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Auteurs français

Thomas Corneille

1625 – 1709

Le frère de Pierre Corneille
Thomas Corneille, d’après Jean Jouvenet, Huile sur toile, 1685, Châteaux de Versailles et de Trianon.

Thomas Corneille, d’après Jean Jouvenet, Huile sur toile, 1685, Châteaux de Versailles et de Trianon.

Pour Thomas Corneille, être le frère de Pierre Corneille représente, à la fois, une chance et une malchance : une chance, parce que cette parenté fait que l’on considère son œuvre avec une certaine curiosité, une malchance, parce que son prénom est écrasé sous le poids de celui de l’auteur du Cid. Ils auraient pu être concurrents, frères ennemis. Mais il n’en fut rien. Au contraire, une grande affinité les unit.

Comme Pierre, Thomas a une formation juridique. Il est avocat au parlement de Normandie, avant de venir à Paris tenter l’aventure théâtrale. Comme lui, il reste fidèle à sa ville natale de Rouen : les deux frères y résident souvent, habitant la maison paternelle qu’ils partagent.

Un auteur à succès

Thomas Corneille est un écrivain doué : une anecdote ne raconte-t-elle pas que son frère avait l’habitude de le consulter, lorsqu’il ne parvenait pas à trouver une rime ? C’est un auteur dramatique productif et estimé : de 1647 à 1685, il écrit une quarantaine de pièces, dont certaines, comme sa tragédie Timocrate (1656), connaissent un grand succès. La troupe de Molière ne fait-elle d’ailleurs pas appel à lui pour élaborer une version en vers du Dom Juan, destinée à se substituer à l’original jugé trop subversif ?

Son rôle dans le monde des Lettres est considérable : à partir de 1677, il est l’un des rédacteurs d’un journal à la mode, Le Mercure galant, spécialisé dans la relation des nouvelles de la cour, plein d’anecdotes, mais également ouvert à la publication de petits textes littéraires.

Il succède à son frère à l’Académie française en 1685 et publie alors des ouvrages consacrés aux arts et aux sciences. Il est un de ceux qui se prononcent pour l’exclusion de Furetière de l’illustre assemblée après la parution de son dictionnaire. Il est au côté des Modernes lors de la fameuse querelle qui les oppose aux partisans des Anciens. Thomas Corneille n’est pas seulement le frère de Pierre

Gros plan sur La Devineresse (1679)

Thomas Corneille écrivit La Devineresse en collaboration avec Jean Donneau de Visé (1638-1710), adversaire de Molière lors de la polémique de L’École des femmes. C’est une pièce qui illustre bien la montée de la comédie des mœurs qui marque cette époque. Elle met en scène une voyante, Madame Jobin, qui exploite habilement la crédulité de ses clients. Sous ce personnage inquiétant, se profile la célèbre La Voisin, que venait de révéler un fait divers retentissant, connu sous le nom d’Affaire des Poisons, où furent compromis les milieux de la cour et, en particulier, la marquise de Brinvilliers. « Sorcière », empoisonneuse, avorteuse, réputée pour la composition de la « poudre de succession », poison qui permettait de « hâter » les héritages, La Voisin fut arrêtée peu de temps avant la création de la comédie et brûlée vive en 1680.

Bibliographie sélective
  • Timocrate (1656), tragédie
  • Ariane (1672), tragédie
  • Dom Juan (1677), comédie
  • La Devineresse (1679), comédie

Citations choisies
  • Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. (le Comte d’Essex)
  • Si je suis devant vous, vous êtes devant moi. (Le Geôlier de soi-même, acte II, scène 5)
  • Il ne faut pas juger sur ce qu’on voit paraître.
    Seigneur, on n’est heureux qu’autant qu’on le croit être. (Ariane)
  • Quiconque s’écrit s’engage.
  • Je crains ce que je veux, et veux ce que je crains.
  • Les belles passions cherchent les belles âmes. (Darius)
  • Qui sauve un criminel se charge de son crime. (Timocrate)
  • La naissance est l’appui des courages mal nés. (Timocrate)
  • Quand on meurt pour le prince, on est mis dans l’histoire. (Le Geôlier de soi-même)
  • Quand on a tout à craindre, on ne doit craindre rien. (Le Geôlier de soi-même)
  • Et quand on n’a pas ce qu’on aime,
    Il faut bien aimer ce qu’on a. (L’inconnu)
  • Mais, quand on a vaincu, la passion expire,
    Ne souhaitant plus rien, on n’a plus rien à dire. (Le Festin de Pierre)
  • Ce diseur de beaux mots sait dorer la pilule. (Don César d’Avalos)
  • Quoi qu’en dise Aristote et sa docte cabale,
    Le tabac est divin, il n’est rien qui l’égale! (Le Festin de Pierre)

 Autres citations de Thomas Corneille.

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