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Le grec

 

… toutes les formes simples de groupes humains ont pour symbole une lettre de l’alphabet grec. Omicron majuscule, la place publique ; oméga majuscule, l’auditoire du théâtre ; khi majuscule, le carrefour ; êta minuscule, la queue du concert Colonne, etc. Vous relevez, dis-je, de l’epsilon minuscule.

(Jules Romains, Les Copains, 1913, p. 55)

💡 Présentation rapide de la langue grecque
Langue isolée de la famille indo-européenne. Le grec moderne, qui continue le grec ancien, est parlé par presque 10 millions de personnes en Grèce (environ 99% de la population). On parle également grec à Chypre (environ 600 000 locuteurs soit 78% de la population) à côté du turc ; le grec est aussi une langue minoritaire en Égypte (60 000 locuteurs), la langue de quelques communautés en Italie du Sud (Calabre, Otrante), où la Grèce avait des colonies, ainsi qu’à Cargèse, en Corse.

Introduction

Par sa richesse, sa régularité, son long développement historique, par l’éclat et l’influence de la littérature dont elle est l’instrument, la langue grecque est la plus importante du groupe méridional de la grande famille indo-européenne, et est le seul membre du groupe grec de cette famille.

Le grec est la langue parlée par le peuple grec, depuis les périodes archaïque, attique, hellénistique, byzantine jusqu’aux périodes modernes. La langue parlée par les Grecs anciens diffère en bien des aspects du grec moderne, mais grec ancien et moderne utilisent le même alphabet, issu de l’alphabet phénicien et composé de vingt-quatre lettres.

L'alphabet grec

L’alphabet grec.

Origine et histoire : du grec ancien au grec moderne
La Vénus de Milo est une célèbre sculpture grecque de la fin de l'époque hellénistique (vers 130-100 av. J.-C.) qui pourrait représenter la déesse Aphrodite (Vénus pour les Romains). Découverte en 1820 sur l'île de Milo, d'où son nom, elle est actuellement conservée au musée du Louvre.

La Vénus de Milo est une célèbre sculpture grecque de la fin de l’époque hellénistique (vers 130-100 av. J.-C.) qui pourrait représenter la déesse Aphrodite (Vénus pour les Romains). Découverte en 1820 sur l’île de Milo, d’où son nom, elle est actuellement conservée au musée du Louvre.

La langue grecque présente de frappantes analogies avec le sanscrit, soit que, suivant l’opinion de ceux qui les reconnaissent les premiers, elle soit issue du sanscrit avec le latin et les autres langues indo-européennes, soit que toutes ces langues, comme l’a supposé plus justement le savant Fr. Bopp, soient « des modifications graduelles d’une seule et même langue primitive, dont le sanscrit s’est tenu plus près que les dialectes congénères. » Dans ce cas, le grec ne viendrait pas plus du sanscrit que le latin ne vient du grec, mais chacun de ces idiomes, parti d’une origine commune, en aurait gardé la trace, à des degrés divers, dans ses mots et dans ses formes grammaticales.

Le fait le plus apparent dans l’histoire de l’ancienne langue grecque est sa division en dialectes prenant les noms mêmes des populations qui les parlaient, dorienne, ionienne, éolienne ou attique. Chacun d’eux a eu son développement régulier, ses lois propres, et les uns et les autres, s’éloignant d’un état primitif que les Grecs ne soupçonnaient pas, sont venus se fondre dans la langue commune, après s’être adaptés à des genres littéraires particuliers et avoir représenté, à des époques successives, les différentes tendances de la civilisation hellénique.

Une fois toutes ces divergences effacées, et parvenu à cette unité dont l’atticisme fut comme la fleur, le grec ne pouvait s’y maintenir et il subit, comme toutes les langues, d’incessantes modifications, à travers lesquelles il arrive à la décadence de la période byzantine qui va du Ve siècle après J.-C. à la prise de Constantinople par les Turcs (1453). Pendant ces dix siècles, la langue classique s’altère sous l’influence du latin, contenue toutefois par la rivalité de Byzance contre Rome, puis par l’introduction de mots orientaux, arabes, turcs, slaves, ou européens, italiens, français, etc. Mais le mélange n’est pas assez complet pour détruire l’identité primitive, et entre toutes les langues anciennes, le grec a eu le privilège de se survivre à lui-même dans une des langues contemporaines, le grec moderne. Il ne sombre pas, comme le latin, dans le naufrage du monde antique tandis que les langues néo-latines sont des langues vraiment nouvelles, ayant leurs origines et leurs lois de formation, le grec moderne n’est que la continuation même de l’ancien, et, malgré les différences inévitables apportées par le temps au dictionnaire et à la grammaire, malgré les patois récents qui tendent à la corrompre, comme les premiers dialectes tendaient à la former, la langue grecque se retrouve, au fond, semblable à elle-même, après de longs siècles de bouleversements. « Dans sa forme actuelle, dit. A. R. Rangabé, elle s’éloigne moins de celle de Xénophon, que la langue de Xénophon ne diffère de celle d’Homère. »

