Marie de France

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Auteurs français

Marie de France

1154 – 1189

Présentation

Marie de France est poétesse française et auteure d’un célèbre recueil de Lais. Elle est la première poète de la littérature française dont la postérité ait retenu le nom. Elle occupe une place privilégiée dans la renaissance littéraire du XIIe siècle. Marie de France appartient à la seconde génération des auteurs qui ont inventé l’amour courtois.

→ À lire : Les Lais de Marie de France. – Le lai.

Enluminure représentant Marie de France écrivant son ysopet et réalisée par « Le Maître de Papeleu » vers 1290.

Enluminure représentant Marie de France écrivant son ysopet et réalisée par « Le Maître de Papeleu » vers 1290.

Une existence mystérieuse

On sait peu de choses de la vie de Marie de France. Sans doute d’origine normande, elle vit à la cour d’Henri II Plantagenêt, un mécène qui aime s’entourer de prestigieux écrivains, tels Jean de Salisbury, Robert Wace ou Benoît de Sainte-Maure. Ses œuvres sont signées d’un seul prénom : Marie. Leur datation est incertaine. Entre 1167 et 1189, on lui attribue des Fables et l’adaptation française du Purgatoire de saint Patrick, d’après un traité du moine cistercien Henri de Saltrey.

Les Lais de Marie de France

L’œuvre majeure de Marie de France est un recueil de douze récits, sans doute composés vers 1170, en vers octosyllabiques à rime plate : les Lais de Marie. Retrouvez ci-après la liste des lais de Marie de France :

  • Guigemar (Guyomarch II de Léon, héros descendant d’une fée et appelé à faire régner les vertus chevaleresques),
  • Equitan (nom d’un roi adultère puni par le mal qu’il voulait infliger),
  • Freisne (le frêne, où est abandonné une enfant qui, devenue une belle servante, est reconnue par ses parents nobles),
  • Bisclaveret (de bleizgarvet, en breton « transformé en loup cerf », thème proche de celui de La Belle et la Bête),
  • Lanval (Sire Lanval accusé d’homosexualité par la reine Guenièvre),
  • Les Deus Amanz (sur le thème de l’amour contrarié par des lois absurdes et de la mort qui réunit seule les amants),
  • Yonec (nom du fils adultérin qui venge sa mère mal mariée à un vieillard jaloux),
  • Laustic (du breton eostig, « rossignol », allégorie de la création poétique comme une réponse à l’adultère impossible),
  • Milun (sur le thème de la filiation cachée),
  • Chaitivel (« Le Malheureux », sort réservé au mari auquel la dame chaste préfère ses prétendants morts pour elle),
  • Chevrefoil (le chèvrefeuille qui réunit les tombes des amants désunis),
  • Eliduc (inversion du mythe de Tristan et Iseut sur le thème de la bigamie des marins et en réponse à celle ci, à travers l’évocation d’une belle au bois dormant, la solidarité féminine, voire le divorce).
Origines du genre

D’origine celtique, le terme de « lai » désigne sans doute d’abord un poème narratif de type musical. En français, il prend ensuite plusieurs sens pour désigner un court poème narratif, un poème lyrique, ou plus généralement un chant. Comme précurseur du genre, on trouve Robert Biket, auteur du Lai de l’ombre, écrit en hexasyllabes ; le Lai d’Havelock date sans doute lui aussi du milieu du XIIe siècle. Selon Michel Stanesco, « Marie de France a lancé plutôt la mode du lai qu’elle ne l’a inventée ». On trouve d’autres lais, anonymes ou non, légèrement postérieurs à ceux de Marie. L’ensemble forme un corpus de trente-cinq textes.

→ À lire : Le lai.

L’originalité des Lais de Marie de France

D’une longueur variant entre une centaine de vers (Le Chèvrefeuille) et un millier (Éliduc), les Lais de Marie ont pour thème une histoire d’amour confrontée à de multiples péripéties, avec çà et là des exploits ayant trait à la chevalerie et à la légende du roi Arthur. Ils ont tous pour sujet une aventure, un événement imprévu, surnaturel ou non, qui n’arrive qu’à des êtres prédestinés.

L’art de la poétesse est de mettre en vers des récits qu’elle a recueillis de la bouche de bardes ou de harpistes bretons, en atténuant le féerique primitif, en exaltant le sentiment de l’amour, qui, débarrassé des conventions sociales, étranger aux différences de rang, se distingue de l’amour courtois, et trouve sa fin et sa justification en lui-même.

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Se défendant de toute intention moralisante, Marie fonde sa morale sur sa conception de l’amour, qui est plénitude, constance et clarté. Usant avec parcimonie du merveilleux, elle introduit des aspects « psychologiques », des indications géographiques qui ancrent ses récits dans un cadre breton, ou encore des usages et des pratiques propres au monde courtois et aristocratique, qui créent un univers poétique constamment maintenu à égale distance entre le réel et l’imaginaire.

→ À lire : Les Lais de Marie de France.

Une œuvre inégalée

La concision et la densité de la narration, la sobriété de la langue fuyant la recherche, les images et les métaphores confèrent aux Lais de Marie de France une distinction et une homogénéité que n’ont pas égalé ceux de ses contemporains.

Bibliographie
  • Fables de Marie de France, traduction et présentation de Françoise Morvan, Babel-Actes sud.
  • Lais de Marie de France, traduction et présentation de Françoise Morvan, Babel-Actes sud.
  • Œuvres de Marie de France, édition de Philippe Walter, Folio Classique, édition bilingue.
  • Philippe Walter, Naissances de la littérature française, IXe-XVe siècle – Anthologie. Ellug Éditions, 1998.

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Lais Bretons (XIIe-XIIIe siècles) – Marie de France et ses contemporains


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