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#41
Ce que nous prenons pour des vertus n'est souvent qu'un assemblage de diverses actions et de divers intĂ©rĂȘts, que la fortune ou notre industrie savent arranger; et ce n'est pas toujours par valeur et par chastetĂ© que les hommes sont vaillants, et que les femmes sont chastes. (La Rochefoucauld, RĂ©flexions ou Sentences et Maximes morales)
#45
Nous avons tous lĂ  un petit temple oĂč nous abritons religieusement toutes nos idoles, croyances, rĂȘves, affections. Elles sont lĂ , debout, en Ă©quilibre, chacune sur son piĂ©destal... Fiers de ce doux fardeau, nous marchons dans la vie comme ces mouleurs italiens qui traversent les rues, des plĂątres dans les mains, sous chaque bras, sur la tĂȘte... HĂ©las ! un caillou sous le pied, le coude d'un passant, un rien suffit pour mettre en piĂšces tous ces beaux petits dieux ! Rarement, le pauvre mouleur rentre chez lui son Ă©talage au complet ; plus rarement encore nous arrivons au terme de notre vie avec toutes nos idoles. (Alphonse Daudet, La derniĂšre idole)
#85
Claudine: « Pour moi, je hais les maris soupçonneux, et j'en veux un qui ne s'épouvante de rien, un si plein de confiance, et sûr de ma chasteté, qu'il me vßt sans inquiétude au milieu de trente hommes ». (MoliÚre, George Dandin, Acte II; scÚne 1)
#86
George Dandin: « [...] lorsqu'on a, comme moi, Ă©pousĂ© une mĂ©chante femme, le meilleur parti qu'on puisse prendre c'est de s'aller jeter dans l'eau la tĂȘte la premiĂšre. » (MoliĂšre, George Dandin, Acte III; scĂšne 8)
#449
Tel porte une noire soutane
Et monte du Palais gravement le degré,
Qui n'a comme ClĂ©on que la tĂȘte d'un Ăąne
Couverte d'un bonnet carré. (Eustache Lenoble)
#633
Si l'argent, d'aprĂšs Augier, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naĂźt dĂ©gouttant de sang et de boue des pieds Ă  la tĂȘte. (Karl Marx, le Capital)
#641
Quelques femmes toujours badines,
Quelques amis toujours joyeux,
Peu de vĂȘpres, point de matines,
Une fille, en attendant mieux,
VoilĂ  comme l'on doit sans cesse
Faire tĂȘte au sort irritĂ©,
Et la véritable sagesse
Est de savoir fuir la tristesse
Dans les bras de la volupté.
(Voltaire, ƒuvres Complùtes, X)
#709
O Dieu! accordez-moi la chasteté, mais pas encore maintenant. (Saint Augustin)
#720
La chastetĂ© est la splendeur de l'homme intĂ©rieur. Elle est la force suprĂȘme qui ferme le cƓur aux choses d'ici-bas et qui l'ouvre aux choses d'en haut. (Jean de Ruisbroeck, de l'ornement des Noces spirituelles)
#1233
Je ne connais que deux belles choses dans l'univers: le ciel Ă©toilĂ© sur nos tĂȘtes, et le sentiment du devoir dans nos cƓurs. (Emmanuel Kant, Critique de la Raison pratique)
#1370
Il faut se dĂ©barrasser des casse-tĂȘte. On ne vit qu'une fois. (Charles Aznavour)
#1512
De toutes les aberrations sexuelles, la pire est la chasteté. (Anatole France)
#2345
Je ne voyais vraiment pas ce que j'aurais pu dire. Pourtant, il fallait bien dire quelque chose. Mais j'avais la tĂȘte pleine de pensĂ©es mesquines, de sentiments inavouables. (Raymond Carver)
#2404
N'oublions pas que les mobiles des actions humaines sont habituellement beaucoup plus complexes et plus variés qu'on ne se le figure aprÚs coup; il est rare qu'ils se dessinent avec netteté. Le mieux est parfois, pour le narrateur, de se borner au simple exposé des événements. (Dostoïevski)
#7871
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos tĂȘtes? (Jean Racine)