Dialectes grecs

On distingue quatre principaux idiomes ou dialectes grecs : l’éolien, le dorien, l’ionien et l’attique, parce que ceux-là seulement ont été perfectionnés par les écrivains et élevés au rang classique. Mais chacun de ces dialectes subissait, dans les différents lieux où il était parlé, certaines déviations, qu’on nomme dialectes locaux. L’ionien, par exemple, se subdivisait en quatre idiomes particuliers. Les Spartiates, les Messéniens, les Argiens, les Crétois, les Syracusains, les Tarentins parlaient tous le dialecte dorien, mais chaque peuplade avec certaines différences.

Chacun des dialectes principaux éprouve encore avec le temps quelques modifications dans son ensemble, selon qu’il était amélioré par des écrits, ou selon que le peuple, chez lequel il était parlé, avait plus de relations avec des étrangers.

Le dialecte éolien

Le dialecte éolien dominait en-deçà de l’isthme, moins les pays occupés par les descendants de Dorus et d’Ion, et dans les colonies asiatiques. Il offre le plus de traces de la langue grecque primitive, et de là sa singulière affinité avec la langue latine. Il ne s’écarte du dorien que par quelques nuances légères, et ce qui le distingue surtout, c’est l’aspiration des voyelles initiales figurée par le digamma. Ce dialecte est principalement perfectionné par les poètes lyriques de Lesbos, Alcée et Sapho, et, en Béotie, par Corinne.

Le dialecte dorien

Le dialecte dorien était la langue des peuples qui habitaient à l’intérieur de la Grèce, l’Italie et le Sicile. Ce dialecte est dur, âpre et épais, particulierement aw cause de l’usage fréquent du α allongé au lieu du ω et η. Le dorien a conservé toute son âpreté chez les Lacédémoniens, grands partisans de l’archaïsme et constants à s’isoler de tout ce qui était étranger : on prétend qu’il est arrivé à sa plus grande pureté chez les Messéniens.

Les grammairiens y distinguent deux époques, d’après lesquelles ils signalaient l’ancien et le nouveau dialecte dorien. C’est dans l’ancien qu’ont écrivit le comique Epicharme, et Sophron le poète mimique. Le nouveau dorien, qui s’approchait davantage de la mollesse de l’ionien, a pour écrivain principal aussi Théocrite. Le dorien est encore employé par les premiers philosophes pythagoriciens tels que Timée, Archimède, Pindare, Stésichore et Bacchylide, qui ont en général tempéré le dialecte dorien, mais en le rapprochant des autres, et en puisant dans l’ensemble même du dorien de quoi le modifier dans ses parties.

Le dialecte ionien 

Le dialecte ionien était le plus doux à cause de la fréquente rencontre des voyelles et de l’absence des aspirées. On le parlait surtout dans les colonies de l’Asie Mineure et dans les îles de l’Archipel. Il se divise en ancien et en nouveau. C’est dans le premier des deux qu’ont en général écrit Homère et Hésiode, et dans l’origine, il différait peu ou point de l’ancien attique. La mollesse plus récente de c

e dialecte a pris naissance lorsque les Ioniens ont commencé à se mêler avec d’autres peuples par le commerce et à envoyer des colons au-dehors. Anacréon, Hérodote et Hippocrate en ont fait usage.

Le dialecte attique

Le dialecte Attique était usité dans Athènes et le pays circonvoisin. Il a été suivi par Thucydide et les auteurs dramatiques. Xénophon, Platon, Isocrate, Démosthène et les autres orateurs athéniens l’ont porté à un degré de perfection, tel qu’il est devenu par la suite la langue de tous les Grecs instruits : la langue commune. En tout cas, en raison de la suprématie d’Athènes dans la vie politique et culturelle de la Grèce, le dialecte attique s’est imposé comme langue littéraire de la Grèce antique.

La langue commune est donc le dialecte attique dégagé de quelques expressions et formes plus recherchées, et de certaines irrégularités qui étaient particulières aux premiers écrivains d’Athènes.

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C’est cette langue que toute grammaire grecque doit avoir principalement pour objet, parce que c’est celle dans laquelle ont écrit le plus grand nombre des auteurs grecs.

