Jules Renard

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Auteurs français

Jules Renard

1864 – 1910

Jules Renard, né à Châlons-du-Maine (Mayenne) le 22 février 1864 et mort le 22 mai 1910 (à 46 ans) dans le 8e arrondissement de Paris, est un écrivain français. Il est l’auteur de plusieurs récits réalistes et tendres, et a publié par ailleurs un célèbre Journal.

« Mes mots feront fortune, pas moi »

Photo de Jules Renard, vers 1900Né à Chalons-du-Maine, près de Laval, Pierre-Jules Renard,  dit Jules Renard, grandit dans la Nièvre, à Chitry-les-Mines. Dès 1881, il fait de Paris sa résidence principale. Il fréquente les cafés littéraires, écrit des chroniques pour des revues, mais vit dans la misère. Le manque d’argent ne gêne pas Jules Renard, pour qui l’écriture prime sur tout. Son mariage améliore sa situation financière et lui permet de participer à la création de la revue le Mercure de France, qui publie des extraits de ses Sourires pincés (1890). Deux ans plus tard, il publie un court roman, L’Écornifleur, qui met en scène un jeune intellectuel parasite, semant le trouble dans une famille bourgeoise. Son succès lui ouvre les portes de plusieurs journaux parisiens. Il s’attaque à un nouveau roman.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin »

Son roman autobiographique ou sa longue nouvelle Poil de Carotte paraît en 1894. Ce récit autobiographique retrace l’enfance malheureuse de François Lepic, souffre-douleur et dernier d’une famille de trois enfants, ballotté entre une mère despotique et un père résigné. Face aux humiliations et aux corvées perpétuelles, il apprend à être hypocrite, menteur, sournois, et parfois cruel. Jules Renard dresse un portrait sombre et sans concession de l’enfance, même si le roman est émaillé de nombreux traits d’humour. Au moment où il rédige le roman, il écrit dans son journal : « L’enfant, Victor Hugo et bien d’autres l’ont vu ange. C’est féroce et infernal qu’il faut le voir. […] L’enfant est un petit animal nécessaire. Un chat est plus humain. »

→ À lire : Jules Renard : Poil de Carotte (1894).

« Ce petit coin de terre contient tout ma vie »

Jules Renard est un romancier du terroir. Dans Poil de carotte comme dans la plupart de ses romans, il puise son inspiration dans la campagne de sa « petite patrie », la Nièvre. Le Vigneron dans sa vigne (1894), Histoires naturelles (1896), Bucoliques (1898) ou Nos frères farouches (1908) en sont autant d’exemples. Jules Renard ne peut se défaire du pays où il a grandi, qui l’« impressionne jusqu’aux larmes ». Il y retourne très souvent, y loue une maison, puis devient maire de Chitry en 1904. Au cours de ses fréquentes visites, il se promène, observe la nature et les paysans. Il en tire des portraits sarcastiques et ironiques, souvent empreints de tendresse.

« Je lis des pages de ce journal : c’est tout de même ce que j’aurai fait de mieux et de plus utile dans ma vie »

De 1887 à 1910, Jules Renard tient sans discontinuer son Journal (posthume, 1925-1927) où se trouve restitué l’esprit de toute une époque, dans un style où affleurent les bons mots et les aphorismes. Véritable mine d’informations sur le paysage littéraire du début du XXe siècle, le Journal vaut aussi par l’éclairage qu’il apporte sur la personnalité de l’auteur. Dreyfusard convaincu, anticlérical et pacifiste, Jules Renard fréquente Jean Jaurès, Léon Blum et admire Victor Hugo. On découvre également dans ce journal un vif intérêt pour le théâtre, auquel Jules Renard doit sa consécration : ses comédies en un acte (Le Plaisir de rompre, 1896 et Le Pain de ménage, 1898) connaissent un franc succès et le décident plus tard à adapter ses œuvres romanesques les plus célèbres (Poil de Carotte, 1900 et Monsieur Vernet, tiré de L’Écornifleur, 1903).

📽 15 citations choisies du Journal de Jules Renard
  • Les hommes naissent égaux, dès le lendemain, ils ne le sont plus. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Je sais enfin ce qui distingue l’homme de la bête : ce sont les ennuis d’argent ! (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Il n’y a pas d’ami, il n’y a que des moments d’amitié. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Le bonheur, c’est d’être heureux ; ce n’est pas de faire croire aux autres qu’on l’est. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Ne vis pas ! Contente-toi de toujours désirer vivre. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • La rêverie est le clair de lune de la pensée. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Il faudrait faire du théâtre satirique avec la netteté d’un Beaumarchais et l’abondance d’un Rabelais. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Notre égoïsme va si loin que nous croyons, en temps d’orage, qu’il ne tonne que pour nous. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • C’est si ennuyeux, le deuil ! A chaque instant il faut se rappeler qu’on est triste. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Deux hommes qui ne se connaissent pas sont capables, par amour-propre, de passer l’un à côté de l’autre, dans un désert, sans se saluer. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Passer sa vie à se juger soi-même, c’est très amusant et, au fond, ce n’est pas bien malin. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Le secret d’écrire aujourd’hui, c’est de se méfier des mots dont le sens est usé et d’une syntaxe qu’on a mal apprise. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Relis, relis. Des choses que tu n’as pas comprises hier, tu seras tout étonné de les comprendre aujourd’hui. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l’est, il reste beaucoup à faire : à consoler les autres. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)
  • Dans nos joies les plus expansives, gardons toujours au fond de notre âme un coin triste. C’est notre refuge, en cas d’alarme subite. (Journal, 1887-1910, 1925-1927)

Autres citations de Jules Renard.

Bibliographie

Romans

  • Les Roses. Les Bulles de sang. Poésies dites par Mme Danièle Davyle de la Comédie-Française (1886)
  • Crime de village (1888)
  • Sourires pincés (1890)
  • L’Écornifleur (1892)
  • La Lanterne sourde (1893)
  • Coquecigrues (1893)
  • Deux fables sans morale (1893)
  • Le Coureur de filles (1894)
  • Poil de Carotte (1894)
  • Histoires naturelles (1894)
  • Le Vigneron dans sa vigne (1894)
  • X… roman impromptu (1895)
  • La Maîtresse (1896)
  • Bucoliques (1898)
  • Les Philippe (1907)
  • Patrie (1907)
  • Mots d’écrit (1908)
  • Ragotte (1909)
  • Nos frères farouches (1909)
  • Causeries (1910)
  • L’Œil clair (1913)
  • Les Cloportes (1919)

Théâtre

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  • La Maîtresse (1896)
  • Le Plaisir de rompre (1897)
  • Le Pain de ménage (1898)
  • Poil de Carotte (1900)
  • Monsieur Vernet (1903)
  • Le Cousin de Rose (1908)
  • La Bigote (1909)
  • Huit jours à la campagne (1912)

Journal

  • Journal, 1887-1910 (1925-1927)
  • Leçons d’écriture (2008)

Articles connexes

Suggestion de livres


Poil de Carotte

Journal (1887-1910)

L’Écornifleur

Poil de Carotte (Fiche de lecture)

Poil de Carotte (comédie)

Les Pensées de Jules Renard

Jules Renard, écrivain de l’intime

Huit Jours à la Campagne


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