#2680
HĂ©las! que sert Ă  une femme d'avoir de la tĂȘte et du cƓur, si le reste est sans agrĂ©ment. (Mlle Madeleine de ScudĂ©ry)
#2692
L'honnĂȘtetĂ© des femmes est souvent l'amour de leur rĂ©putation et de leur repos. (La Rochefoucauld, Maximes)
#2700
Le flirt est le pĂ©chĂ© des honnĂȘtes femmes et l'honnĂȘtetĂ© des pĂ©cheresses. (Paul Bourget)
#2815
Les calculs de cĂŽtĂ©, l'inĂ©vitable descente du ciel, et la visite des souvenirs et la sĂ©ance des rythmes occupent la demeure, la tĂȘte et le monde de l'esprit. (Arthur Rimbaud)
#2821
Puis la tĂȘte glissa Ă  cĂŽtĂ© de l'oreiller. Et tout se tut. (Romain Rolland)
#3028
Le bonheur ne consiste pas Ă  acquĂ©rir ni Ă  jouir, mais Ă  ne rien dĂ©sirer, car il consiste Ă  ĂȘtre libre. (EpictĂšte)
#3101
L'hĂ©rĂ©ditĂ© est comme une diligence dans laquelle tous nos ancĂȘtres voyageraient. De temps en temps, l'un deux met la tĂȘte Ă  la portiĂšre et vient nous causer toutes sortes d'ennuis. (Oliver Wendell Holmes)
#3734
LADISLAS: ... Mon Ăąme est toute prĂȘte.
LE ROI, prĂšs de Ladislas: L'Ă©chafaud l'est aussi; portez-y votre tĂȘte.
(Rotrou, Venceslas)
#3799
L'Ăąme du philosophe veille dans sa tĂȘte, l'Ăąme du poĂšte vole dans son coeur,l'Ăąme du chanteur vibre dans sa gorge, mais l'Ăąme de la danseuse vit dans son corps tout entier. (Gibran Khalil Gibran)
#3818
Oh! que c'est doux et mol chevet, et sain que l'ignorance et l'insĂ©curitĂ©, Ă  reposer une tĂȘte bien faite! (Montaigne, Essais)
#3819
L'ignorance et l'insĂ©curitĂ© sont deux oreillers fort doux, mais, pour les trouver tels, il faut la tĂȘte aussi bien faite que Montaigne. (Denis Diderot, PensĂ©es Philosophiques)
#3969
L'indĂ©pendance d'un pays ne se fait pas seulement parce qu'il y a quelques hommes forts Ă  la tĂȘte, elle se fait parce que le peuple le veut. (Abla Farhoud, Le bonheur Ă  la queue glissante)
#3979
On ne sait pas quand un livre, un mot, une phrase peut tomber au bon moment dans la tĂȘte de quelqu'un et l'aider Ă  changer, Ă  vivre... (Abla Farhoud, Le bonheur Ă  la queue glissante)
#4055
Ma passion m'aveugle, et pour cette conquĂȘte
Croit hasarder trop peu de hasarder ma tĂȘte.
C'est un feu que le temps pourra seul modérer;
C'est un torrent qui passe et ne saurait durer.
(Pierre Corneille, L'Illusion)
#4068
Il y a deux sortes de chefs d'orchestre: ceux qui ont la partition dans la tĂȘte et ceux qui ont la tĂȘte dans la partition. (Arturo Toscanni)
#4111
[...] si nous n'Ă©tions pas si entĂȘtĂ©s, nous dĂ©couvririons qu'il existe dĂ©jĂ  des formules parfaites pour tout ce que l'on veut dire: tout ce dont on pourrait imaginer l'existence, en vĂ©ritĂ©, existe dĂ©jĂ , la parole mĂȘme est antĂ©rieure Ă  l'homme. [...] Le seul problĂšme est de savoir profondĂ©ment comment imiter, car quand l'imitation est originale, elle est notre expĂ©rience. (Clarice Lispector, Le bĂątisseur de ruines)
#4151
Le chat est d'une honnĂȘtetĂ© absolue: les ĂȘtres humains cachent, pour une raison ou une autre, leurs sentiments. Les chats non. (Hemingway, Ernest)
#4399
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux:
Une flatteuse erreur emporte alors nos Ăąmes:
Tout le bien du monde est Ă  nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi;
Je m'écarte, je vais détrÎner le Sophi;
On m'Ă©lit roi, mon peuple m'aime;
Les diadĂšmes vont sur ma tĂȘte pleuvant:
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-mĂȘme;
Je suis gros Jean comme devant.
