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Les symboles de la République française

Présentation

Les symboles de la République française sont apparus lors de la Révolution française. Ils ne sont pas adoptés comme tels immédiatement. C’est sous la IIIe République, en 1870, que les symboles de la République se sont, petit à petit, institutionnalisés. Ainsi la devise, née en 1848 mais boudée sous le Second Empire, s’impose après 1870. Il en est de même pour le drapeau tricolore ou La Marseillaise. Sauf sous le régime de Vichy (1940-1944), ces symboles perdurent au XXe siècle. Ils sont rappelés par les Constitutions de 1946 et de 1958 (article 1).

La loi no 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République proclame :

La devise de la République, le drapeau tricolore et le drapeau européen sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 est affichée de manière visible dans les locaux des mêmes écoles et établissements.

(Article L III-1-1)

Pourquoi les sénateurs ont-ils proposé cet amendement qui a été finalement adopté par le Parlement ? Il s’agit en fait de donner du sens aux citoyens et surtout aux élèves pour qui les mots comme République, valeurs, principes sont des mots abstraits et difficiles à appréhender. Faire découvrir et étudier ces symboles doivent donc permettre de donner de la chair et des images mentales indispensables à la formation des  (futurs) citoyens.

La République française a, principalement, quatre symboles : le drapeau tricolore, la devise « liberté, égalité, fraternité »Marianne et son bonnet phrygien, La Marseillaise et la fête nationale du 14 juillet. À cela, s’ajoutent le coq gaulois, le Grand sceau et l’hexagone.

Le drapeau tricolore

🇫🇷 En France, il n’existait pas de véritable drapeau national sous l’Ancien Régime ; le drapeau tricolore fait son apparition en 1793, sous la Convention. Si le drapeau blanc à fleur de lys a été adopté à l’époque de la Restauration, il disparait définitivement en 1830.

En fait, le drapeau tricolore est né trois jours après la prise de la Bastille quand Louis XVI revêt la cocarde tricolore. Bleu et rouge sont les couleurs de la ville de Paris et le blanc la couleur du roi. On pourra faire remarquer que l’ordre des ces trois couleurs n’est pas anodin : le roi (blanc) se trouve comme encerclé, contrôlé par les Parisiens (bleu et rouge). On assiste à un changement de rapport de force : Louis XVI n’apparaît plus comme le roi « absolu ».

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À plusieurs reprises, le drapeau tricolore a été menacé. Le 25 février 1848, lors de la proclamation de la République, les insurgés veulent un drapeau totalement rouge. C’est Alphonse de Lamartine qui, en homme politique, harangue la foule et en poète a su trouver les mots pour sauver le drapeau national :

[…] le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. […] Si vous m’enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l’Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l’Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d’un parti ; c’est le drapeau de la France, c’est le drapeau de nos armées victorieuses, c’est le drapeau de nos triomphes qu’il faut relever devant l’Europe. La France et le drapeau tricolore, c’est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis.

Le drapeau tricolore est aujourd’hui le seul emblème national de la France, défini par l’article 2 de la constitution de la Ve République.

La devise « Égalité, liberté, fraternité »

Une devise est une courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d’ordre résumant une règle de conduite ou un idéal.

La devise révolutionnaire « Liberté, égalité, fraternité » s’installe très vite dans les débats révolutionnaires. Elle est la devise aussi sous la IIe République et s’inscrit sur tous les bâtiments officiels en 1880 seulement, en laissant dans le paysage français des monuments (mairies, écoles, etc.) à l’affirmation ostentatoire des principes fondamentaux de la Révolution française et de la République.

