung (D.R. – coll. Irmeli Jung).

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Georges Schéhadé est né en Alexandrie (1910-1989). Après des études de droit à Beyrouth, il partage sa vie entre le Liban où il vit, et Paris où il lui arrive de faire de longs séjours. Durant ces voyages, il noue des liens avec Bonoure, Supervielle, Breton, Saint-John Perse qui déclare publiquement en 1952, après la parution du premier recueil de Schéhadé Poésie, en 1938 : « Poète, qui l’est plus ? Poète, qui l’est mieux ? ».

Georges Schéhadé est l’un des « grands » de la littérature francophone. Il a été apprécié en France et en Europe ; après la représentation, en 1951, de sa pièce Monsieur Bob’le au théâtre de la Huchette à Paris, d’autres pièces ont été présentées : Les Soirées des proverbes (1954), Histoire de Vasco (1956), pièces montées par Jean-Louis Barrault. Ensuite Les Violettes et Le Voyage. Toutes ces pièces ont connu un succès remarquable, rendu Schéhadé plus célèbre.

En 1954, Georges Schéhadé est devenu, avec Beckett, Ionesco le Roumain, le Géorgien Adamov, l’un des auteurs qui ont le plus profondément modifié la scène contemporaine, créé ce qu’on a appelé « le nouveau théâtre ». Toutefois, contrairement aux trois autres novateurs, il ne puise pas son inspiration dans le sentiment tragique, dérisoire, de notre condition. Pour lui, ni l’angoisse métaphysique, ni l’investigation psychologique, ni l’intrigue dramatique ne constituent des éléments importants ou significatifs de sa recherche, et la demi-douzaine de pièces qu’il à écrites, se passent délibérément de ce qui, à ce rêveur, à ce puriste, peut paraître « ingrédient » ou « artifice ». Le théâtre de Schéhadé, en effet, est d’abord une fête, un rendez-vous de personnages funambulesques, charmants, loquaces et pathétiques, désireux de s’épanouir poétiquement sous les yeux d’un spectateur avide d’émerveillement.

Si de ce théâtre, ou le langage lui-même est en fête, une philosophie devrait être dégagée, ce serait non le sourire d’un chant tameux, mais la secrète conviction que, par la vertu de la poésie, a maintenir un équilibre instable sur le fil poétique, a ne pas perdre. Ce fil, l’homme échappe à la perdition; il est quelque part « sauvé ».

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La poésie de Schéhadé dans ses poèmes sait, elle aussi — au-delà d’un vif sentiment de la mélancolie de vivre —, transmettre, à travers des images radieuses et sereines, l’intuition d’un paradis possible, comme une immense enfance retrouvée à même les choses visibles et le cœur réconcilié.

Les œuvres dramatiques de Schéhadé ont été traduites dans les principales langues. Au théâtre, elles ont été créées dans la plupart des pays par des metteurs en scène prestigieux.

En France, ces pièces ont été créées, pour l’essentiel, par la compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault et par la Comédie­ Française. En 1986, il se voit décerner par l’Académie française le Grand Prix de la Francophonie, créé l’année même.

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Fuyant la guerre civile (1975-1990) qui menace le Liban, Georges Schehadé quitte Beyrouth en 1978 et s’installe à Paris où il meurt en 1989. Sa tombe se trouve au Cimetière du Montparnasse.

Bibliographie sélective
Œuvres poétiques
  • Étincelles, Éditions de la Pensée latine, 1928.
  • Poésies, Guy Lévis Mano, 1938.
  • Rodogune Sinne, G.L.M., 1947.
  • Poésies II, G.L.M., 1948.
  • Poésies III, G.L.M., 1949.
  • L’Écolier Sultan, G.L.M., 1950.
  • Si tu rencontres un ramier, L’Arche, 1951.
  • Les Poésies, Gallimard, 1952.
  • Les Poésies, Poésie/Gallimard, Paris, 1969.
  • Le Nageur d’un seul amour, Gallimard, 1985.
  • Poésies VII, Dar An-Nahar, 1998.
  • Les Poésies, édition augmentée de Le Nageur d’un seul amour, Poésie/Gallimard, 2001.
Œuvres dramatiques
  • Monsieur Bob’le, Gallimard, 1951.
  • La Soirée des proverbes, Gallimard, 1954.
  • Histoire de Vasco, Gallimard, 1956.
  • Les Violettes, Gallimard, 1960 (avec des chansons de Joseph Kosma).
  • Le Voyage, Gallimard, 1961.
  • L’Émigré de Brisbane, Gallimard, 1965.
  • L’Habit fait le prince, Gallimard, 1973.
  • Chagrin d’amour, Dar An-Nahar, 1999 (lever de rideau écrit en 1938).
Autres
  • Anthologie du vers unique, Paris, Ramsay, 1977 (réédition Bartillat, 2011).
  • Œuvres complètes, Éd. Dar An-Nahar, 1998.

Choix de poème : Lorsque nous aurons

Lorsque nous aurons
Des plages douces à toucher par le regard
Et cette vie où l’ombre s’écarte du jour
Le repos viendra avec ses trésors
Vous et moi sur la terre des plages
Ô mon amour qui demandez au sommeil des voyages.

Georges Schéhadé, Poésies III, Lorsque nous aurons, Gallimard, Paris, 1949.

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Articles connexes

Œuvres de/sur Georges Schéhadé


Les Poésies / Le Nageur d’un seul amour

Anthologie du vers unique

Georges Schehadé ou la poésie du réel

Les Violettes

Georges Schehadé, poète des deux rives

Monsieur Bob’le

Les Poésies de Georges Schéhadé

La Soirée des proverbes

L’émotion poétique

Le théâtre du poète
Suggestion de livres

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