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L’anglais

 

La langue anglaise - Do you speak english? Parlez-vous l'anglais ?

Introduction

L’anglais est un principal moyen de communication des habitants du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, de l’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud et de beaucoup d’autres pays. L’anglais est la langue officielle de nombreux pays du Commonwealth, où il est largement compris et utilisé. Aucune autre langue n’est parlée dans autant de pays ni – à l’exception du chinois – par autant de locuteurs.

L’anglais fait partie du groupe anglo-frison au sein de la branche occidentale des langues germaniques, qui est elle-même une sous-famille des langues indo-européennes. Il est très proche du frison, assez proche du néerlandais (et des dialectes hollandais et flamand) et des dialectes bas allemands (plattdeutsch). Il est plus fortement différencié du moyen haut allemand et de son rejeton actuel, le haut allemand, langue standard de l’Allemagne moderne.

Vocabulaire

L’anglais de A à Z : grammaire, conjugaison et difficultés. Hatier (2011).

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Le vocabulaire anglais s’est énormément enrichi au cours des 1 500 ans de son évolution. Le dictionnaire le plus complet de la langue anglaise, l’Oxford English Dictionary (13 vol., 1933), édition révisée du New English Dictionary on Historical Principles (10 vol., 1884-1933), contient 500 000 mots. On estime cependant que le vocabulaire de l’anglais contemporain comprend plus de 1 million de mots, compte tenu des expressions argotiques et dialectales ainsi que des termes scientifiques et techniques qui, pour beaucoup d’entre eux, ne sont apparus dans la langue qu’au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Le vocabulaire anglais est en partie d’origine germanique (vieil anglais et scandinave) et à moitié d’origine romane (français et latin). De nombreux emprunts au latin, au grec et au français expliquent l’ampleur du lexique. Certains procédés permettent en outre la création de mots nouveaux de façon plus libre qu’en français, parmi lesquels la substantivation d’onomatopées (par exemple burp, « rot », ou clink, « tintement »), l’addition de préfixes et de suffixes (par exemple –ness ou –ist), la combinaison de parties de mots différents (par exemple brunch, « brunch », composé d’éléments de breakfast, « petit déjeuner », et de lunch, « déjeuner »), la libre formation de composés (par exemple bonehead, «crétin», littéralement « tête d’os ») et la dérivation régressive, ou formation de mots à partir de mots anciens (par exemple to jell, « épaissir », formé à partir de jelly, « gelée »).

L’anglais fait également un grand usage de la mutation fonctionnelle, qui est facilitée par les particularités de la structure syntaxique de l’anglais, et qui consiste à faire passer un mot d’une catégorie syntaxique à une autre (par exemple le substantif shower, « douche », peut être utilisé comme verbe, to shower, « se doucher »).

Orthographe

L’anglais est réputé avoir, avec le français, l’un des systèmes d’orthographe les plus difficiles au monde. La représentation écrite de l’anglais n’est pas exacte du point de vue phonétique pour deux raisons principales.

Tout d’abord, l’orthographe des mots a moins évolué que leurs sons : par exemple, le k muet de knife (couteau) et le gh muet de right (droit) étaient autrefois prononcés (lire ci-dessous période du moyen anglais). En second lieu, certaines difficultés orthographiques ont été artificiellement ajoutées à la langue : par exemple, au cours du XVIe siècle, un b fut inséré dans doubt (emprunté au français, et qui s’écrivait jusqu’alors doute) d’après dubitare, source latine du mot. On trouve un exemple frappant de divergence entre l’orthographe et la prononciation dans les quatorze façons différentes d’écrire le son ch, comme par exemple dans anxious (ænkches, « anxieux »), fission (fichen, « fission »), fuchsia (fiouche, « fuchsia ») et ocean (ochen, « océan »).

Accent tonique, hauteurs de ton et joncture

Outre les voyelles et consonnes, l’anglais dispose d’autres moyens de différenciation des mots, notamment l’accent tonique et la joncture.

