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Orthographe

L’emploi du trait d’union

Il faut qu’il monte le drame au niveau cosmique et qu’il médite sur la-faim-dans-le-monde (avec les traits d’union que les phénoménologues aiment à mettre pour décrire la ligne de leur entrée dans le monde).
.

(Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace, 1957, p. 128)

Qu’est-ce que la ponctuation ?

La ponctuation précise le sens de la phrase. Elle sert à fixer les rapports entre les propositions et les idées. D’autre part, elle sert à marquer, à l’aide de signes, les pauses et les inflexions de la voix dans la lecture.

Les principaux signes de ponctuation sont : le point [.], le point d’interrogation [?], le point d’exclamation [!], le point-virgule [;], les points de suspension [], les deux points [:], la virgule [,], les guillemets [« »], le tiret [], les parenthèses [( )].

 La ponctuation : En résumé…

⚠️ Remarque préliminaire ⚠️
En France, certaines de ces anciennes règles ne devraient plus être utilisées dans les nouveaux documents. Voir les rectifications orthographiques de 1990 concernant le trait d’union.

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Définition du trait d’union

Le trait d’union est un petit trait, droit et horizontal (), qu’on met entre deux mots que l’on veut unir, soit parce qu’ils sont censés ne faire qu’un même mot, soit parce qu’il n’est pas permis de les séparer dans le discours.

⚠ Note
Il ne faut pas confondre le trait d’union avec le tiret (—) qui est plus long et qui a d’autres fonctions. Le tiret marque le changement d’interlocuteur dans les dialogues. Il peut servir également à isoler certains éléments d’une phrase afin de les mettre en valeur.

💡 Par analogie ou au figuré, un trait d’union peut désigner une personne ou une chose servant à unir des personnes, des choses.
Synonymes : lien, pont.
On dira, par exemple, servir de trait d’union (entre des personnes, des choses).

► Le pluriel de trait d’union est traits d’union.

Emploi du trait d’union

 ● Le trait d’union sert à unir les parties d’un même mot (comme vis-à-vis, peut-être), de manière qu’ils n’en font, pour ainsi dire, plus qu’un, et alors il n’est plus permis de les séparer dans le discours. Le trait d’union sert aussi à marquer la liaison qui existe entre les mots (comme partirez-vous ? ira-t-elle ?).

● On emploie le trait d’union lorsqu’il n’y a de place à la fin d’une ligne, que pour une partie du mot qui va suivre. On place alors au bout de cette ligne la partie qui peut y entrer, et l’on ajoute le trait pour avertir de chercher le reste du mot au commencement de la ligne suivante.
En typographie et en orthographe, la coupure d’un mot est appelée parfois césure. Elle se fait en respectant le découpage du mot en syllabes et en tenant compte aussi de certaines règles. Cette coupure se matérialise par un trait d’union. La plupart des logiciels de traitement de texte et de mise en pages comportent un programme de césure automatique s’adaptant à la langue du texte. Mais en l’absence d’un tel logiciel, les coupures automatiques seront totalement évitées, sauf si la langue ou l’écriture l’y autorise.

⚠ Remarques ⚠
● Il ne faut pas mettre une lettre unique d’un mot à la fin de la ligne pour porter le reste à la ligne suivante, comme a-liment, é-tourderie, u-niversel. Il est contraire à l’unité du mot de le diviser ainsi, et le trait sert à rétablir cette unité. Quand il ne reste donc à la fin d’une ligne que la place d’une lettre, il vaut mieux espacer davantage les mots précédents, et rejeter la lettre initiale à l’autre ligne où l’on aura le mot entier.
● Il faut bien se garder de diviser les lettres d’une même syllabe, comme ca-use, ind-igne, dest-ruction. On doit diviser ainsi ces mots par syllabe entière : causeindi-gnedestruc-tion. Chaque syllabe se prononce en une seule émission, ce qui constitue une unité indivisible.

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● On réunit par le trait d’union les radicaux de certains mots composés, comme arc-en-ciel, porte-manteau, etc. Dans un sens plus général, et qui sera mieux compris, on met le trait d’union entre les parties de certains mots composés : un tire-bottes, un tire-bouchon, peut-être, etc.