Quelle que soit notre foi politique ou religieuse, nous avons appris, au long de ces quatre années, que la nation est capable de nous unir étroitement dans son amour. Liberté, Égalité, Fraternité… ce n’est plus pour nous une formule vide, écrite sur les murs officiels. Cette devise s’est incarnée de nouveau, elle s’est faite chair et sang…

(François Mauriac, Le Bâillon dénoué,1945, p. 394)

La maxime « Liberté, Égalité, Fraternité » puise ses origines au XVIIIe siècle. Au siècle des Lumières, le binôme liberté, égalité – qui apparaît sous la plume de nombreux penseurs, dont le Chevalier de Jaucourt et Jean-Jacques Rousseau – renvoie à un idéal politique qui inspire les acteurs de la Révolution. L’idée de fraternité est moins présente. Fénelon et Thomas More, comme les loges maçonniques (qui jouent un rôle important à partir de 1789) la mettent cependant en avant, soulignant sa centralité vis-à-vis de tout progrès du système politique.

En 1755, dans une ode à la gloire du gouvernement helvétique, Voltaire associe implicitement les trois termes : « La liberté ! J’ai vu cette déesse altière avec égalité répandant tous ses biens […]. Les États sont égaux et les hommes sont frères. » Mais c’est Rousseau qui, dans son Discours sur l’économie (1855), propose cette triade comme une des bases du contrat social.

Actuellement, la devise rappelle les trois grandes valeurs de la République française. Les valeurs sont des idéaux à atteindre qui sont devenus des droits pour les citoyens.

Marianne et son bonnet phrygien
Buste de Marianne et son bonnet phrygien

Buste de Marianne et son bonnet phrygien.

La Marianne, elle aussi révolutionnaire, devient le symbole du peuple (ou de la France personnifiée). Elle porte un bonnet phrygien qui, dans l’Antiquité, représente le bonnet des esclaves affranchis, libérés de la servitude à Rome. Elle symbolise la liberté du peuple français. Ce personnage allégorique représentant la République française a été popularisé sous la IIe République en 1848. On trouve Marianne déjà dans de célèbres tableaux comme La Liberté guidant le peuple (1830) d’Eugène Delacroix.

Le 25 septembre 1792, la Convention nationale adopte comme nouveau sceau de l’État « une figure de la Liberté » représentée par une femme avec un bonnet phrygien. Les premières mentions de Marianne au sens de la République apparaissent entre 1792 et 1794 en Languedoc, où l’on chante une chanson occitane à succès, Le Garisou de Marianno.

La Marseillaise

La Marseillaise est, à l’origine, un chant militaire. Les paroles et la musique de la future Marseillaise – (le chant s’intitulait à l’origine Chant de guerre pour l’armée du Rhin) – ont été écrites en avril 1792 par l’officier du génie Claude Joseph Rouget de Lisle.

En effet, La Marseillaise est composée pour les armées du Rhin, quand la Révolution est en danger, menacée aux frontières par les troupes autrichiennes qui sont décidées à l’écraser. Ce sont les volontaires venus du Midi, de Montpellier et de Marseille, remontant sur Paris au son de la chanson de Rouget de Lisle, qui popularisent cet hymne guerrier. En 1795, La Marseillaise devient hymne national ; elle disparaît au XIXe siècle, quand la République est remplacée par des périodes de monarchie et d’empire (1802-1879), pour redevenir l’hymne national au début de la IIIe République.

Si La Marseillaise apparaît unique dans sa fonction d’hymne officiel, il n’en reste pas moins qu’identifiée par différents types de lectures et de réappropriations politiques, elle est « encore plusieurs », comme l’écrit Michel Vovelle dans Les Lieux de mémoires ; elle a, de fait, une étrange capacité à incarner des idéaux antagonistes.

→ Exercice à trous : La Marseillaise.

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La fête nationale du 14 juillet

Le Quatorze Juillet désigne la Fête nationale française et les festivités qui marquent sa célébration. Elle est instituée officiellement en 1880, en commémoration de la prise de la Bastille de 1789 et de la Fête de la Fédération de 1790. Le 14 juillet de chaque année est désormais un jour férié légalement défini par le code du travail, article L3133-1.