Constitution et grammaire
Grammaire grecque à l'usage du Collège de Genève

Une page de la Grammaire grecque à l’usage du Collège de Genève,
publiée par le régent Isaac Prestreau en 1767.

La langue grecque est la plus régulière des langues qui ont eu une littérature classique, aussi bien que la plus souple, la plus riche et la plus harmonieuse. Sa constitution grammaticale est une merveille à la fois d’ordre et de liberté. Tous les faits relatifs à la formation et à la dérivation des mots grecs mettent en lumière des règles d’une simplicité et d’une unité parfaites, avec une diversité infinie d’applications. Il n’y a presque rien de fortuit, ni de capricieux dans ces faits, et rien n’est plus naturel et plus clair que les lois qui y président.

La théorie et la pratique, si souvent en lutte dans les autres langues, s’accordent ici de tous points. Rien de plus facile que d’aller du mot complet à la racine qui exprime l’idée dans son abstraction, ou de revenir de la racine à tous les mots destinés à représenter les diverses nuances de l’idée. Tout est réglé dans les rapports de ces désinences (terminaisons) si multipliées avec le radical qu’elles modifient suivant deux sortes de lois, celles du sens et celles de l’oreille. Il semble que cette langue grecque au vocabulaire si riche devrait être la plus facile à apprendre, puisqu’il devrait suffire de connaître, dans cette multitude de mots qui marchent par familles, un petit nombre de sons générateurs avec les lois de leur filiation (ex. λυστζ délivrance; λυτόζ délivré ; propres à délivrer ; λύτρον, moyen de délivrance, rançon, etc.). Il est à remarquer que les racines, exprimant l’idée abstraite et absolue, sont, en général, monosyllabiques (λυ, délivrer ; ϕτλ, aimer ; λαδ, prendre, etc.), et que toutes les modifications qu’elles subissent dans les dérivés tiennent à des lois d’euphonie.

La même régularité préside à la formation des mots les plus compliqués, au moyen de désinences redoublées φτλ-ητέοζ, qui doit être aimé), ou de préfixes (x-ϕοτοζ, immortel ; συν εχ-δχνω, sortir ensemble), ou même de radicaux accumulés (ρτλό- aotoç, ami de la gloire ; ναν-µαχε, combattre sur un vaisseau). Dans ces derniers cas, le grec obtient des mots composés qui viennent ajouter à sa puissance expressive ou pittoresque, et dont l’emploi, quoique soumis à des règles fixes, laisse à l’écrivain une grande liberté de création. Aussi, toutes les fois qu’on a besoin de former une nomenclature nouvelle pour un ordre nouveau d’idées, le vocabulaire grec est là qui prête au classificateur un instrument de notation puissant et docile.

Le grec est, à certains égards, une langue moins synthétique que le latin. Il a l’article qui manque à ce dernier ; sa déclinaison a moins de cas et est moins compliquée il offre cependant encore une grande variété de terminaisons pour marquer les rapports des mots et des idées dans la proposition

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Le grec a les trois genres pour tous les mots déclinables. Il a pour les noms et pour les verbes le duel qui manque au latin. Il a pour exprimer l’action du sujet sur lui-même une voix spéciale, la voix moyenne. À côté de la forme devenue régulière et générale, à une date relativement récente, il existe, pour les verbes, une forme plus ancienne, la forme en μί, qui remonte jusqu’aux origines indiennes, et semble calquée sur la conjugaison sanscrite.

En somme, la variété de ses flexions a permis au grec de porter la syntaxe à une perfection inconnue jusque-là. Il a gardé la plus complète liberté d’inversion, et les prosateurs, aussi bien que les poètes, en ont usé, pour donner plus de relief à la pensée, à la phrase plus d’harmonie.

Prononciation grecque

Une question très controversée est celle de la prononciation du grec ancien. Il est certain que, depuis l’invasion des barbares dans le monde romain, les idiomes modernes nous ont induits à défigurer, chacun à sa manière, la langue d’Homère et de Platon, en lui imposant, comme au latin lui-même, les lois de notre propre prononciation. Sous ce rapport, le français n’a rien à reprocher à l’allemand, ni l’italien à l’anglais tout système d’épellation germanique ou romane appliquée au grec est arbitraire et barbare. Cette prononciation, à la moderne, combattue par Reuchlin et vivement défendue par Érasme, au moment de la renaissance des lettres grecques, a pris le nom d’érasmienne. On invoquait et l’on invoque encore en sa faveur, non seulement la facilité qu’elle offre pour l’enseignement, dans chaque pays, mais aussi l’ignorance où nous sommes de la prononciation véritable des Hellènes, et les inconvénients réels de l’application aux textes anciens des usages de la prononciation des Grecs de nos jours.

