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Les pantomimes

 

Qu’est-ce que les pantomimes ?
Marcel Marceau, dit le mime Marceau est acteur et mime français qui devient au fil des années un des artistes les plus connus dans le monde.

Marcel Marceau, dit le mime Marceau est acteur et mime français qui devient au fil des années un des artistes les plus connus dans le monde.

Les pantomimes sont un nom par lequel on commença à désigner chez les Grecs et les Romains, à partir du 1er siècle de notre ère, des comédiens qui ressemblaient fort aux danseurs de ballets et qui rendaient leurs rôles au moyen du geste, de la danse et sans faire usage de la voix. À peine parurent-ils à Rome qu’ils furent l’objet d’une grande faveur Pylade de Cilicie et Bathylle d’Alexandrie, qui excellèrent, le premier dans la danse grave et pathétique, le second dans le drame comique enjoué, créèrent ce genre dramatique nouveau qui, grâce à leurs talents, acquit de leur temps même ses développements les plus complets.

Les pantomimes furent adulés par la jeunesse romaine, leur société recherchée par les femmes, leurs mérites chantés à l’envi par les poètes. Bientôt leurs spectacles se trouvèrent établis dans l’Italie entière et dans les provinces les plus reculées, en Illyrie, en Syrie et particulièrement à Antioche, à Carthage, à Smyrne, à Byzance, à Corinthe , à Athènes.

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Les partisans et les rivalités des pantomimes

On a donné pour raison de la vogue des spectacles mimés la grande étendue des théâtres, qui rendait difficile l’audition des paroles ; mais il faut observer que ce défaut, qui n’était pas aussi sensible qu’on le pourrait croire, aurait existé de tous temps, et l’on doit plutôt attribuer le succès des mimes à l’extension de la domination romaine et au besoin d’avoir pour des représentations scéniques, données souvent devant des spectateurs de nations différentes, une sorte de langue universelle. Auguste protégea ces spectacles, qui étaient de nature à servir sa politique. En outre l’ancien théâtre était redoutable pour le pouvoir impérial, soit par les maximes indépendantes de la tragédie, soit par les allusions de la comédie ; les drames muets méritaient donc, par plus d’un motif, d’être encouragés. Quand les pantomimes se virent placés si haut dans la faveur publique, ils se permirent ces allusions que le pouvoir n’avait pas crues possibles, et Auguste lui-même dut les châtier. Il fit fouetter Hylas et bannit Pylade. Tibère, Galigula, Néron, Trajan exilèrent tous les pantomimes ; Domitien leur interdit la scène. Ces rigueurs furent déployées, non point tant parce qu’ils ajoutaient à la corruption des mœurs que par la crainte de leurs censures. Les rivalités qui s’établissaient entre leurs fanatiques partisans dégénéraient parfois en troubles, mais ce n’était pas un motif suffisant pour les proscrire, puisque les jeux du cirque, où se produisaient des factions, ne causaient pas de moins graves désordres et ne furent jamais interrompus. Les pantomimes reparaissaient du reste toujours : le peuple les réclamait, et leur faveur ne tomba tout à fait qu’avec l’Empire romain. Lorsque Domitien eut fermé la scène aux pantomimes, ils s’étaient réfugiés chez les riches particuliers, où ils figuraient pendant les repas. Il y avait des femmes parmi eux. Les plus séduisantes venaient de l’Asie Mineure, de l’Égypte ou de Cadix.

 

Les costumes des pantomimes

Les acteurs pantomimes portaient des masques de grandeur naturelle et appropriés à leurs rôles. Ces masques n’avaient pas la bouche béante comme ceux des acteurs tragiques et comiques ; on les appelait pour cette raison masques muets. Leur costume, qui habituellement était la pella ou manteau court, et la tunica talaris, différait suivant le personnage qu’ils représentaient, mais de manière à faire, autant que possible, ressortir leurs avantages personnels. Comme ils avaient surtout pour domaine la mythologie et l’histoire héroïque, souvent leurs vêtements cachaient à peine leur nudité. Les pantomimes apparaissent légèrement drapés dans les nombreuses peintures de Pompéi, qui les présentent dans des poses variées, déployant dans leurs jeux une grande force musculaire et accusant de réelles beautés de formes.

→ À lire : Les masques au théâtre.

 

La danse pantomime

Selon Plutarque, la danse pantomime était composée de trois parties :

  • le pas ou la marche, représentant vivement une action ou l’expression d’un sentiment ;
  • la figure ou altitude sculpturale que prenait le danseur à la fin de la marche ;
  •  la démonstration, traduction des idées par le geste.

Sur le langage manuel des pantomimes, il a été longuement disserté. Parmi les modernes, l’abbé Vincent Requeno, l’Allemand Grysar, les savants Millin et Charles Magnin ont recherché si la chironomie romaine était un art de rendre les mots d’une langue à l’aide d’un alphabet figuré avec les doigts, ou si la mimique s’adressait aux sens et à l’imagination de tous. Ch. Magnin penche sans hésitation pour cette dernière hypothèse. L’art du pantomime s’appelait saltation.