(Jean de La Fontaine, La LaitiĂšre et le Pot au lait)
#4437
La saine fainĂ©antise est un art dont l'ordre et la discipline sont la palette et le pinceau. (Paul Carvel, Mots de tĂȘte)
#4514
J'admire toutes les formes de la saintetĂ© (encore que certaines me soulĂšvent le cƓur). (AndrĂ© Gide, Ainsi soit-il)
#4790
Mais seuls ceux qui n'ont pas Ă  se concentrer sur le « prĂ©sent » pour garantir leur propre survie ont une capacitĂ© d'attention aux autres. Pour ĂȘtre Ă©thique, il faut pouvoir garder la tĂȘte froide. (Pekka Himanen, L'Ă©thique hacker)
#7794
Quand la mort est dans la tĂȘte, les jambes flanchent. (Jean d'Ormesson)
#4852
J'ai l'impression d'exister comme sourcier Ă  l'intĂ©rieur de ma propre tĂȘte. (Thomas Bernhard, La cave)
#7617
Deux ĂȘtres qui s'aiment seuls, isolĂ©s du monde, c'est trĂšs beau. Mais de quoi nourriraient-ils leur tĂȘte-Ă -tĂȘte ? Si mĂ©prisable que soit le monde, ils en ont besoin pour pouvoir se parler. (Milan Kundera)
#5323
Combien de malheureux, qui auraient pu mieux faire, se sont mis en tĂȘte d'Ă©crire, parce qu'en fermant un beau livre, ils s'Ă©taient dit: J'en pourrais faire autant! et cette rĂ©flexion-lĂ  ne prouvait rien, sinon que l'ouvrage Ă©tait inimitable. En littĂ©rature comme en morale, plus une chose est belle plus elle semble facile. (Victor Hugo, LittĂ©rature et philosophie mĂȘlĂ©es)
#5363
Un poĂšte, un romancier, un novelliste, un conteur ne donne au lecteur que la moitiĂ© d'une oeuvre, et il attend de lui qu'il Ă©crive l'autre moitiĂ© dans sa tĂȘte en le lisant ou en l'Ă©coutant. Les oeuvres littĂ©raires les plus importantes selon moi sont celles qui ont suscitĂ© aprĂšs elles une postĂ©ritĂ© renouvelĂ©e Ă  chaque gĂ©nĂ©ration. (Michel Tournier, Journal extime; La Musardine)
#5302
Mille vins différents, sous mille noms divers
Vont charmer, Ă©gayer, consoler l'univers:
AĂŻ brille Ă  leur tĂȘte, AĂŻ dans qui Voltaire
De nos légers Français vit l'image légÚre;
[...] C'est l'Ăąme du plaisir, le charme du festin.
(Jacques Delille)
#5306
Une mouche ne doit pas tenir dans la tĂȘte d'un naturaliste plus de place qu'elle n'en tient dans la nature. (George Louis Buffon)
#5388
Mon corps n'en fait qu'Ă  sa tĂȘte (Marcel Achard, L'idiote, III, Josefa)
#5575
La rĂ©volution, l'anarchie, la libertĂ© sont les lauriers de la pensĂ©e. Elles n'ont pas d'autre couronne que notre tĂȘte. (Carlos Fuentes, Diane ou La chasseresse solitaire)
#5597
Une fortune est plus Ă  l'abri dans une tĂȘte que dans un sac. (FĂ©lix Leclerc)
#5735
Si vous avez mis la guillotine au premier plan, et avec tant d'enthousiasme, c'est uniquement parce que trancher les tĂȘtes est la chose la plus facile et avoir une idĂ©e la chose la plus difficile! (Fiodor M. DostoĂŻevsky, Les DĂ©mons)
#5817
- Deux ĂȘtres qui s'aiment, seuls, isolĂ©s du monde, c'est trĂšs beau. Mais de quoi nourriraient-ils leurs tĂȘte-Ă -tĂȘte? Si mĂ©prisable que soit le monde, ils en ont besoin pour pouvoir se parler.
- Ils pourraient se taire.