Le grec selon le dictionnaire
Adjectif
  • Qui est originaire de Grèce, qui se rapporte à la Grèce, à ses habitants, à sa civilisation. Langue, nation, péninsule grecque ; dialectes grecs ; îles grecques.
  • Croix grecque. Croix à quatre branches égales.
  • Vent grec. Vent du nord-est sur la Méditerranée.
  • Calendrier grec. Calendrier dont se servent les Grecs et les Russes et qui est en arrière de douze jours sur le calendrier grégorien. On l’appelle aussi Vieux calendrier.
  • [Par référence à la civilisation de la Grèce antique] Âge, art, empire, génie, temple, théâtre grec ; architecture, mythologie, philosophie, tragédie grecque.
  • [Par référence à la religion orthodoxe pratiquée en Grèce] Église grecque. L’Église orthodoxe d’Orient.
  • Rit, rite grec. Rite de l’Église grecque.
  • Qui est écrit en langue grecque. Traduire un livre grec.
  • Langue grecque. Grec ancien (ou byzantin) ; grec moderne (ou néo-grec) ; classe de grec.
  • Qui a rapport à la langue grecque.
  • Gréco-bouddhique (en parlant d’un art né en Inde bouddhique). Qui a subi l’influence de l’art grec, à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand.
  • Gréco-français,-aiseMot, vocabulaire gréco-français. Mot, vocabulaire, élément formateur de mots savants emprunté directement au grec.
  • Qui a certaines caractéristiques de la Grèce ou des Grecs, ou certains traits physiques ou moraux qu’on leur attribue :
    • Nez grec. Nez droit qui forme une ligne continue avec le front. On dit aussi profil ou visage grec.
    • Débauche grecque, vice grec. Façon de vivre conforme aux mœurs grecques.
    • I grec. L’avant-dernière lettre de l’alphabet français (l’upsilon majuscule de l’alphabet grec).
    • Être grec. Être trop habile à tromper. Synonymes : escroc, filou, rusé.
    • Être grec en (dans) quelque chose. Être habile dans quelque chose.
Substantif
  • Personne qui habite en Grèce ou qui en est originaire..
  • Par extension, familier et vieilli. Un homme habile dans la connaissance du grec.
  • Par extension. Qui est très savant en quelque chose.
  • Ce n’est pas un grand grec. C’est un ignorant, un homme peu industrieux.
  • Argot. Homme qui filoute au jeu.
  • Les Grecs. Les tricheurs professionnels.
  • Grécisme, substantif masculin. Tournure, locution propre à la langue grecque.
  • Grécaillerie, substantif féminin, péjoratif. Mots, habitudes… grecs.
  • Grécaille, substantif féminin, péjoratif. Peuple grec.
  • Grécomanie, substantif féminin. Admiration excessive pour tout ce qui est grec.
Locutions familières
  • À la grecque. À la manière des Grecs. Chignon, décoration, robe à la grecque ; champignons à la grecque.
  • Vivre à la grecque (vieux). Vivre dans le luxe et la mollesse.
  • Vol à la grecque (argot). Il consiste à offrir un gros bénéfice pour change de monnaie, de l’or contre de l’argent, par exemple. Au cours de l’opération, on substitue du plomb au rouleau d’or.
  • Reliure à la grecque. Reliure dont les nervures ne sont pas apparentes sur le dos.
  • C’est du grec pour moi. Je n’y entends rien.
  • Expression argotique. Aller se faire voir chez (par) les Grecs. Se faire éconduire brutalement.

Source : Le Trésor de la langue française informatisé (TLFi).

Citations choisies
  • Un professeur de grec est quelqu’un qui sait un peu de grec et rien d’autre. (Henri Louis Mencken)
  • Tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec. (Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien)
  • La botanique c’est l’art de sécher les plantes entre des feuilles de papier et de les injurier en grec et en latin. (Alphonse Karr)
  • Notre langue n’est qu’un mélange de grec, de latin et de tudesque, avec quelques restes confus de gaulois. (Fénelon)
  • S’il le violon est l’instrument de musique le plus parfait, alors le Grec est le violon de la pensée humaine. (Helen Keller, The Story of my life)
  • Observons un grec ancien : il est enveloppé dans un drap, il tient un parchemin et il apporte au monde la civilisation. (Pierre Desproges, Les Fonds de tiroir)
  • Les Grecs ont écrit tant de phrases et si peu de choses. (Voltaire, La princesse de Babylone)

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