L’accent tonique consiste à prononcer une syllabe de façon plus appuyée, ce qui différencie par exemple le nom ‘record, « registre » (accent sur la première syllabe), et le verbe re’cord, « enregistrer» (accent sur la deuxième syllabe).

La joncture produit des différences phonétiques dues au placement de la limite entre les mots, ce qui permet par exemple de différencier la prononciation en deux mots de black bird, « oiseau noir », de celle en un seul mot du nom composé blackbird, « merle ».

Inflexion

L’anglais moderne est une langue relativement peu flexionnelle. Les noms ont des terminaisons séparées uniquement au cas possessif et dans les nombres pluriels. Certains verbes ont une conjugaison dite «forte», avec un changement vocalique interne, par exemple sing, sang, sung, «chanter». Il n’existe que soixante-six verbes forts. Les autres verbes, et en particulier tous les verbes nouveaux, ont une conjugaison « faible », dans laquelle un suffixe dental marque le passé, comme dans play, played, « jouer ». La troisième personne du singulier a, au présent, une terminaison en –s, comme dans he does, « il fait ». Un suffixe –ing marque le participe présent. Presque aucune autre marque que celles-ci n’affecte la conjugaison du verbe. Cette grande simplicité morphologique est compensée par l’emploi de nombreux auxiliaires comme have, « avoir », can, « pouvoir », may, « pouvoir » (au sens d’éventualité ou de permission), must, « devoir », etc.

Les adjectifs monosyllabiques et certains adjectifs disyllabiques sont infléchis au comparatif et au superlatif ; par exemple, large, « grand », donne larger, « plus grand », ou happy, « heureux », donne happiest, « le plus heureux » ; d’autres adjectifs expriment les mêmes distinctions à l’aide respectivement de more, «plus», et de most, « le plus ».

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Les pronoms sont les éléments les plus fortement infléchis du discours en anglais, avec des formes de cas régime, telles que me, « me », ou him, her, « le, la, lui », en plus des formes nominatives I, he, we, « je, il, nous » et possessives my, his, hers, our, « mon, son, la sienne, notre ou nos ».

Évolution de la langue
Colette Stevanovitch : Manuel d'histoire de la langue anglaise des origines à nos jours. Ellipses Marketing (2008).

Colette Stevanovitch : Manuel d’histoire de la langue anglaise des origines à nos jours. Ellipses Marketing (2008).

On distingue généralement trois grandes étapes dans le développement de la langue anglaise :

  1. le vieil anglais, nommé jadis « anglo-saxon », s’étend de 449 à 1066 apr. J.-C., date de la conquête normande ;
  2. le moyen anglais couvre la période allant de 1066 à environ 1500 ;
  3. l’anglais moderne couvre la période allant de 1500 à nos jours ; on le subdivise en « anglais moderne ancien », de 1500 à 1660, et en « anglais moderne récent », de 1660 à nos jours.
Période du vieil anglais

Le vieil anglais, variante du germanique occidental, était parlé par certains peuples germaniques (les Angles, les Saxons et les Jutes) habitant des régions correspondant de nos jours au sud du Danemark et au nord de l’Allemagne, qui envahirent la Grande-Bretagne au Ve siècle apr. J.-C. et repoussèrent les populations indigènes de langue celtique vers le nord et vers l’ouest (la langue bretonne parlée en France fut d’ailleurs introduite à cette époque par une partie des Celtes de Grande-Bretagne qui fuirent sur le continent). Avec le temps, la forme originelle du vieil anglais évolua et des dialectes régionaux apparurent. Dès le IXe siècle, en partie grâce à l’influence d’Alfred le Grand, roi des Saxons occidentaux et premier souverain de toute l’Angleterre, le saxon occidental devint la langue dominante de la littérature en prose. Les œuvres en latin de saint Augustin, de saint Grégoire et de Bède le Vénérable furent traduites et la poésie en dialectes northumbrien et mercien fut transcrite en saxon.