- [...] Oh non, aucun amour ne survit au mutisme.
(Milan Kundera, L'identité)
#6004
Le maniement de la pensĂ©e fĂ©minine a ses rĂšgles inflexibles ; celui qui se met en tĂȘte de persuader une femme, de rĂ©futer son point de vue Ă  coups de bonnes raisons, a peu de chances d'aboutir. Il est bien plus judicieux de repĂ©rer l'image qu'elle veut donner d'elle-mĂȘme (ses principes, idĂ©aux, convictions), puis d'essayer d'Ă©tablir (par sophismes) un rapport harmonieux entre ladite image et la conduite que nous souhaitons lui voir tenir. (Milan Kundera, La plaisanterie)
#6051
C'est en faisant un peu les choses qu'on arrive Ă  ne rien faire du tout. (Jean Cocteau, L'aigle Ă  deux tĂȘtes)
#6205
Dans les ruines du thĂ©Ăątre romain de Vaison, on a trouvĂ© des statues de personnages municipaux Ă  tĂȘtes interchangeables. Comment ne pas admirer la sagesse ce cette invention? (Édouard Herriot, Notes et Maximes)
#6246
Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abĂźme.
OĂč rampe la raison, l'honnĂȘtetĂ© pĂ©rit.
(Victor Hugo, Les Quatre vents de l'esprit, I,24)
#6332
Tu te ferais scrupule de commettre des actions dĂ©shonnĂȘtes devant une statue ou une image des dieux: ils te voient, ils t'entendent; et tu ne rougis point d'avoir en leur prĂ©sence des pensĂ©es obscĂšnes et de faire des actions impures qui les blessent, qui les dĂ©shonorent et qui les affligent. O l'ennemi des dieux! O le lĂąche qui a oubliĂ© sa nature! (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, XIX)
#6348
Je ne vous demande point de lettres de recommandation; gardez-les pour celui qui est lĂąche et timide. Et en voici le modĂšle: « Je vous recommande ce cadavre, cette outre de sang qui n'est pas encore figĂ©. » VoilĂ  comment il faut recommander un homme qui n'a pas l'esprit de sentir qu'il ne dĂ©pend pas d'un autre de le rendre malheureux. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, XXXII)
#6363
Ne dis jamais, sur quoi que ce soit: « J'ai perdu cela » mais: « Je l'ai rendu. » Ton fils est mort? tu l'as rendu. Ta femme est morte? tu l'as rendue. On t'a pris ta terre? voilĂ  encore une restitution que tu as faite. -- Mais celui qui me l'a prise est un mĂ©chant. -- Que t'importe par les mains de qui celui qui te l'a donnĂ©e a voulu te la retirer? Pendant qu'il te la laisse, uses-en comme d'une chose qui ne t'appartient point, comme les voyageurs usent des hĂŽtelleries. (ÉpictĂšte, PensĂ©es, XVII)
#6368
Ce n'est pas une chose bien commune d'accomplir ce que promet la qualitĂ© d'homme. C'est un animal mortel, douĂ© de raison, et c'est par la raison qu'il se distingue des bĂȘtes. Toutes les fois donc qu'il s'Ă©loigne de la raison, qu'il agit sans raison, l'homme pĂ©rit, et la bĂȘte se montre.
