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Genres littéraires

La biographie
de l’Antiquité au XXe siècle

Vies exemplaires

Le terme biographie (du grec bios, « vie », et graphein, « écrire »), histoire de la vie d’un personnage, est apparu seulement au XVIIIe siècle, mais il correspond à un genre littéraire très ancien. Durant l’Antiquité, on s’intéresse aussi bien aux vies des philosophes qu’aux vies des grands hommes politiques (comme les Vies parallèles de Plutarque ou les Vies des douze Césars de Suétone). Au Moyen Âge, le genre s’illustre notamment dans les nombreuses vies de saints (dont la célèbre Légende dorée rédigée par le dominicain italien Jacques de Voragine), qui jouent un rôle d’édification essentiel dans la vie religieuse. Il se prolonge et s’enrichit à la Renaissance et à l’époque classique : sur le modèle de Plutarque, se multiplient les vies des hommes illustres, grands conquérants ou martyrs chrétiens, artistes ou savants dont la vie paraît mémorable. Ces vies exemplaires ont alors une fonction éducatrice, et sont la source première d’une réflexion sur l’homme. Elles concernent des êtres jugés dignes d’admiration, et se rapprochent donc souvent du genre de l’éloge.

Vies d’écrivains

Cet intérêt pour les vies décline à partir du XVIIIe siècle, ainsi qu’au XXe siècle, tandis qu’une autre conception de l’histoire se met en place. S’il existe encore d’importantes biographies, aux enjeux idéologiques importants — Chateaubriand propose la biographie édifiante d’un réformateur d’ordre religieux dans la Vie de Rancé ; Renan écrit en 1863 une Vie de Jésus où il présente le Christ comme un homme et non comme un Dieu —, le roman, jusqu’alors méprisé, prend le relais de la biographie : les grandes sommes romanesques du XIXe siècle, telle La Comédie humaine de Balzac, cherchent, par d’autres voies, à peindre l’homme. À la faveur du mouvement romantique, l’intérêt pour l’individu entraîne un autre déplacement, celui de la biographie vers l’autobiographie.

Avec le développement de la critique littéraire à la fin du XIXe siècle, les vies d’écrivains occupent une place nouvelle : le critique Sainte-Beuve y contribue en grande partie, en s’efforçant d’expliquer les œuvres par la vie de leurs auteurs.

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La biographie en question

S’opposant à Sainte-Beuve, Proust soutient au contraire qu’on ne saurait confondre celui qui écrit (l’auteur) et celui qui vit. Son point de vue a eu un grand retentissement sur la critique littéraire de ces dernières décennies, qui a délaissé l’approche biographique des œuvres.

Le genre biographique, considéré comme peu littéraire, est par ailleurs assez méprisé au début du XXe siècle. On assiste cependant au retour en force de ce genre depuis les années quatre-vingts. Toutes sortes de biographies sont en effet publiées, aussi bien de personnages historiques (rois de France, présidents de la République, résistants…) que d’écrivains, de peintres ou de ces nouveaux héros du monde moderne que sont les vedettes du sport ou du cinema. Les biographes aussi se sont diversifiés: ils sont historiens, journalistes, critiques d’art on romanciers. À cela s’ajoutent des vies de petites gens, de gens ordinaires, en rupture avec la tradition des « hommes illustres ». Enfin, à côté de biographies marquées par un souci croissant d’exactitude, au point de ressembler parfois à de véritables enquêtes policières, on trouve des biographies romancées, voire de fausses biographies.

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