Le vieil anglais était une langue flexionnelle, caractérisée par des verbes forts et des verbes faibles, un nombre duel pour les pronoms (par exemple, une forme pour « nous deux » et une autre pour « nous »), deux déclinaisons différentes pour les adjectifs, quatre déclinaisons pour les noms et des distinctions grammaticales de genre. Grâce à ces flexions, l’ordre des mots était beaucoup plus libre que dans la langue d’aujourd’hui. Il y avait deux temps verbaux : le présent-futur et le passé. Bien qu’offrant de nombreuses possibilités de construction lexicale, le vieil anglais avait un vocabulaire limité. Il a emprunté quelques noms propres à la langue celte, en particulier des termes géographiques comme Aberdeen, « bouche de la Dee ». Une dizaine de noms communs du vieil anglais qui nous ont été transmis par la littérature sont d’origine celtique, parmi lesquels bannock, « pain d’avoine », cart, «charrette», down, « duvet » et mattock, « pioche ». La plupart des mots d’origine celtique de l’anglais moderne, c’est-à-dire des mots tirés du gallois, du gaélique écossais ou de l’irlandais, sont cependant des emprunts relativement récents.

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Environ cent quarante mots latins, dérivés du grec pour beaucoup, furent introduits durant la période du vieil anglais. Les mots altar, « autel », mass, «messe», priest, « prêtre », psalm, « psaume » et pear, « poire », en sont des exemples caractéristiques. Certains furent introduits par les Celtes, d’autres par les envahisseurs germaniques, qui étaient eux aussi entrés en contact sur le continent avec la culture romane. Mais l’introduction du plus grand contingent de termes latins fit suite à la propagation du christianisme. Il s’agissait à la fois de termes ecclésiastiques et de mots de sens plus général.
On connaît en vieil anglais environ quarante mots scandinaves, introduits par les Vikings qui envahirent la Grande-Bretagne à plusieurs reprises à partir de la fin du VIIIe siècle. Les premiers mots à avoir été introduits furent des mots relatifs à la mer et au combat, qui furent suivis, peu après les premières invasions, de termes en usage dans le système social et administratif scandinave, par exemple le mot law, « droit », de même que la forme verbale are, « sont », et des mots d’emploi aussi courant que take, « prendre », cut, « couper », both, « les deux », ill, «malade» et ugly, « laid ».

Période du moyen anglais

Ce fut au plan grammatical une période de grande simplification. Au début de la période du moyen anglais, qui date de la conquête normande de 1066, la langue était encore flexionnelle, alors qu’à la fin de la période le rapport entre les éléments de la phrase dépendent avant tout de l’ordre des mots. Dès 1200, les trois ou quatre cas des substantifs au singulier avaient été ramenés à deux et la terminaison en -es pour indiquer le pluriel du nom avait été adoptée. Les distinctions de genre grammatical furent remplacées par des distinctions de genre naturel. Le nombre duel tomba en désuétude et le datif et l’accusatif des pronoms furent ramenés à une forme commune. La conjugaison des verbes fut simplifiée par l’omission de terminaisons et par l’emploi d’une forme commune pour le singulier et le pluriel des temps passés des verbes forts.

L’apport lexical des Normands fut très important. Avant 1250 environ, près de neuf cents nouveaux mots avaient fait leur apparition en anglais, principalement des mots comme baron, noble et feast, « fête », dont les classes moyennes anglo-saxonnes avaient besoin pour leurs affaires avec la noblesse normande. La noblesse et le clergé normands, qui connaissaient l’anglais, y introduisirent des mots français relatifs au gouvernement, à l’Église, à l’armée, à la vie à la cour ainsi qu’aux arts, à l’éducation et à la médecine. Un autre effet de la conquête normande fut l’introduction de l’écriture carolingienne et une modification de l’orthographe.