(Épictùte, Entretiens - Livre II, XXIII)
#6392
Il n'y a point de science, point d'art qui ne mĂ©prise l'ignorance et les ignorants. La philosophie sera-t-elle donc la seule qui en fasse quelque cas, et qui se laisse Ă©branler par leurs reproches et par leurs faux jugements? (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre IV, XLVII)
#6399
En somme pour gouverner l'AlgĂ©rie — c'est toujours le prince qui parle — pas n'est besoin d'une forte tĂȘte, ni mĂȘme de tĂȘte du tout. Il suffit d'un kĂ©pi, d'un beau kĂ©pi galonnĂ© reluisant au bout d'une trique comme la toque de Gessler. (Alphonse Daudet, Tartarin de Tarascon)
#6421
Les soldats qui s'enrĂŽlent dans les troupes de CĂ©sar font le serment ordinaire. Quel est ce serment? Qu'ils prĂ©fĂ©reront le salut de l'empereur Ă  toutes choses; qu'ils lui obĂ©iront en tout, qu'ils s'exposeront Ă  la mort pour lui. Et toi, qui es liĂ© Ă  la divinitĂ© par ta naissance et par tant de bienfaits que tu en as reçus, et qui es nĂ© dans ses troupes, ne feras-tu pas ce serment? Et l'ayant fait, ne lui seras-tu pas fidĂšle? Quelle diffĂ©rence mĂȘme entre ces deux serments! Le soldat jure qu'il prĂ©fĂ©rera le salut de l'empereur Ă  toutes choses, et toi tu jures que tu prĂ©fĂ©reras Ă  toutes choses ton propre salut. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, XLIII)
#6429
ABSTIENS-TOI des plaisirs de l'amour, si tu le peux, avant le mariage, et, si tu les goĂ»tes, que ce soit au moins selon la loi. Mais ne sois pas sĂ©vĂšre Ă  ceux qui en usent, ne les reprends point avec aigreur, et ne te vante point Ă  tout moment de ta continence. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - LI)
#6435
Si quelqu'un livrait ton corps Ă  la discrĂ©tion du premier venu, tu en serais sans doute trĂšs fĂąchĂ©; et lorsque toi-mĂȘme tu abandonnes ton Ăąme au premier venu, afin que, s'il te dit des injures, elle en soit Ă©mue et troublĂ©e, tu ne rougis point! (ÉpictĂšte, PensĂ©es - XXXVII)
#6488
Pourquoi naissent les Ă©pis? N'est-ce pas pour mĂ»rir et pour ĂȘtre moissonnĂ©s ensuite, quand ils sont mĂ»rs? Car on ne les laisse pas lĂ  sur leur tige, comme s'ils Ă©taient consacrĂ©s. S'ils avaient du sentiment, penses-tu qu'ils fissent des voeux pour n'ĂȘtre jamais coupĂ©s? Non, sans doute. Ils regarderaient comme une malĂ©diction de n'ĂȘtre point moissonnĂ©s. Il en est de mĂȘme des hommes. Ce serait une malĂ©diction pour eux de ne pas mourir. Ne pas mourir, pour l'homme, c'est comme pour l'Ă©pi n'ĂȘtre jamais mĂ»r et n'ĂȘtre jamais moissonnĂ©. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, XI)
#6495
Tu veux plaire aux dieux. Souviens-toi donc qu'ils ne haĂŻssent rien tant que l'impuretĂ© et que l'injustice. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, LI)
#6501
J'aime Ă  lire comme une poule boit, en relevant frĂ©quemment la tĂȘte, pour faire couler. (Jules Renard, Journal)
#6506
Tu espĂšres que tu seras heureux dĂšs que tu auras obtenu ce que tu dĂ©sires. Tu te trompes. Tu ne seras pas plus tĂŽt en possession, que tu auras mĂȘmes inquiĂ©tudes, mĂȘmes chagrins, mĂȘmes dĂ©goĂ»ts, mĂȘmes craintes, mĂȘmes dĂ©sirs. Le bonheur ne consiste point Ă  acquĂ©rir et Ă  jouir, mais Ă  ne pas dĂ©sirer. Car il consiste Ă  ĂȘtre libre. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre IV, VI)
#6517
Si jamais il t'arrive de te tourner vers les choses du dehors dans le but de plaire Ă  quelqu'un, sache que tu es dĂ©chu de ton Ă©tat. Qu'il te suffise donc, en tout et partout, d'ĂȘtre philosophe. Et si de plus tu veux le paraĂźtre, contente-toi de le paraĂźtre Ă  tes propres yeux, et cela suffit. (ÉpictĂšte, PensĂ©es; XXXII)
#6536