La fête nationale du 14 juillet vient d’une journée révolutionnaire de l’année 1789. La prison de la Bastille est assiégée, moment anecdotique des événements parisiens de ce cette période… ; mais symbolique aussi, car la Bastille représente l’arbitraire royal. La fête de la Fédération (réunie le 14 juillet 1790), censée représenter l’alliance du roi et de la nation, marque le début de la postérité de cette journée qu’en 1880, quand la IIIe République cherche un jour à célébrer pour unir tous les Français (c’est alors à la fois la prise de la Bastille qui sera retenue, et la fête de la Fédération).

Le 14 juillet connaît toujours un grand succès.  La journée s’organise autour de deux éléments principaux, le défilé militaire et l’ensemble des festivités populaires. À Paris, le traditionnel défilé militaire sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris fait l’objet d’une préparation minutieuse. Partout en France se déroulent bals, illuminations ou feux d’artifice.

Bal du 14 juillet, Théophile Alexandre-Steinlen, 1889.

Bal du 14 juillet, Théophile Alexandre-Steinlen, 1889.

Le coq
Le Coq gaulois, Projet Timbre-poste

Coq gaulois, Projet Timbre-poste Decaris, Albert 1961 © ADAGP, Paris 2017.
© Coll. Musée de La Poste, Paris / La Poste.

Le coq est, à l’origine, un des insignes de la nation gauloise. On l’a retrouvé sur le revers des monnaies gauloises suite à la découverte, à Lewarde en 1844, d’une médaille gallo-romaine. Il est facile donc de prouver que le nom et l’image du coq ont été usités comme le symbole de la France depuis cette époque-là.
Le mot « coq » est une altération du terme latin gallus, signifiant à la fois coq et gaulois, devenant ainsi le symbole de la Gaule et des Gaulois pendant l’Antiquité. Plusieurs pensent que ce n’est qu’une onomatopée du chant bien connu de cet oiseau, représenté par les syllabes : co-co-ri-co. Mais il faut attendre la fin du Moyen Âge pour voir les souverains français accepter le coq comme emblème de leur courage et de leur vigilance, et c’est seulement à partir de la Renaissance que le coq personnifie la Nation française.

Au XVIIe siècle, on trouve une médaille de 1601, frappée en Italie pour célébrer la naissance de Louis XIII, roi de France. Sur l’un des côtés, un enfant tient d’une main un sceptre, et de l’autre une fleur de lys. À ses pieds, se trouve un coq, emblème de la France, portant une couronne et dominant un globe. Pendant le siècle de Louis XIV, la numismatique, la sculpture, la peinture, la gravure, offrent très fréquemment le coq gaulois comme symbole de la France, non seulement en France, mais encore à l’étranger. Sur le fronton intérieur de la cour du Louvre adossé à la colonnade, on voit le coq français planté au milieu d’un soleil radieux.

Lorsqu’en 1791 la France a pris en son propre nom pour symbole le coq gaulois, elle ne fait que revendiquer un signe depuis longtemps consacré par la tradition, et dont les étrangers avaient appris eux-mêmes à comprendre plus d’une fois la valeur. Sous le règne de Napoléon, l’aigle impérial vient remplacer pendant quelques années le coq gaulois que l’on retrouve sur des drapeaux, sur des médailles et sur d’autres monuments de la Révolution française. Il convient toutefois d’observer que le coq gaulois n’a pas reçu publiquement une consécration officielle et définitive. La restauration n’a donc à son tour aucun motif de le proscrire, et nous le voyons en effet reparaître dans les œuvres d’art de cette époque, associé la plupart du temps, comme par le passé, aux insignes même de la dynastie régnante. Après le triomphe de 1830, sous l’inspiration poétique d’un souvenir qu’avait popularisé l’un des chants de Béranger, le coq gaulois est salué par acclamation comme symbole national, et reçoit bientôt de la royauté constitutionnelle la sanction légale qui lui avait manqué jusqu’alors. Depuis cette époque, le coq gaulois ne cesse plus de figurer sur le sceau de l’État et sur les drapeaux de la garde nationale et de l’armée.