Le midland, dialecte du moyen anglais dérivé du dialecte mercien du vieil anglais, prit de l’importance au cours du XIVe siècle lorsque les comtés dans lesquels il était parlé devinrent des centres universitaires, économiques et culturels. Sa variante orientale devint la langue de toute la zone métropolitaine de la capitale, Londres, et se répandit probablement, au sud de la Tamise, dans le Kent et le Surrey. Son influence fut renforcée par son utilisation administrative et aussi littéraire dans les œuvres des poètes du XIVe siècle Geoffrey Chaucer, John Gower et John Lydgate.

Pendant cette période de mutation linguistique, les autres dialectes du moyen anglais continuèrent à exister et certains dialectes issus de ceux-ci sont encore en usage au XXe siècle. L’écossais des Lowlands, par exemple, provient du dialecte du Nord.

Période de l’anglais moderne

À partir du début de la période de l’anglais moderne, le vocabulaire s’accrut grâce à la généralisation de la mutation fonctionnelle et à de nombreux emprunts à d’autres langues, notamment au latin et au grec, qui bénéficiaient pendant la Renaissance d’un renouveau d’intérêt. D’autres mots furent introduits en anglais par les voyageurs et les marchands. Au cours de cette évolution, l’anglais moderne fit des emprunts à plus de cinquante langues différentes.

D’importants changements grammaticaux se produisirent à la fin du XVIIe et au cours du XVIIIe siècle. C’est à cette époque que furent établies les règles formelles de la grammaire anglaise. Le pronom possessif neutre its apparut, remplaçant la forme génitive his, qui était encore la seule forme possessive utilisée par les traducteurs de la Bible du roi Jacques (1611). Les temps progressifs se développèrent à partir de l’emploi du participe en –ing.

L’anglais du XXe siècle

Dans la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, la langue des individus cultivés est dite prononciation standard. Dialecte de classe plutôt que dialecte régional, il s’appuie sur un type de langue parlée cultivé dans les écoles publiques et, bien sûr, dans les universités d’Oxford et de Cambridge. Beaucoup d’Anglais ayant parlé dans leur enfance des dialectes régionaux acquièrent la prononciation standard en fréquentant l’école et l’université. L’influence de celle-ci s’est encore accrue au cours des dernières années en raison de sa diffusion par des médias comme la British Broadcasting Corporation.

Divers dialectes régionaux et locaux continuent à avoir cours dans les différents comtés de Grande-Bretagne. D’autres dialectes régionaux importants se sont aussi développés, comme la langue anglaise d’Irlande, qui conserve certaines particularités de prononciations et certaines différences lexicales, parmi lesquelles l’usage de mots archaïques comme adown (pour down, « en bas ») et des emprunts celtiques comme banshee, « fée ». Le dialecte écossais des Lowlands (Basses Terres), appelé parfois lallans, contient également des différences de prononciation, ainsi que des mots qui lui sont propres, généralement d’origine scandinave. L’anglais parlé en Australie, avec une diphtongaison marquée des voyelles, utilise également certains mots particuliers, issus d’usages propres aux dialectes régionaux anglais ou empruntés à des termes indigènes australiens.

L’anglais américain

La colonisation de l’Amérique du Nord s’est traduite par un développement considérable de l’anglais. Les différences les plus caractéristiques entre l’anglais américain et l’anglais britannique concernent la prononciation et le lexique. Les différences sont moins marquées en matière d’orthographe, de hauteur de ton et d’accent tonique. L’anglais américain écrit a également tendance à être plus rigide en matière de grammaire et de syntaxe, tout en étant plus tolérant dans l’usage des néologismes. En dépit de ces différences, il est souvent difficile de déterminer, en dehors du contexte, si une œuvre littéraire a été écrite en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Afrique du Sud.