La premiĂšre et la plus nĂ©cessaire partie de la philosophie est celle qui traite de la pratique des prĂ©ceptes; par exemple: il ne faut point mentir. La seconde, est celle qui en fait les dĂ©monstrations: pourquoi il ne faut point mentir. Et la troisiĂšme, celle qui fait la preuve de ces dĂ©monstrations, en expliquant en quoi consiste une dĂ©monstration, et ce qui en fait la vĂ©ritĂ© et la certitude ; elle dĂ©finit ces diffĂ©rents termes: dĂ©monstration, consĂ©quence, opposition, vĂ©ritĂ©, faussetĂ©. Cette troisiĂšme partie est nĂ©cessaire pour la seconde, et la seconde pour la premiĂšre; mais la premiĂšre est la plus nĂ©cessaire de toutes, et celle oĂč il faut s'arrĂȘter et se fixer. D'ordinaire, nous renversons cet ordre; nous nous arrĂȘtons entiĂšrement Ă  la troisiĂšme; tout notre travail, toute notre Ă©tude, est pour la troisiĂšme, pour la preuve, et nous nĂ©gligeons absolument la premiĂšre, qui est l'usage et la pratique. Il arrive par lĂ  que nous mentons; mais en revanche nous sommes toujours prĂȘts Ă  bien prouver qu'il ne faut pas mentir. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - LXXX)
#6547
Que les reproches et les railleries de tes amis ne t'empĂȘchent pas de changer de vie. Aimes-tu mieux demeurer vicieux et leur plaire, que de leur dĂ©plaire en devenant vertueux? (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre IV, VIII)
#6566
Un signe certain d'un esprit lourd, c'est de s'occuper longtemps du soin du corps, comme de s'exercer longtemps, de boire longtemps, de manger longtemps, et de donner beaucoup de temps aux autres nĂ©cessitĂ©s corporelles. Toutes ces choses ne doivent pas ĂȘtre le principal, mais l'accessoire de notre vie, et il ne les faut faire que comme en passant: toute notre application et toute notre attention doivent ĂȘtre pour notre esprit. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - LXVII)
#6602
Figaro: L'usage, maĂźtre Double-Main, est souvent un abus. Le client un peu instruit sait toujours mieux sa cause que certains avocats, qui, suant Ă  froid, criant Ă  tue-tĂȘte, et connaissant tout, hors le fait, s'embarrassent aussi peu de messieurs: plus boursouflĂ©s aprĂšs qu'ils eussent composĂ© l'Oratio pro Murena. [...] (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro - Acte III, scĂšne 15)
#6623
AmphiaraĂŒs avait vĂ©cu longtemps avec sa femme Ériphyle. Ils avaient eu plusieurs enfants. Nulle part un si bon mĂ©nage. On offre un collier. Plus de femme, plus de mĂšre. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, LX)
#6616
Il y a des notions communes, dont tous les hommes conviennent Ă©galement. Les disputes, les sĂ©ditions, les guerres, d'oĂč viennent-elles? De l'application de ces notions communes Ă  chaque fait particulier. La justice et la saintetĂ© sont prĂ©fĂ©rables Ă  toutes choses, personne n'en doute. Mais une telle chose est-elle juste, est-elle sainte? VoilĂ  sur quoi on s'Ă©gorge. Chassons cette ignorance et apprenons Ă  appliquer ces notions Ă  chaque fait particulier; il n'y aura plus de disputes, plus de guerres, Achille et Agamemnon seront d'accord. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, LXII)
#6628
Souviens-toi que le dĂ©sir des honneurs, des dignitĂ©s, des richesses, n'est pas le seul qui nous rende esclaves et soumis; mais aussi le dĂ©sir du repos, du loisir, des voyages, de l'Ă©tude. En un mot, toutes les choses extĂ©rieures, quelles qu'elles soient, nous rendent sujets quand nous les estimons. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre IV, XI)
#6736
Celles qui ne dĂ©pendent point de nous sont le corps, les biens, la rĂ©putation, les dignitĂ©s; en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - II)
#6697
