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Jean Giono

Le Chant du monde(1934)

👤 Jean Giono
Jean Giono est un écrivain français, dont de nombreux romans ont pour cadre — voire pour personnage principal — la Provence. Il est né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970 dans la même ville. [Lire la suite de sa biographie]
📚 Autres œuvres : Le Hussard sur le toit (1951). – Un roi sans divertissement (1947). – Que ma joie demeure (1935). – Colline (1928).

Présentation
Laurent Fourcaut, Le Chant du monde de Jean Giono, Paris, Gallimard, coll. « Foliothèque », 1996.

Laurent Fourcaut, Le Chant du monde de Jean Giono, Paris, Gallimard, coll. « Foliothèque », 1996.

Le Chant du monde est un roman de Jean Giono, publié en 1934, aux éditions Gallimard. Le roman a pour cœur la fusion de la nature et des personnages mais il se présente aussi comme une épopée, une nouvelle guerre de Troie, où la fraternité des hommes l’emporte après les combats et les violences dans un parcours mythique centré sur le fleuve rêvé.

Le Chant du monde est un livre mythique, à tous les sens du terme. Il l’est par la place particulière qu’il occupe dans l’œuvre considérable de Giono : maint lecteur avouera pour lui sa prédilection, au moins parmi les livres de la « première manière », alléguant un pouvoir unique de séduction, voire de fascination. […] Il l’est aussi – et ceci explique sans doute cela – en ce qu’il laisse l’impression tenace d’un texte qui, quoique moderne, aurait su faire revivre avec une prodigieuse fraîcheur, dans un espace et un temps volontairement étrangers à la réalité historique, des figures et des épisodes de la mythologie universelle.

(Laurent Fourcaut, Le Chant du monde de Jean Giono, Paris, Gallimard, coll. « Foliothèque », 1996)

Un chant ancien

Le titre de ce roman a hanté depuis 1925 Giono, qui désirait en effet écrire un « roman dans lequel on entendrait chanter le monde ». De 1930 à 1933, il en rédige plusieurs moutures, les unes disparues, les autres insatisfaisantes. Le texte définitif est salué par la critique comme « une épopée de la nature », rivalisant même pour certains avec le Cantique des cantiques de Henry Miller.

Une épopée

Deux hommes, Antonio, l’homme du fleuve, dit « Bouche d’or », et Matelot, un vieux bûcheron, remontent le fleuve vers le pays Rebeillard, à la recherche du fils de ce dernier, le « besson aux cheveux rouges ». Sur leur chemin, ils viennent en aide à Clara, une jeune aveugle, dont Antonio s’éprend, et croisent les bouviers, hommes de Maudru, eux aussi à la recherche du besson ; ils comprennent que celui-ci est vivant, mais prisonnier du territoire de Maudru. Ils parviennent à Villevieille, au cœur de celui-ci, et se rendent chez Toussaint, le guérisseur, le frère de Junie, la femme de Matelot. Ils y trouvent le besson et Gina, la fille de Maudru, que ce dernier a enlevée et pour laquelle il se bat. L’hiver, la neige qui enserre le fleuve ainsi que les bouviers aux aguets les empêchent de partir. L’arrivée du printemps libère les forces vives. Antonio et le besson vengent Matelot, abattu par traîtrise. Ils mettent le feu au domaine de Maudru et quittent, enfin, le pays Rebeillard à bord du radeau construit par le besson. Gina et Clara, venue rejoindre son sauveur pour l’éclairer à son tour, les suivent et les soutiennent dans ce retour vers le fond de la vallée où ils fonderont de paisibles foyers.

Une épopée de la nature
Jean Giono, Le Chant du monde, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2000.

Jean Giono, Le Chant du monde, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 2000.

Le livre s’inscrit pleinement dans l’imaginaire gionien où les éléments naturels jouent un rôle majeur, éclairant les histoires d’amour de rivalités, de jalousie et de combats fratricides. À travers le personnage principal, Antonio, « l’homme du fleuve », le texte fait une large place à la vie d’une nature puissante, fascinante, à la fois bonne et dangereuse, avec laquelle Antonio entre en contact sensuel. À travers lui, la « nature chante » (d’où son surnom de « Bouche d’or »), manifestant sa vie propre, son dynamisme souterrain.

De nombreuses images « métaphorisent » ce dynamisme et le rendent tangible. Les trois règnes de la nature sont alors transformés en véritables personnages auxquels sont confrontés les autres personnages, les humains. De cette confrontation, ceux-là sortent grandis. Leurs faits et gestes s’inscrivent, eux aussi, dans le dynamisme du monde, participent aussi au « chant du monde », obéissent, comme les autres éléments, à la chaîne naturelle des transformations.

L’absence de repères spatio-temporels précis, les qualificatifs homériques des personnages, leurs actions singulières, confèrent à l’intrigue une résonance mythique. D’Orphée au chant ensorcelant à Prométhée, le voleur de feu, en passant par Œdipe, le fils révolté, et Jésus, le sauveur de l’humanité, Antonio et le besson aux cheveux rouges font revivre, à travers leur quête initiatique, les grands archétypes de l’imaginaire occidental nourri de mythologie antique.

Parmi les suites envisagées dès 1934 mais dont aucune n’a été écrite, on peut compter un projet d’adaptation cinématographique abandonné ; toutefois, l’œuvre fut adaptée au cinéma par Marcel Camus en 1965, et pour le théâtre, en 1968, par Giono lui-même, sous le titre Le Cheval fou.

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