Le pidgin english

L’anglais est aussi entré dans un certain nombre de langues simplifiées qui se sont développées parmi des populations non anglophones. Le pidgin english, parlé dans les îles mélanésiennes, la Nouvelle-Guinée, l’Australie, les Philippines et Hawaii ainsi que sur les côtes asiatiques de l’océan Pacifique, s’est développé comme moyen de communication entre commerçants chinois et anglais. Le chinois a adopté quantité de mots anglais et créé ainsi un moyen d’échange doté d’une structure grammaticale simple. Le bichelamar, pidgin parlé dans les îles du Pacifique Sud et Ouest, renferme de nombreux mots polynésiens. Le chinook, jargon utilisé jusqu’au XIXe siècle comme plangue véhiculaire par les Amérindiens, les Français et les Anglais sur la côte pacifique nord-américaine, contient des mots anglais, français et amérindiens, tandis que sa structure grammaticale est fondée sur celle du chinook, langue amérindienne qui lui a donné son nom. L’emploi de formes de pidgin english est en expansion en Afrique, en particulier au Cameroun, au Sierra Leone et en Afrique orientale.

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Le français et l’anglais

Depuis maintenant plus d’un siècle, le français subit l’influence de l’anglais, après que cette influence a principalement joué en sens opposé pendant plusieurs siècles. On a vu plus haut que l’anglais avait adopté des centaines de mots français lors de la conquête normande ; ce nombre s’accrut encore considérablement dans les siècles qui suivirent, à une époque où le français était la langue internationale de la culture, de la politique et de la diplomatie. Avec l’adoption en anglais, d’abord dans la langue scientifique, de nombreux termes d’origines latine et grecque, adaptés – tout au moins à l’écrit – suivant les mêmes schémas que le français, dont bon nombre sont aujourd’hui passés dans la langue courante, les vocabulaires des deux langues se sont encore rapprochés. L’influence de l’anglais la plus visible sur le français est bien sûr lexicale. Il est de fort bon ton d’utiliser des termes anglais dans tous les domaines spécialisés, ce qui est aux yeux des francophones qui en usent ainsi un gage de modernité, l’essentiel des travaux scientifiques et technologiques dans le monde étant actuellement publié en anglais. Mais elle est également phonétique : en particulier, le phonème transcrit par ng dans parking, qui n’existait pas en français, fait aujourd’hui partie de l’inventaire phonématique de l’immense majorité des locuteurs francophones de moins de cinquante ans. Elle est aussi morphologique, avec la résurgence de suffixes d’origine française restés vivants en anglais (par exemple –ial dans managérial, entrepreneurial, etc.), et syntaxique, avec l’apparition de locutions nominales constituées selon des schémas anglo-saxons, c’est-à-dire beaucoup plus librement qu’en français standard (par exemple budget temps, personne ressource).

De nombreux francophones se sont émus de cette influence, qui dénaturerait selon eux la pureté de la langue française. Il est cependant bon de se souvenir que le français n’a jamais été une langue « pure », la pureté d’une langue étant d’ailleurs un concept pratiquement inconnu des linguistes : comme les autres langues romanes, le français est d’abord dérivé d’un latin populaire et argotique parlé par les soldats romains en garnison, dont tout laisse à penser qu’il fut passablement écorché par les gosiers gaulois qui l’adoptèrent comme seconde langue. Il subit encore une profonde influence germanique lors des Grandes Invasions, ce qui l’a amené à se différencier des autres langues romanes plus profondément qu’aucune de celles-ci. L’adoption de traits anglais, même nombreux, ne menace donc pas en soi le français. L’abandon de l’usage du français dans certains domaines et dans certaines régions est par contre un danger beaucoup plus réel. Quant aux qualités intrinsèques propres à l’une ou l’autre langue, que ce soit la clarté, la logique, la richesse du vocabulaire et la capacité qui en découle à traiter un grand nombre de sujets, souvent évoqués par les partisans de l’une comme de l’autre langue, elles proviennent essentiellement des conditions politiques dans lesquelles se trouvent celles-ci.