J'examine les hommes, ce qu'ils disent, ce qu'ils font, non pour les blĂąmer ou pour m'en moquer, mais je m'en fais l'application Ă  moi-mĂȘme, en disant: « Commets-je les mĂȘmes fautes? Quand cesserai-je? Quand me corrigerai-je? Il n'y a que peu de temps que je faisais comme ces gens-lĂ . Je ne pĂšche plus de mĂȘme, grĂąces en soient rendues aux dieux ». (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre IV, XIII)
#6714
J'ai un mĂ©chant voisin, un mĂ©chant pĂšre. Ils ne sont mĂ©chants que pour eux, ils sont trĂšs bons pour moi, car ils exercent et fortifient ma douceur, mon Ă©quitĂ©, ma patience. VoilĂ  la verge de Mercure; elle ne changera pas en or tout ce que je toucherai, ce serait peu de chose; mais elle changera en biens tout ce qui passe pour des maux: la maladie, la pauvretĂ©, l'ignominie et la mort mĂȘme. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre III, XL)
#6842
N'use des choses nĂ©cessaires au corps qu'autant que le demandent les besoins de l'Ăąme, par exemple de la nourriture, des habits, du logement, des domestiques. Et rejette tout ce qui sent la mollesse ou la vanitĂ©. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - L)
#6761
La plus juste, la plus forte, la plus inviolable des lois de la divinitĂ©, c'est que le plus faible soit toujours soumis au plus fort. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, LXXV)
#6814
Comme la mĂ©decine ordonne de changer d'air Ă  ceux qui ont des maladies chroniques, la philosophie l'ordonne de mĂȘme Ă  ceux qui ont des habitudes invĂ©tĂ©rĂ©es que les lieux oĂč elles sont nĂ©es ne peuvent que fortifier. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre III, XXXVI)
#6824
On n'Ă©coute pas d'autre prĂ©dication que le temps, qui vous inculque toutes les idĂ©es que les gens plus ĂągĂ©s que vous, avaient vainement essayĂ© de vous mettre dans la tĂȘte. (Jonathan Swift)
#6835
Hercule ne s'affligeait point de laisser ses enfants orphelins, car il savait qu'il n'y a point d'orphelins dans le monde, et que tous les hommes ont partout un pùre qui a soin d'eux, et qui ne les abandonne jamais. (Épictùte, Entretiens - Livre III, LI)
#6901
Que sert Ă  une femme d'avoir de la tĂȘte et du coeur si le reste est sans agrĂ©ment ? (Madeleine de ScudĂ©ry)
#6911
Corps fĂ©minin, coeur d'homme et tĂȘte d'ange. (ClĂ©ment Marot)
Commentaire : A propos de Marguerite de Navarre.
#6976
CƓlio. [...] Pourquoi ce qui te rendrait joyeux et empressĂ©, ce qui t'attirerait, toi, comme l'aiguille aimantĂ©e attire le fer, me rend-il triste et immobile ? Qui pourrait dire: ceci est gai ou triste ? La rĂ©alitĂ© n'est qu'une ombre. Appelle imagination ou folie ce qui la divinise. - Alors la folie est la beautĂ© elle-mĂȘme. Chaque homme marche enveloppĂ© d'un rĂ©seau transparent qui le couvre de la tĂȘte aux pieds: il croit voir des bois et des fleuves, des visages divins, et l'universelle nature se tient sous ses regards des nuances infinies du tissu magique. [...]
(Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne - Acte I, scĂšne 1)
#7012
Les respects qu'on rend Ă  ceux qui peuvent nuire sont comme l'autel Ă©levĂ© Ă  la fiĂšvre au milieu de Rome ; on l'adore, parce qu'on la craint. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, LVII)
#7031
Si j'aime mon corps, si je suis attachĂ© Ă  mon bien, je suis perdu, me voilĂ  esclave ; j'ai fait connaĂźtre par oĂč je puis ĂȘtre pris. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre I, LXVI)
#7039
Ne va ni aux rĂ©cits, ni aux lectures des ouvrages de certaines gens, ou du moins n'y va pas sans motif. Mais, si tu t'y trouves, conserve la gravitĂ© et la retenue, et une douceur qui ne soit mĂȘlĂ©e d'aucune marque de chagrin et d'ennui. (ÉpictĂšte, PensĂ©es - LIV)
#7066