Si la République française lui préfère aujourd’hui le symbole de la Marianne, il figure toutefois sur le sceau de l’État, qui est celui de la IIe République : la liberté assise tient un Coq sur un canon avec gouvernail sur lequel est représenté le coq. Il est surtout utilisé à l’étranger pour évoquer la France, notamment comme emblème sportif, désigné par l’appellation de « Coq sportif ».

Le Grand sceau de France

Le Grand sceau était le sceau du roi, qui est entre les mains du Chancelier ou du Garde des sceaux. On l’apposait sur les édits, les lettres patentes, les lettres d’abolition, de rémission, les provisions de charges et les offices.

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C’est à la IIe République que remonte le sceau actuel. Cette dernière, après avoir utilisé du 23 février au 9 septembre 1848 le sceau de la Ière République, confie au graveur Jacques-Jean Barre le soin de tracer un nouveau dessin en application de l’arrêté du 18 septembre 1848 qui prescrit en son article premier :

À l’avenir, le sceau de l’État portera, d’un côté, pour type, la figure de la Liberté, et pour légende, au nom du peuple français ; de l’autre côté, une couronne de chêne et d’olivier, liée par une gerbe de blé ; au milieu de la couronne, République française, démocratique, une et indivisible, et pour légende, liberté, égalité, fraternité.

Le Grand Sceau de la IIe République en 1848. Les Républiques suivantes ont réutilisé ce sceau moyennant l’effacement de la date du 24 février 1848, qui se trouvait en-dessous de la Liberté.

Le Grand Sceau de la IIe République en 1848. Les Républiques suivantes ont réutilisé ce sceau moyennant l’effacement de la date du 24 février 1848, qui se trouvait en-dessous de la Liberté.

Sous la IIe République, l’usage du Grand Sceau de France tend à se réduire aux lois et décrets de l’Assemblée nationale et aux traités diplomatiques. C’est à cette époque que le titre de garde des Sceaux est officiellement adjoint à celui de ministre de la Justice.

Après le Second Empire, la pratique du scellement des lois est peu à peu abandonnée, la République la réservant aux seuls actes constitutionnels et aux traités (dont celui de Versailles).

Aujourd’hui l’usage du sceau n’est réservé qu’à des occasions solennelles comme la signature de la Constitution et éventuellement ses modifications. Le sceau actuel de la République est celui de la IIe République, frappé en 1848.

Le Grand Sceau de France représente la Liberté sous les traits de Junon assise, coiffée d’une couronne de lauriers radiée à sept pointes. D’un bras, elle tient le faisceau du licteur, symbole de la justice et de l’autre elle s’appuie sur un gouvernail frappé d’un coq tenant dans une de ses pattes, un globe terrestre. À ses pieds, il y a une urne avec les lettres « S.U » (Suffrage Universel). À gauche, en arrière-plan, se trouvent des symboles des arts (chapiteau), de l’agriculture (gerbe de blé) et de l’industrie (roue dentée), tandis qu’à droite, des feuilles de chêne, symbole de justice et de sagesse. En légende circulaire, on note : « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, DÉMOCRATIQUE, UNE ET INDIVISIBLE ».

L’hexagone

L'Hexagone (France)L’hexagone est un polygone qui a six angles et, par conséquent, six côtés. Cette forme géométrique rappelle la forme géographique de la France continentale, qui s’inscrit dans un hexagone presque régulier (3 côtés terrestres et 3 côtés maritimes). Pour cela, ce terme est utilisé assez souvent pour désigner la France métropolitaine.

Il y a environ deux mille ans, la France c’était la Gaule. Pendant des siècles, la France a été la France : aujourd’hui la France est encore la France, mais on l’appelle l’Hexagone.

Robert Beauvais, L’Hexagonal tel qu’on le parle, Paris, Hachette, 1970, p. 8.

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