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Auteurs français

Romain Gary

1914-1980

Je sais que la vie vaut la peine d’être vécue, que le bonheur est accessible, qu’il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu’on aime avec un abandon total de soi.

(Romain Gary)

Romain Gary, né Roman Kacew le 21 mai 1914 à Vilna dans l’Empire russe (actuelle Vilnius en Lituanie) et mort le 2 décembre 1980 à Paris, est un aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et anglaise. Il signe plusieurs romans sous le nom d’emprunt d’Émile Ajar, en les faisant passer pour l’œuvre d’un tiers. Il est deux fois couronné par le prix Goncourt (1956 et 1975) sous des pseudonymes différents.
→ Lumière sur Les Racines du ciel (1956, prix Goncourt), Gros-Câlin (1974) et La Vie devant soi (1975, prix Goncourt).

Notice biographique
Romain Gary en 1961, à Rome.

Romain Gary en 1961, à Rome. Photo Sam Shaw. Shaw Family Archives.

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D’origine russe, né à Vilnius de père inconnu, Romain Kacew, dit Romain Gary, passe une partie de son enfance avec sa mère en Lituanie puis en Pologne. Arrivé à Nice en 1928, il y fait ses humanités avant de suivre les cours de la faculté de droit d’Aix-en-Provence. Instructeur de l’armée de l’air (1938-1939), il rejoint la France libre dès juin 1940, termine la guerre comme compagnon de la Libération et entre dans la carrière diplomatique en 1945.

Il se fait d’abord remarquer avec l’Éducation européenne (1945), évocation de la résistance polonaise aux nazis, puis se rend célèbre avec Les Couleurs du jour (1952) et surtout Les Racines du ciel (1956), qui lui vaut le prix Goncourt. Dans ce récit (que John Huston adapte au cinéma en 1958), Gary met en scène les désillusions d’un Français idéaliste, Morel, contraint de renoncer à sa lutte contre l’extermination des éléphants d’Afrique. Influencé par les techniques du roman noir américain, ce texte présente la particularité de ne donner accès à l’intrigue qu’à travers le prisme des témoignages fournis par les différents personnages.

Poursuivant sa carrière d’écrivain avec un ouvrage autobiographique, La Promesse de l’aube (1960), qui révèle un humanisme sincère, il renonce bientôt à ses fonctions dans l’Administration et, excepté un bref passage au ministère de l’Information en 1967, se consacre désormais exclusivement à la littérature, au journalisme et au cinéma (il réalise notamment Les Oiseaux vont mourir au Pérou, 1968, et Kill, 1972).

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Sous le pseudonyme d’Émile Ajar, il publie trois romans burlesques (Gros-Câlin, 1974 ; La Vie devant soi, prix Goncourt 1975 ; L’Angoisse du roi Salomon, 1979), salués avec enthousiasme par la critique qui croit avoir affaire à un nouvel écrivain. La mystification réussit à un tel point que l’on ne découvrira la véritable identité d’Ajar qu’après la mort de Gary (Vie et mort d’Émile Ajar, posthume, 1981) et que celui-ci, fait unique dans l’histoire littéraire, reçoit une seconde fois le prix Goncourt. Outre ses autres romans (Lady L., 1959 ; La Danse de Gengis Cohn, 1967 ; La Tête coupable, 1968 ; Chien blanc, 1970 ; Les Enchanteurs, 1973 ; Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, 1975 ; Clair de femme, 1977 ; Les Cerfs-volants, 1980), on lui doit un pamphlet contre le Nouveau Roman (Pour Sganarelle, 1965).

Un an après le suicide de l’actrice américaine Jean Seberg, dont il était divorcé, il se donne la mort le 2 décembre 1980. Il laisse une lettre mystérieusement datée « Jour J » et dans laquelle est notamment écrit : « Aucun rapport avec Jean Seberg » (l’actrice s’est elle-même suicidée le 30 août 1979). Compagnon de la Libération, il a droit aux honneurs militaires lors de ses obsèques à l’église Saint-Louis des Invalides le 9 décembre 1980. Le 15 mars 1981, sa dernière compagne Leïla Chellabi disperse ses cendres, selon son vœu, en mer Méditerranée au large de Menton.