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 ℹ Note
La chironomie est l’art de régler les gestes des mains, et plus généralement les mouvements du corps, dans la comédie et dans la chorégraphie ; cet art est conservé dans certaines danses orientales.

 

Affiche de Jules Chéret (1836-1832) pour le Musée Grévin, « Pantomimes lumineuses » (1896-1900).

Affiche de Jules Chéret (1836-1832) pour le Musée Grévin, « Pantomimes lumineuses » (1896-1900).

Les interprétations

Les pièces faites pour les pantomimes, dites mimodrames, étaient jouées par un seul acteur qui remplissait successivement les divers rôles d’hommes et de femmes, et changeait de masque et de costume pendant l’exécution des morceaux lyriques. Rarement plusieurs acteurs figurèrent ensemble dans un même ballet, au moins durant les trois premiers siècles de la pantomime.

Toutefois, en Grèce, dans la même période, des ballets pantomimes furent exécutés par plusieurs acteurs. Les mimodrames n’étaient pas toujours entièrement muets. Ils admirent longtemps le Canticum, qui était dit par un coryplrée dans l’orchestre ou par un chœur sur le pulpitum. Le jeu des pantomimes était accompagné par une musique de flûtes avec addition de syringues et de cymbales. Le psaltérion, la harpe syrienne et les crotales furent plus tard ajoutés à ces instruments.

 

L’écriture des pantomimes

Quelques poètes écrivirent spécialement des cantica pour les pantomimes. Filon, au rapport de Sénèque, composa des tragédies pour ces acteurs. Tisamène faisait des cantica pour les chœurs. Mais le plus souvent les ballets pantomimes n’étaient autre chose que des tragédies grecques ou latines raccourcies et privées des dialogues (des diverbia). Les textes des cantica s’empruntaient dans ce cas aux anciens poètes tragiques. D’autres fois les œuvres de poètes épiques tels qu’Homère, Hésiode, Virgile étaient mises à contribution. Les Métamorphoses d’Ovide devinrent une source où puisèrent volontiers les pantomimes. Souvent les cantica étaient écrits en grec, ce qui rendit nécessaire, non à Rome, mais dans les provinces, l’emploi d’un traducteur ou énonciateur scénique, enunciator ab scœna grœca. Quand on supprima les cantica, on conserva l’énonciateur, qui expliquait le sujet de la pièce jouée et les incidents de l’action mimée.

 

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Les pantomimes dans les temps modernes
Photo de Jean-Gaspard-Baptiste Deburau. Le Théâtre des Funambules connut la célébrité, à partir de 1830, avec ses pantomimes.

Photo de Jean-Gaspard-Baptiste Deburau. Le Théâtre des Funambules connut la célébrité, à partir de 1830, avec ses pantomimes.

Dans les temps modernes, l’art des pantomimes ne fut pas tout à fait négligé. On joua au théâtre de l’Opéra-Comique au XVIIIe siècle et sur les théâtres forains de Paris des scènes muettes, où des acteurs se rendirent populaires. Les restrictions que les privilèges de l’Opéra et de la Comédie-Française permirent d’imposer aux représentations des scènes de la foire forcèrent ces dernières de suppléer par la pantomime à la musique et à la parole. Plus tard J.-G. Noverre accomplit dans le ballet en faveur de la mimique une réforme qu’il parvint à faire accepter après de longs efforts. Ce genre est resté le triomphe de la pantomime sérieuse, qui s’est même glissée avec succès dans l’opéra. Le rôle de Fenella dans la Muette de Portici est composé pour être rendu tout entier par le geste et l’expression de la physionomie. Le Théâtre des Funambules a été le dernier refuge de la pantomime (ce théâtre connut la célébrité, à partir de 1830, avec les pantomimes de Jean-Gaspard-Baptiste Deburau. En 1862, le Théâtre des Funambules disparut avec l’ancien boulevard). Elle y a paru adroitement associée à des réminiscences de la comédie italienne. En Angleterre l’acteur Garrick se montra pantomime excellent. Dans l’Orient, beaucoup de peuples, les Chinois entre autres, ont des pièces qui se jouent sans le secours de la parole. On peut leur assimiler les danses expressives des Persans, et aussi les jeux dramatiques à l’état d’art naïf de bien des pays dont ils sont tout le théâtre.

On connut aussi les ballets-pantomimes qui, admis en Italie dans les concours solennels, furent introduits dans les fêtes religieuses, et peu à peu ils se substituèrent à tous les autres genres de spectacles.

 

Les pantomimes… en vidéos

Parmi les pantomimes célèbres : Jean-Louis Barrault, Charlie Chaplin, Famille Deburau, Étienne Decroux, Maximilien Decroux, Buster Keaton, Jacques Lecoq, Marcel Marceau, Carlos Martínez, Harpo Marx, Robert Shields, Baptiste Deburau, Henryk Tomaszewski.

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Étienne Decroux – La Grammaire

Marcel Marceau

Marcel Marceau – Un Soir à l’Eden

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