Si tu es nĂ© de parents nobles, tu es si plein de ta noblesse, que tu ne cesses d'en parler et que tu en Ă©tourdis tout le monde. Mais tu as la divinitĂ© pour pĂšre, tu l'as au dedans de toi, et tu oublies cette noblesse, et tu ignores d'oĂč tu es venu, et ce que tu portes ? VoilĂ  pourtant de quoi tu devrais te souvenir dans toutes les actions de ta vie. Dis-toi Ă  tout moment : « C'est la divinitĂ© qui m'a crĂ©Ă©, elle est au dedans de moi, je la porte partout. Pourquoi la souillerais-je par des pensĂ©es obscĂšnes, par des actions basses et impures, et par d'infĂąmes dĂ©sirs ? » (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, XVIII)
#7067
L'ignorance est la nuit qui commence l'abĂźme
OĂč rampe la rason l'honnĂȘtetĂ© pĂ©rit. (Victor HUGO, Chaque enfant qu'on enseigne)
#7113
Je ne condamne pas l'Ă©loquence, ni les talents de bien Ă©crire et de bien parler, mais je condamne qu'on leur attribue la premiĂšre place ; car il y a quelque chose de plus important et de plus considĂ©rable. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre II, LXIII)
#7141
La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier. (Paul Claudel, TĂȘte d'or)
#7151
Il faut qu'un prince ait un mĂ©rite bien extraordinaire, quand on ne s'attache Ă  lui que pour l'amour de lui. (ÉpictĂšte, Entretiens - Livre III, LXXI)
#7188
"Lorsque le coeur s'entĂȘte Ă  l'incrĂ©dulitĂ©,
la tĂȘte s'Ă©coeure dans la dĂ©sespĂ©rance"

(Jean-Robert Léonidas, Sérénade pour un Pays ou La Génération du Silence, 1992)
#7218
Lorsque le coeur s'entĂȘte Ă  l'incrĂ©dulitĂ©,
La tĂȘte s'Ă©coeure dans la dĂ©sespĂ©rance.
(Jean-Robert Léonidas, Sérénade pour un Pays ou La Génération du Silence, 1992)
#7221
Quand tu approches les princes et les grands, souviens-toi qu'il y a là-haut un plus grand prince encore, qui te voit, qui t'entend, et à qui tu dois plutît plaire. (Épictùte, Entretiens - Livre I, LXXIX)
#7458
Quand quelqu'un te fait du tort ou dit du mal de toi, persuade-toi qu'il croit y ĂȘtre obligĂ©. Il n'est donc pas possible qu'il suive tes jugements, mais les siens propres, de sorte que, s'il juge mal, il est seul blessĂ©, comme il est le seul qui se trompe. En effet, si quelqu'un croit faux un syllogisme trĂšs juste et trĂšs suivi, ce n'est pas le syllogisme qui en souffre, mais celui qui se trompe en en jugeant mal. Si tu te sers bien de cette rĂšgle, tu supporteras patiemment tous ceux qui parleront mal de toi ; car, Ă  chaque injure, tu ne manqueras pas de dire : « Il croit avoir raison. » (ÉpictĂšte, PensĂ©es - LXVIII)
#7413
Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir. » EpictÚte


#7956
Quand on marche, le temps passe plus lentement. La culture de l'immĂ©diatetĂ© et de l'ultrarĂ©activitĂ© dans laquelle on baigne nous amĂšne Ă  n'ĂȘtre plus prĂ©sent Ă  rien. En marchant, on se replonge dans le temps de la nature, de l'univers, du cosmos. Le temps de la vie. On se reconnecte Ă  soi-mĂȘme. (Laurent Gounelle, Le Jour oĂč j'ai appris Ă  vivre, Pocket, p. 115)
#8004
Conficius habitait le cerveau des hommes : sa dĂ©fense de l'amour familial, son culte du respect, sa lutte contre les abus perduraient dans les tĂȘtes. À la diffĂ©rence des EuropĂ©ens qui conservent des ruines gallo-romaines au cƓur de leurs mĂ©tropoles mais oublient SĂ©nĂšque, qui visitent les cathĂ©drales en dĂ©laissant le christianisme, les Chinois ne logent pas leur culture dans les pierres. (Eric-Emmanuel Schmitt, Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus, Le Livre de Poche, p. 74-75)
#8015
Lorsque l'amour surgit, notre Ăąme est soulevĂ©e par la puissance de son souffle. Si tu as un coup de foudre pour une jeune femme, tu sentiras une chaleur naĂźtre dans ta poitrine, le rythme des pulsations de ton cƓur s'accĂ©lĂ©rera, ton visage s'empourprera, tu n'arriveras sans doute pas Ă  sortir une seule parole cohĂ©rente et tu n'auras qu'une idĂ©e en tĂȘte : la revoir au plus vite. (FrĂ©dĂ©ric Lenoir, CƓur de cristal, Pocket, p. 42)


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