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Polichinelle

Présentation

Polichinelle est le plus ancien de tous les personnages de la commedia dell’arte. Spirituel, insolent, fanfaron et lâche, avec son nez en bec  de corbin, sa bosse, son gros ventre et son parler imitant le cri des oiseaux, il est devenu cosmopolite.

→ À lire : La commedia dell’arte. – Pierrot. – Arlequin.

Histoire et évolution du personnage
Polichinelle (c. 1650), une gravure de Nicolas Bonnart

Polichinelle (c. 1650), une gravure de Nicolas Bonnart.

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Pulcinella, le Polichinelle italien, descend des bouffons des atellanes (pièces de théâtre bouffonnes dans l’Antiquité romaine) : Maccus et Bucco. De l’un, il a la sottise, l’insolence et la méchanceté ; de l’autre, l’orgueil, la lâcheté et le vice. Il arbore un nez crochu, un estomac proéminent (assimilé parfois à une bosse), une énorme bosse dans le dos, et de longues jambes. Comme il imite la démarche et le piaulement des poulets, on le surnomme Pullus Gallinaceus puis, par contraction, Pulcino, Pulecenella ou Pulcinella.

Pulcinella disparaît pour resurgir, au XVIe siècle, dans les parades de la troupe napolitaine de Silvio Fiorello (mort en 1632). Au XVIIe siècle, il porte le nom de Pulliciniello. Son costume est devenu une blouse blanche ample, serrée à la taille par une ceinture de cuir qui retient un sabre de bois et une escarcelle. Son pantalon est large et plissé et il porte des souliers de cuir. Un chiffon blanc, bordé d’un galon vert, lui sert de tabaro. Sa figure est couverte d’un demi-masque noir à longues moustaches et à barbe.

En 1645, sur la scène de la Comédie-Italienne de Paris, Pulcinella adopte le fameux costume rouge et galonné de vert. Molière introduit le personnage de Polichinelle dans une des entrées de ballet de Psyché (1671) et dans le premier intermède du Malade imaginaire (1673). En 1697, Michelangelo Fracanzano accroît exagérément la grosseur des deux bosses et se coiffe d’un feutre gris orné de deux plumes de coq.

Polichinelle n’est pas avare de coups de bâton (son « satou aux grosses créances » comme il l’appelle), car c’est de cette monnaie-là qu’il paye ses dettes. C’est un être égoïste et féroce. Il se soucie peu des autres et cherche sans cesse querelle. Après son bâton, sa préférence va à la bouteille et aux femmes. Malgré un physique ingrat, et une bourse vide, il est si entreprenant et persuasif qu’il a du succès : « La femme est un être bizarre et mystérieux : c’est la seule bonne chose en ce monde, après le vin et les coups. ».

Le Polichinelle français est devenu un personnage du théâtre de marionnettes. Le Polichinelle allemand a pour nom Hans Wurst, le Polichinelle anglais, Punch ou Punchinello, et le Polichinelle russe, Petrouchka — Igor Stravinski lui a d’ailleurs consacré un ballet (Petrouchka, 1911).

→ À lire : Les marionnettes.

Origines

Les étymologistes ont violemment extrait Pulcinella du bas-latin Pullicenus, qui signifie « poulet », trouvant une ressemblance entre le nez de l’histrion et le bec du volatile. Des critiques, au lieu d’aller chercher l’ancêtre de Pulcinella chez les Romains et même chez les Étrusques, ont adopté une tradition d’après laquelle un certain Paolo Cinella ou Puccio d’Aniello, natif d’Acerra, paysan d’une tournure grotesque et d’un esprit facétieux, aurait été enrôlé dans une compagnie d’acteurs dont il aurait fait la fortune. À sa mort, un de ses compagnons aurait pris le costume, le masque et le nom légèrement modifié du bouffon campanien (originaire de la Campanie, une région d’Italie méridionale). Quoi qu’il en soit, Pulcinella, absent des représentations sacrées du Moyen Âge, est, au XVIe siècle, tiré de l’oubli, renouvelé ou inventé par un comédien du nom de Silvio Fiorello, qui l’introduit dans les parades napolitaines. C’est à Naples qu’il s’est le mieux maintenu, et le petit théâtre de San Carlino devient sa résidence officielle. Du reste, Polichinelle n’a jamais occupé une grande place dans la littérature dramatique, ni en Italie ni en France, quoique Molière lui ait donné entrée dans un intermède du Malade imaginaire. Il appartient surtout au théâtre des marionnettes.

→ À lire : Les marionnettes.

Polichinelle selon le dictionnaire

Polichinelle occupe une bonne place dans les entrées des dictionnaires. Avec une majuscule, Polichinelle est tout simplement un personnage bouffon de la Comédie italienne.

En tant que substantif masculin, on trouve la pratique de polichinelle qui est un petit instrument utilisé par le marionnettiste pour donner à la marionnette représentant Polichinelle la voix particulière du personnage. La voix de polichinelle désigne une voix aiguë et nasillarde.

Par métonymie, un polichinelle est une personne travestie en Polichinelle, et en particulier, un bateleur de foire incarnant au XIXe siècle le personnage de Polichinelle. Par analogie, un polichinelle désigne une personne qui se plaît à faire ou à dire des bouffonneries en société (synonyme de bouffon, clown, pasquin (vieilli), pitre et zouave).

De là, on peut utiliser des locutions familières comme :

  • Faire le polichinelle : se comporter de manière bouffonne ; par extension, agir déraisonnablement. Synonymes : faire le guignol, le pitre, le zouave.
  • Faire, mener une vie de polichinelle : Faire des frasques ; mener une vie déréglée, une vie de patachon.
  • Avoir un polichinelle dans le tiroir/sous le tablier : Être enceinte.
  • Et un secret de Polichinelle ? Lisez cet article : Les personnages littéraires dans la langue française.

De plus, un polichinelle implique une personne ridicule par son allure physique ou son comportement, et par extension, une personne laide ou difforme.

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Un polichinelle est également un homme versatile et sans caractère, ayant pour synonymes : fantoche, girouette, marionnette, pantin.

Dans le langage populaire (vieilli), un polichinelle est un verre d’eau-de-vie.

En typographie, on appelle polichinelle la représentation réduite ou à l’échelle d’un document comportant textes, images et illustrations mis en pages. Ce document permet de visualiser l’aspect final de l’ouvrage avant de passer à l’étape de production.

En plus du mot polichinelle, on retrouve dans le dictionnaire les mots suivants :

  • Polichineller (verbe intransitif) : Contrefaire la voix d’un polichinelle ; par extension, se comporter de manière bouffonne, faire le polichinelle.
  • Polichinellerie (substantif féminin) : Pièce bouffonne où Polichinelle joue ou pourrait jouer le rôle principal ; au figuré, action, parole bouffonne ; par extension, action, parole ridicule. – Caractère grotesque (d’une personne, d’une chose).
  • Polichinellesque (adjectif) : Digne d’un polichinelle.

À lire : Comment utiliser un dictionnaire ?Les dictionnaires et les encyclopédies.

Polichinelle en chansons

France Gall

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Polichinelle est une chanson de France Gall. Elle est initialement parue en 1967 sur un EP. La chanson a été écrite par Pierre Saka et Jean Bernard.

Édith Piaf

Polichinelle est aussi une chanson d’Édith Piaf. Elle a été écrite par Jacques Plante, mise en musique par Charles Dumont, et enregistré le 15 février 1962.

⚠ Remarque 
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