📽 15 citations choisies de Romain Gary
  • Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s’arrêter, mais pour tenter l’impossible dans les meilleures conditions. (Charge d’âme, 1977)
  • Le paradoxe de la science est qu’il n’y a qu’une réponse à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science. (Charge d’âme, 1977)
  • Les hommes vieillissent toujours mal quand ils restent jeunes. (Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, 1975)
  • Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie est de faire accéder chaque homme à la noblesse. (Chien blanc, 1970)
  • Il est moins grave de perdre que de se perdre. (Chien blanc, 1970)
  • Avec l’amour maternel, la vie nous a fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. (La Promesse de l’aube, 1960)
  • L’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive. (La Promesse de l’aube, 1960)
  • La vie est pavée d’occasions perdues. (La Promesse de l’aube, 1960)
  • La technologie est le trou du cul de la science. (La Tête coupable, 1968)
  • Les cauchemars, c’est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant. (La Vie devant soi, 1975)
  • Plus on a rien et plus on veut croire. (La Vie devant soi, 1975)
  • C’est toujours dans les yeux que les gens sont les plus tristes. (La Vie devant soi, 1975)
  • J’étais tellement heureux que je voulais mourir parce que le bonheur il faut le saisir pendant qu’il est là. (La Vie devant soi, 1975)
  • C’est la première fois que j’utilisais l’imagination comme arme de défense et rien ne devait m’être plus salutaire. (Les Cerfs-volants, 1980)
  • La vérité, c’est qu’il y a une quantité incroyable de gouttes qui ne font pas déborder le vase. (Gros-Câlin, 1974)
  • Si je pouvais vous faire rire quelques instants à mes dépens, je me sentirais mieux : prêter à rire, il n’y a rien de plus généreux. (Clair de femme, 1977)
Œuvre littéraire

Sous le nom de Roman Kacew

  • 1935 : L’Orage (nouvelle publiée le 15 février 1935 dans Gringoire)
  • 1935 : Une petite femme (nouvelle publiée le 24 mai 1935 dans Gringoire)
  • 1937 : Le Vin des morts

Sous le nom de Romain Gary

  • 1943 : Géographie humaine (nouvelle)
  • 1945 : Éducation européenne – prix des Critiques
  • 1946 : Sergent Gnama
  • 1946 : Tulipe
  • 1949 : Le Grand Vestiaire
  • 1952 : Les Couleurs du jour
  • 1956 : Les Racines du cielprix Goncourt
  • 1960 : La Promesse de l’aube
  • 1961 : Johnnie Cœur (théâtre)
  • 1962 : Gloire à nos illustres pionniers (nouvelles)
  • 1963 : Lady L.
  • 1965 : Adieu Gary Cooper (The Ski Bum)
  • 1965 : Pour Sganarelle (Frère Océan 1) (essai)
  • 1966 : Les Mangeurs d’étoiles (La Comédie américaine 1)
  • 1967 : La Danse de Gengis Cohn (Frère Océan 2)
  • 1967 : Dix ans après ou la plus vieille histoire du monde (nouvelle)
  • 1968 : La Tête coupable (Frère Océan 3)
  • 1969 : Adieu Gary Cooper (La Comédie américaine 2)
  • 1970 : Chien blanc
  • 1970 : Le Grec (ébauche de roman inachevé)
  • 1970 : À bout de souffle (ébauche de roman inachevé)
  • 1971 : Les Trésors de la mer Rouge
  • 1972 : Europa
  • 1973 : Les Enchanteurs
  • 1974 : La nuit sera calme (entretien fictif)
  • 1975 : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
  • 1975 : Les oiseaux vont mourir au Pérou
  • 1977 : Clair de femme
  • 1977 : Charge d’âme
  • 1979 : La Bonne Moitié (théâtre)
  • 1979 : Les Clowns lyriques
  • 1980 : Les Cerfs-volants
  • 1981 : Vie et mort d’Émile Ajar (posthume)
  • 1984 : L’Homme à la colombe (version posthume définitive)
  • 2005 : L’Orage (nouvelles)
  • 2007 : Tulipe ou la Protestation (théâtre : adaptation scénique du roman)
  • 2014 : Le Sens de ma vie. Entretien, préface de Roger Grenier

Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi

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  • 1958 : L’Homme à la colombe

Sous le pseudonyme de Shatan Bogat

  • 1974 : Les Têtes de Stéphanie

Sous le pseudonyme d’Émile Ajar

Œuvre cinématographique

  • 1968 : Les oiseaux vont mourir au Pérou
  • 1972 : Police Magnum / Kill !

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Articles connexes

Suggestion de livres


La Promesse de l’aube

La Vie devant soi

Les Racines du ciel

Les Cerfs-volants

Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable

Chien Blanc

Éducation européenne

Clair de femme


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