💡 Info… 💡
C’est peut-être un abus d’employer le trait d’union entre les mots qui sont simplement en construction, comme au devant, au dessous, au dessus, c’est à dire, vis à vis, peu à peu, etc. Cependant on remarque que, dans l’usage général, on écrit ces mots avec des traits d’union ; c’est, du reste, l’orthographe de l’Académie française.

● Il faut joindre par un trait d’union les noms de nombre composés (ou adjectifs numéraux composé).
Exemples : dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt-deux, vingt-trois, quatre-vingts, quatre-vingt-deux, etc.
L’emploi du trait d’union cesse entre les parties d’un nombre unies par et : vingt et un, trente et un, etc.

⚠ Remarque ⚠
En 1990, l’Académie française a introduit une réforme de l’orthographe qui simplifie l’écriture des nombres inférieurs à cent. Tous les numéraux composés sont unis par un trait d’union : trois-cent-vingt-quatre, deux-cent-trois, trois-cents, etc.
 Orthographe : Rectifications orthographiques de 1990 : Le trait d’union.

● On utilise le trait d’union entre le verbe et les pronoms (je, moi, tu, toi, nous, vous, il, elle, ils, elles, le, la, les, lui, leur, en, y, ce, on) mais seulement lorsque ces pronoms sont après le verbe et qu’ils en sont le sujet ou le complément.
Exemples : Réponds-moi, approche-toi, fais-le-moi, dit-il, que dis-je ? etc.

⚠ Remarques ⚠
● Quand le pronom se rapporte à un infinitif placé après l’impératif, on n’emploie pas le trait d’union.
Exemples : Viens me le dire (tu viens me le dire, dire à moi : moi n’est pas complément de viens donc on n’utilise pas le trait d’union). — Laisse-moi achever (tu me laisses achever, me laisser moi : moi est complément de laisse donc on utilise le trait d’union). — Faites-moi lui parler (lui est complément de parler, et non pas de faites ; donc pas de trait d’union).
●Ne pas confondre le pronom te (écrit t’) qui se rencontre à l’impératif des verbes pronominaux, comme dans assure-t’enoccupe-t’enapproche-t’ensouviens-t’enva-t’en, etc., avec le t euphonique de s’occupe-t-il ? s’assure-t-elle ? etc. T, ainsi suivi de en, ne peut être que pronom, et demande conséquemment l’apostrophe.
● Toute deuxième personne de l’impératif qui n’a pas de s final, prend un trait d’union, par euphonie, devant en et y, pourvu que ces deux mots forment un sens indivisible ; alors on place s ou un t, qui sont tout euphoniques et rien qu’euphoniques, entre deux traits d’union.
Exemples : Vas-yva-t-en, etc.

● On emploie le trait d’union avant et après le t euphonique.
En d’autres termes, lorsque il, elle, on, sont transposés après un verbe terminé par une voyelle, on place, entre les deux, le t euphonique, qu’on sépare du verbe par un trait d’union, et du sujet par un autre.
Exemples : M’aime-t-elle ? Viendra-t-il ? A-t-il réussi ? Mange-t-il du chocolat ?
 Orthographe : L’euphonie et les lettres euphoniques.

● On attache aussi par un trait d’union au mot précédent ou suivant les particules ci, là, çà, dà.
Exemples : Ceux-ci, ce livre-là, oh-çà, oui-dà, ci-contre, là-dessus…
On écrit cependant de çà, de là, venez çà, il ira là, sans trait d’union, parce que çà et , dans ces exemples, sont des adverbes et non des particules.

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⚠ Remarque ⚠
On écrit sans trait d’union : c’est là un beau cadeau ! Que dites-vous là ? Vous avez donné là un grand exemple de justice, etc. parce que, dans ces phrases,  n’est pas un mot indispensable. Il n’y est employé que par une sorte de redondance, et pour donner plus de force et d’énergie au discours.
Selon Émile Littré, on ne met pas de trait d’union quand un complément s’intercale entre l’adverbe et le nom auquel se rapporte le déterminant démonstratif : Ce marchand de vin là. – Ces preuves de gentillesse là.

● Les mots composés avec contre– s’écrivent généralement sans trait d’union. Cependant, on réunit par un trait d’union les mots précédés de la préposition contre quand le deuxième élément commence par une voyelle ou un h muet : contre-allée, contre-amiral, contre-enquête, contre-hermine, etc.