Dans cette querelle, le français se trouve en position défensive. Cependant, si la diversité linguistique est pour l’humanité une richesse fondamentale qui mériterait la même attention que la diversité biologique, ni les partisans du français ni ceux de l’anglais, les uns et les autres animés de volontés hégémoniques, fussent-elles opposées, ne semblent préoccupés par les milliers de langues en voie de disparition parlées à la surface du globe.

Avenir de la langue anglaise

L’influence des médias de masse se traduira par une standardisation de la prononciation et par une uniformisation de l’orthographe. De nouveaux mots ne cessent d’être forgés et les usages d’être modifiés pour correspondre aux idées nouvelles. Le vocabulaire de l’anglais s’enrichit sans cesse grâce aux emprunts linguistiques, en particulier grâce aux croisements avec l’anglais américain. En tout état de cause, seuls des bouleversements politiques majeurs seront susceptibles de remettre en question dans l’avenir l’hégémonie croissante de l’anglais.

Harrap's Dictionnaire des expressions anglaises. Larousse (2012).

Harrap’s Dictionnaire des expressions anglaises. Larousse (2012).

Expressions, locutions, syntagmes… à l’anglaise
  • Charrette anglaise. Voiture légère à deux roues, tirée par un cheval, et dont on se servait pour la promenade.
  • Jardin, parc anglais ou à l’anglaise. Jardin dont l’ordonnance générale s’inspire, par opposition au jardin à la française, d’une certaine imitation de la nature.
  • Pipe anglaise ou à l’anglaise. Pipe au talon pointu.
  • Semaine anglaise. Semaine ajoutant au congé du dimanche, la demi-journée, et plus récemment la journée du samedi.
  • Vert anglais. Le vert anglais, dont on trouve des variétés infinies dans le commerce, n’est que du vert de Scheele auquel on mélange, pendant qu’il est en pâte, du sulfate de baryte ou du sulfate de chaux délayés dans une petite quantité d’eau. Sa nuance varie depuis le vert pomme jusqu’à la teinte feuille morte.
  • Broderie anglaise. Sorte de broderie blanche ajourée.
  • Assiette anglaise. Assortiment froid de jambon d’York, côte de bœuf, rosbif, langue écarlate.
  • Crème anglaise. Entremets sucré fait de lait et de jaunes d’œufs, mélangés à 50 % et progressivement élevés jusqu’à 100 %.
  • Cor anglais. Le nom de Cor anglais, donné à cette variété [de hautbois, équivalente à l’ancien « pommer ténor » et au Hautbois de chasse], est inexpliqué, l’origine de l’instrument n’ayant rien de britannique. C’est, en réalité, un H[autbois] alto, sonnant en fa, une quinte au-dessous du H[autbois] ordinaire.
  • Clef anglaise. Elles [les clefs] sont de deux sortes : les clefs à ouverture fixe, à ouverture variable : clef anglaise et clef à molette.
  • Épingles anglaises. Synonyme : épingles de sûreté. Elles sont formées de deux branches réunies par une spirale formant ressort.
  • Cheval anglais. Race de chevaux sélectionnés et améliorés en Angleterre.
  • À l’anglaise. À la manière des Anglais : déjeuner à l’anglaise, jardin à l’anglaise (ou jardin anglais), poignée de main à l’anglaise ; se servir soi-même à l’anglaise, élever quelqu’un à l’anglaise, habiller quelqu’un à l’anglaise ; cravates nouées à l’anglaise ; coudoyer à l’anglaise, serrer la main de quelqu’un à l’anglaise, donner des coups de poing à l’anglaise ; club à l’anglaise ; filer, s’en aller, s’esquiver à l’anglaise.
  • Trotter à l’anglaise, trot à l’anglaise. Trot enlevé. Pour un cavalier, s’enlever de sa selle pour éviter une réaction sur deux, alors qu’au trot assis, le cavalier suit naturellement toutes les réactions du cheval.
  • Faire un lit à l’anglaise. Faire un lit à la hâte.

Langues du monde

Apprendre l’anglais… S’initier à l’anglais…

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