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Les Aventures d’Antar

Siret Antar

Présentation

Les Aventures d’Antar (Siret Antar, en arabe) est une grande épopée chevaleresque des Arabes, en prose poétique mêlée de vers. Certains désignent ces Aventures par le Roman d’Antar.

Célèbres dans tout l’Orient, particulièrement en Syrie où elles tiennent presque lieu de toute littératureles Aventures d’Antar ne sont connues en France que par quelques fragments de traduction dont les plus anciens datent de plusieurs années.

La rédaction définitive est attribuée, sur l’autorité des travaux de Hammer, au médecin Aboul-Moyyed-Ibn-el-Modjeli, qui vivait au XIe ou au XIIe siècle. Les matériaux qu’il aurait mis en œuvre remonteraient à l’historien Asmaï, contemporain d’Haroun-el-Rachid. Grâce au succès de l’œuvre, le nom de l’auteur disparut sous son surnom de « l’Antarien », El Antari.

Le célèbre guerrier et poète arabe dont les aventures font le sujet de cette vaste composition, Antar avait demandé en mariage sa cousine Abla. Son oncle Mâlik la lui promit mais, voulant se soustraire à une alliance avec le fils d’une esclave abyssinienne, il l’entraîna dans des entreprises périlleuses. Antar, à force d’amour et d’héroïsme, triompha des obstacles qui lui étaient opposés, et obtint sa cousine.

Le poète idéalise son personnage et lui donne des proportions surhumaines. Suivant l’usage des époques où la critique n’impose aucune bornes à l’imagination, il fait entrer dans le cadre de son œuvre, on les prêtant à son héros, les exploits des plus fameux chefs et les traits les plus éclatants empruntés aux récits des anciennes guerres des tribus arabes, antérieurement à Mahomet. L’action se déroule en Arabie et dans les contrées voisines, au VIe siècle.

Photographie de Stefan Weber, prise au musée des arts de traditions populaires de Damas (palais Azem), en mai 2003.

Photographie de Stefan Weber, prise au musée des arts de traditions populaires de Damas (palais Azem), en mai 2003.

Publication

Ils ne paraissaient d’ordinaire qu’après la mort des hommes auxquels ils ont rapport, et l’on pensait y trouver bien des particularités dont ceux-ci n’avaient pu se permettre la publication de leur vivant, par des raisons de bienséance, d’intérêt ou de politique. L’air naturel et négligé dont l’auteur les faisait parler gagnait la confiance, et l’on aimait à les y voir, pour ainsi dire, dans leur déshabillé. Alors beaucoup de ces livres fourmillent de fautes, et, pour un petit nombre de bonnes choses, en contiennent une grande quantité de médiocres. Souvent ils présentent des traits satiriques faux et calomnieux ; souvent ils attribuent à celui dont ils portent le nom des discours qu’il n’a jamais tenus.

Des éditeurs s’en sont servis pour satisfaire leurs haines personnelles. Les anas ont donc fini par être décriés. Cependant il ne faut pas en pousser le dédain trop loin, et quelques-uns d’entre eux, consultés avec prudence, sont une source de renseignements utiles et curieux.

→ À lire : Les anas.

Gros plan sur l’œuvre

Le Roman d’Antar, qu’on a appelé l’Iliade de l’Orient, et qui en est plutôt l’Odyssée, est mis au premier rang des poèmes héroïques arabes. Il n’a rien perdu de sa vogue soutenue par les conteurs populaires, les Antari, qui consacrent leur vie à le faire connaître en le récitant dans les cafés. Il offre de telles analogies de procédés et de sentiments avec les poèmes et romans de chevalerie de l’Europe du Moyen Âge, qu’on a essayé de soutenir qu’il les avait inspirés mais les relations connues des chrétiens avec les Arabes avant ou pendant les croisades ne suffisent pas pour expliquer chez les premiers une aussi grande évolution poétique. Il existe du Roman d’Antar deux versions, celle de l’Irak et celle du Hedjaz. Cette dernière est la meilleure.

Un Extrait du roman d’Antar, texte arabe, a été publié à Paris en 1841. Une traduction latine de l’ouvrage fut donnée par V.-E. Menil à Leyde en 1816. À la même époque, Terrick Hamilton en traduisit le tiers en anglais sous ce titre : Life and aventures of Antar, a celebrated bedowen… (Londres, 1816). Il a été fait sur cette traduction une version française (anonyme) en 1819. Alphonse de Lamartine a donné des fragments du roman arabe dans son Voyage en Orient (Paris, 1835), notamment l’épisode de la Mort d’Antar, qu’il appelle « un des plus beaux chants lyriques de toutes les langues ». D’autres extraits ont été publiés dans le Journal asiatique par Caussin de Perceval, Cardin de Cardonne (1834, 1837), Cherbonneau (1845) et Dugat (1848, 1853), et dans la Revue algérienne par ce dernier. Enfin, on doit une traduction libre de ce roman à L.-Marcel Devic (1864).

Qui est Antar ?

Antar ou Antarafils de Chadded (ou Scheddad), est un célèbre poète arabe pré-islamique du VIe siècle. Il aurait vécu de 525 à 615 après Jésus-Christ. Guerrier renommé de la tribu des Beni ‘Abs, ses actions héroïques font le sujet de l’épopée chevaleresque des Arabes (à savoir Les Aventures d’Antar). Il vécut jusqu’a un âge avancé. Il y a des versions contradictoires sur sa mort. Certains disent qu’il périt assassiné, en 615.

Antar est auteur d’un des Moallakat (ou Mu’allaqât), que les Arabes rangent parmi les plus beaux monuments de leur littérature. Son poème fut composé à l’occasion d’un démêlé sanglant entre sa tribu et celle de Thaï. La guerre est la source de son inspiration fougueuse. Il chante ses exploits et peint le mépris de la mort, la soif des combats et l’ivresse de la victoire, en un style noble et fier, étincelant de métaphores. Ses poèmes lyriques, ou ce qui nous reste de ses poèmes, sont réunis dans le Diwan d’Antar.

Le texte de la Moallakat d’Antar a été publié par Caussin de Perceval, puis par Arnold. Il a été traduit en anglais par W. Jones (Londres, 1782), en français par Caussin de Perceval fils, dans son Histoire des Arabes, et en latin par V.-E. Menil (Leyde, 1810).

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💡 À savoir ! 💡
Antar pourrait devenir un nom commun pour désigner, figurément et ironiquement, toute personne qui se croit puissante. On dira alors au sens figuré : Pierre se prend pour un antar. – Quel Antar !

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