● On met un trait d’union entre les pronoms et l’adjectif même.
Exemples : Moi-même, nous-mêmes, etc.

● Le trait d’union se met toujours entre les parties d’un nom propre, excepté ceux qui commencent par le ou la. Il ne faut pas mettre un trait d’union quand il s’agit du saint lui-même. On remarque que les règles ne sont pas encore nettes et l’usage n’est pas toujours bien fixé. Certains mettent le trait d’union là où l’Académie française ne le met pas, et inversement.
Exemples : Clermont-Ferrand, Boulogne-sur-Mer, rue Michel-Ange, le Poussin, la Fontaine, saint Michel, etc.

● Le trait d’union est utilisé entre les noms de famille français ou francisés composés de deux noms de famille comme Strauss-Kahn ou composés en l’honneur d’une personne avec son prénom et son nom de famille comme Firmin-Didot, Louis-Dreyfus ou Casimir-Perier.
→ À lire : Le nom propre. – L’emploi de la majuscule.

● Les noms de voies s’écrivent avec un trait d’union sous la forme : l’avenue de la Grande-Armée, la place de l’Abbé-Jean-Lebeuf, la rue du Chat-qui-Pêche, la rue du Faubourg-Saint-Honoré, etc. Et aussi les ouvrages d’art situés en ville ou non : la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, le tunnel du Mont-Blanc, etc.
Ceci s’applique également à tout organisme, bâtiment ou monument public portant le nom d’une personne notamment : la basilique Saint-Pierre, le lycée Louis-le-Grand, le musée Jean-Jacques-Rousseau, le stade Roland-Garros, le théâtre des Variétés-Amusantes, etc.
Quand la localité où se trouve un lieu de culte ne fait pas partie du nom du lieu de culte, on utilise le trait d’union : la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes (à Lourdes), l’église Notre-Dame-de-Lourdes (à Paris).
Pour les ordres, on met un trait d’union uniquement au nom de saint, on écrit donc l’ordre de l’Aigle noir, l’ordre de l’Étoile rouge mais : l’ordre de Saint-Patrick (saint Patrick), l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare. On supprime et pour les paroisses et les églises : la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul, l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile.

● On met toujours une majuscule et un trait d’union dans les noms d’églises, de monastères, de temples, de cathédrales, de basiliques, etc., par exemple la cathédrale Saint-Paul ; et quand saint figure dans le nom d’une ville, d’un lieu, d’un édifice, d’une rue, par exemple les halles Saint-Géry, les cliniques universitaires Saint-Luc.

● Le trait d’union figure dans les noms composés librement formés (néologismes ou créations stylistiques) ou dans des suites de mots figées.
Exemples : Train-train, porte-drapeau, va-nu-pied, etc.
 Vocabulaire : Jeux de mots.

● Certains auteurs se plaisent parfois à lier par des traits d’union certains mots dont l’ensemble est présenté comme une espèce de formule : La petite-femme-qui-aime-bien-les-bêtes (Colette, Paix chez les bêtes).

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● Le trait d’union apparaît notamment dans les noms de fusion de genres musicaux : pop-rap, jazz-funk, etc.

Ne pas confondre trait d’union et tiret !

Le trait d’union est un signe orthographique ou diacritique, en forme de tiret, servant à unir les éléments de certains mots (composés) ou de formes verbales à pronom enclitique postposé (impératif, interrogation incise).

Le tiret, quant à lui, est un signe de ponctuation reliant deux nombres (en particulier deux dates : 1921-1989) ou deux tranches alphabétiques pour indiquer que l’espace considéré commence au premier élément et se termine au second.
Quand il est plus long (), le tiret peut détacher une phrase, une proposition ou indiquant en remplacement du point de suspension le changement de sujet ou le changement d’interlocuteur dans un dialogue.

⚠️ Remarque ⚠️
Dans le domaine de l’écriture et de l’imprimerie quand tiret est employé au sens de « trait d’union », il se présente typographiquement comme le trait d’union (-), sans espacement entre les deux éléments qu’il relie. Au sens propre, il se présente comme le signe moins (-), suivi et éventuellement précédé d’un espace (d’après Colin 1979).

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