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L’enfance et la littérature

Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas.

(Victor Hugo, « Faits et croyances », in Œuvres complètes)

Présentation

L’histoire des rapports entre l’enfance et la littérature, ainsi que l’histoire du livre destiné à la jeunesse, est liée à l’évolution de la place de l’enfant dans la société.

Longtemps considéré comme un adulte miniature, l’enfant n’est perçu comme une véritable personne qu’à l’époque moderne.

Premières lectures

Jusqu’au XIXe siècle, il n’existe pas de littérature destinée à un public enfant ou adolescent.

L’enfant partage donc les lectures — éventuellement adaptées — des adultes, en particulier celle des romans de chevalerie, des récits de légendes, des épopées ou des contes populaires.

Avec l’invention de l’imprimerie, au milieu du XVe siècle, des livres d’éducation, destinés à l’instruction morale de la jeunesse, commencent à se diffuser au sein de l’aristocratie.

→ À lire : L’univers des livres. – Le conte. – Les fées. – Les ogres et les ogresses.

Une jeunesse en manque de littérature

Au XVIIe siècle, de nouvelles œuvres, comme les fables, héritières d’une tradition orale, voient le jour, avec notamment Jean de La Fontaine ; elles sont volontiers récréatives (leur lecture est un loisir) et didactiques (leur lecture doit instruire), mais aussi parfois très critiques à l’égard de la société ou du pouvoir politique, ce qui pourrait attirer la censure du roi. Cependant, leur côté didactique, avec leurs leçons de morales (« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »), leur permet d’échapper à cette censure. Plusieurs siècles plus tard, l’institution scolaire propose même ces fables en exemple à la jeunesse.

Au XVIIIe siècle, l’identité sociale de l’enfant s’affirme alors que quelques préoccupations pédagogiques (sur l’éducation des enfants) apparaissent. Une littérature moralisatrice, écrite spécifiquement pour la jeunesse (et qui tient compte de l’âge de chaque enfant), fait alors son apparition.

Cependant, la littérature que lisent et apprécient les enfants — d’abord ceux de la noblesse, puis au XIXe siècle, ceux de la bourgeoisie — demeure pour une grande part une littérature initialement destinée aux adultes. La jeunesse s’intéresse essentiellement aux romans historiques ou aux romans d’aventures.

→ À lire : La fable. – Jean de La Fontaine et la fable. – De la récitation des fables. – Les genres romanesques.

La littérature de jeunesse

Au XIXe siècle, avec les progrès de l’instruction primaire et avec la volonté de transmettre des valeurs morales, émergent une littérature et une presse enfantines.

Souvent médiocre au début du siècle, cette littérature gagne en qualité grâce au choix d’écrivains professionnels reconnus (Jules Verne, la comtesse de Ségur, George Sand, Alphonse Daudet, etc.), qui se spécialisent ou s’adonnent occasionnellement à la littérature pour la jeunesse.

Au XXe siècle, la littérature de jeunesse se diversifie. Elle s’adresse à tous les âges, des plus petits aux plus grands, aborde de nombreux genres (le roman, la poésie, le théâtre, les sciences humaines, etc.) et de nombreux thèmes. Le livre illustré (en couleurs) et la bande dessinée voient le jour.

Grâce à cette diversité, à l’encouragement à la lecture de la part des institutions scolaires et à l’apparition de livres bon marché, la littérature pour la jeunesse ne cesse de se développer.

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