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La poésie ou le genre lyrique

Qu’est-ce que la poésie lyrique ?

La Poésie lyrique, Classicocollège, Belin – Gallimard, 160 p.

La poésie lyrique ou le genre lyrique est un genre littéraire noble, adapté à l’expression des sentiments élevés, dont l’acception a évolué au cours des siècles. Les sentiments ou les émotions sont généralement liés à des thèmes religieux ou existentiels dans des formes rythmiques permettant le chant ou la déclamation avec accompagnement musical.

La poésie lyrique peut exprimer des sentiments très divers, comme l’élan de la reconnaissance et de l’admiration à la vue de la bonté de Dieu, des merveilles de la création, des charmes et des prodiges de la vertu, ou les émotions ardentes de la victoire, ou les douces et agréables rêveries ; et ce sera toujours avec une verve, avec des mouvements qui la caractérisent entre toutes les expressions poétiques.

Le poème lyrique privilégie l’expression plus ou moins vive de la subjectivité ou de thèmes existentiels au moyen des ressources de musicalité, de rythme, d’évocation visuelle ou affective propres au langage.

Le genre lyrique renferme six genres de poèmes : l’ode qui est la plus haute expression de cette sorte de poésie, l’élégie, le dithyrambe, la
cantate, la chanson et l’épithalame.

→ À lire : L’ode. – L’élégie.

Aperçu historique

Dans l’Antiquité, on désigne traditionnellement comme « lyrique » toutes les parties des poèmes destinées à être chantées, afin de les distinguer des genres épiques, tragiques, comiques ou satiriques, fondés sur des différenciations d’attitudes et d’émotions.

Au XVIe siècle, le déclin des genres fait évoluer cette définition. Ainsi, pour les membres de la Pléiade, le terme « lyrique » caractérise-t-il surtout l’ambition d’une poésie d’inspiration élevée, opposant la lyre, le noble instrument d’Apollon, à la vulgaire flûte des bergers.

L’expression des sentiments opposés à l’action, qui définit au XIXe siècle encore la poésie lyrique par rapport à la poésie épique, sert bientôt à distinguer le langage poétique de la langue ordinaire et de la prose (cet « universel reportage » dont parle Mallarmé). Le lyrisme romantique compte des poètes aussi différents que Vigny, Lamartine, Pétrus Borel, Victor Hugo. L’Aurélia de Nerval est typiquement une muse lyrique, que sacre l’union désespérée de l’amour et de la poésie. Charles Baudelaire, dans son sonnet des Correspondances, confie aux sons, aux parfums et aux couleurs « une magie suggestive » empreinte de lyrisme.

Cette « voie » lyrique fait aussi celle de l’« alchimie du verbe » et des sens d’Arthur Rimbaud, celle encore, plus intimiste, de Paul Verlaine ou, plus caustique, de Tristan Corbière. Au brusque silence d’Arthur Rimbaud s’appose la quête du Livre unique par Stéphane Mallarmé, qui pousse le poème lyrique à son point le plus irréductible, en prônant la disparition du motif et, par là même, celle du poète.

Pourquoi cette poésie est appelée « lyrique » ?

Cette poésie a été appelée lyrique (lyre), parce que, dans le principe, elle était non seulement chantée, mais composée aux sons des instruments de musique ainsi David s’aidait de la harpe, Pindare s’accompagnait de la lyre pour composer les poésies admirables qu’ils nous ont laissées.

Le poète est musicien. Il prélude, il s’anime au son de ce prélude, il se donne à lui-même la mesure, le mouvement, la période musicale les vers naissent avec le chant, et de là, l’unité de rythme, de caractère et d’expression entre la musique et les vers : c’est ainsi qu’une poésie chantée est naturellement soumise au nombre et à la cadence. C’est, du reste, dans l’origine, le privilège de toute poésie ; mais lorsque, dans la suite, la poésie se sépare de la musique, et que les poètes commencent à faire des ouvrages en vers pour les lire et non pour les chanter, on réserve le nom de lyrique aux poèmes destinés à être unis à la musique ou au chant.

Avantage de la poésie lyrique

Dans les autres poèmes, l’écrivain ne remplit point le personnage de poète, l’art même consiste à le faire oublier. Mais dans le genre lyrique, c’est le poète lui-même qui s’annonce et qui va chanter, le poète inspiré par les muses, et qui doit en parler le plus riche et le plus magnifique langage.

Il est vrai que dans l’épopée, on suppose aussi le poète inspiré ; mais son inspiration est tranquille, la Muse raconte et le poète écrit. Dans la poésie lyrique, au contraire, le poète est tout rempli, possédé de la Muse ou du Dieu qui s’est emparé de ses sens. Aussi a-t-il besoin, pour réussir dans ce genre, de ces qualité si rares et si précieuses qui, suivant Horace, font le véritable poète un génie créateur, un esprit presque divin, et une diction toujours riche, noble, majestueuse et souvent sublime. 

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Les genres dans la poésie lyrique

On distingue deux genres de poèmes lyriques l’un est grave, héroïque, solennel. Il vient d’une admiration excitée par de magnifiques spectacles, d’une joie vive, d’une émotion profonde. C’est alors un transport d’enthousiasme, un ravissement de l’âme. Ce genre, dit Nicolas Boileau,

Élevant jusqu’au ciel son vol ambitieux,
Entretient dans ses vers commerce avec les dieux ;
Aux athlètes dans la Pise il ouvre la barrière,
Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière.

L’autre genre est simple, tendre et gracieux. Il naît d’objets plus ordinaires, comme la vue d’une fête, l’aspect des fleurs c’est un chant gracieux et
doux qui, d’après le même poète, Nicolas Boileau,

Peut peindre les festins, les danses et les ris.

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Le but de la poésie lyrique

La poésie lyrique, comme toute poésie, doit avoir pour but non seulement de plaire, mais encore d’instruire. Par conséquent, loin de chercher à flatter les inclinations vicieuses de notre nature déchue, le poète lyrique vraiment digne de ce nom se rappellera que ces accents, quelle que soit la puissance de leur harmonie, ne seront que des sons funestes, s’ils ne présentent pas à notre âme, créée pour la vertu, des exemples et des leçons salutaires.

Il se fera donc un devoir, dans ses chants harmonieux, de mêler l’utile à l’agréable, en faisant goûter à notre cœur les préceptes de la morale la plus pure, et à notre intelligence les principes de la philosophie la plus saine, en nous excitant, par ses élans et ses transports pieux, à l’admiration et à la gratitude envers le Créateur, et en cherchant dans ses accords à réjouir saintement les âmes vertueuses et à procurer la gloire
de Dieu.

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