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Charles Péguy

1873 – 1914

Sa vie
Portrait de Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens.

Portrait de Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens.

Charles Péguy est né en 1873 à Orléans. Après des études dans sa ville natale, il va à Paris préparer le concours de l’École Normale Supérieure, auquel il est reçu en 1894. En 1896, il écrit un drame, Jeanne d’Arc.

Attiré par les idées socialistes, il expose son point de vue dans Marcel, premier dialogue de la cité harmonieuse (1898) et milite pour la révision du procès Dreyfus.

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Bientôt, il abandonne la carrière universitaire, se sépare du parti socialiste et fonde, en 1900, une revue indépendante, les Cahiers de la Quinzaine, qui se propose d’informer les lecteurs et de « dire la vérité ». C’est de « la Boutique », installé en face de la Sorbonne, que Péguy mènera le combat ; en dépit des difficultés financières, les Cahiers, auxquels collaborent Jérôme et Jean Tharaud, Daniel Halévy, François Porché et Romain Rolland, paraîtront jusqu’à la guerre de 1914.

Les grandes œuvres en prose de Péguy y trouvent place ; ce sont Notre Patrie (1905), où il dénonce le danger allemand et la menace de guerre, Notre jeunesse (1910), où il oppose mystique et politique, l’Argent (1913), où il évoque le monde de son enfance qui ne connut pas la fièvre de l’argent.

En 1908, il déclarait à Joseph Lotte : « J’ai retrouvé la foi ». De sa méditation, naissent de grandes œuvres poétiques : le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910), le Porche du mystère de la deuxième vertu (1911) et le Mystère des saints-innocents (1911). Reprenant le geste du bûcheron qui, dans le Porche du mystère de la deuxième vertu mettait ses enfants sous la protection de la Vierge, Péguy fait, en 1912, plusieurs pèlerinages à Notre-Dame de Chartres. On retrouve l’écho de ces événements dans la Tapisserie de Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1912), écrite en reconnaissance pour la guérison de son fils Pierre, et dans la Tapisserie de Notre-Dame (1912) ; Péguy n’hésite pas à écrire Ève (1913), une œuvre d’une longueur inusitée, qui comporte huit tragédies en cinq actes et 8000 alexandrins.

Il songeait à évoquer le Paradis dans un nouveau poème, quand survint la guerre, où il trouva la mort le 5 septembre 1914.

Son art poétique

La poésie de Péguy reflète le cheminement même d’une pensée qui se cherche, se trouve, s’exprime, s’explique, se complète et se prolonge, jusqu’à pouvoir paraître quelquefois lassante. Mais c’est de ce rythme « litanique », lent, lourd et monotone, illuminé par la fulguration d’une image, vision concrète et évocatrice d’une idée, que naît cette « contagion mystique », qui bientôt emporte le lecteur. Même dans sa forme, l’œuvre de Péguy est une œuvre d’apostolat.

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Bibliographie
Prose
  • De Jean Coste (1902)
  • Notre Patrie (1905)
  • Clio, dialogue de l’histoire et de l’âme païenne (1909)
  • Notre jeunesse (1910)
  • Victor-Marie comte Hugo (1910)
  • Un Nouveau Théologien (1911)
  • L’Argent, l’Argent suite (1913)
  • Note conjointe sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne (1914)
Poésie
  • Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1911)
  • Le Porche du mystère de la deuxième vertu (1917)
  • Le Mystère des saints-innocents (1912)
  • Les Tapisseries (1912-1913)
  • Ève (1913)
Théâtre
  • Jeanne d’Arc (1897)
Citations choisies
  • Tout commence en mystique et finit en politique. (Notre jeunesse)
  • […] aussi longtemps qu’il y a un homme dehors, la porte qui lui est fermée au nez ferme une cité d’injustice et de haine.
  • Un maître peut s’arrêter. Un maître sait s’arrêter. Un élève ne s’arrête jamais.
  • Ne pas prendre certaines positions, ne pas occuper certaines situations, c’est infailliblement en prendre et en occuper d’autres. (Pensées)
  • Le génie n’éclaire nulle part autant que dans le détail poussé. (Pensées)
  • Femmes, je vous le dis, vous rangeriez Dieu même. (Ève)
  • Une grande philosophie n’est pas celle qui installe une vérité définitive, c’est celle qui introduit une inquiétude.
  • Quand une société ne peut pas enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner. (Pour la rentrée)
  • Tout père sur qui son fils lève la main est coupable: d’avoir fait un fils qui levât la main sur lui. (Cahiers de la quinzaine)
  • Une revue n’est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés. (L’Argent)
  • Le modernisme est un système de complaisance. La liberté est un système de déférence. La liberté est un système de courage. La liberté est la vertu du pauvre. (L’Argent)
  • Un véritable savant, qui travaille dans son laboratoire, n’écrit point science avec un grand S. (Cahiers de la quinzaine)
  • Le plus infime des pécheurs peut faire avorter une espérance de Dieu. Les calculs de Dieu peuvent ne pas tomber juste. La sagesse de Dieu par nous peut défaillir. Et nous pouvons faire tout manquer. (Le porche du mystère de la deuxième vertu)
  • Tel est le mystère de la liberté de l’homme, dit Dieu…
  • Si je le soutiens trop, il n’est plus libre
    Et si je ne le soutiens pas assez, il tombe. (Pensées)
  • Quand il s’agit d’histoire ancienne, on ne peut pas faire d’histoire parce qu’on manque de références. Quand il s’agit d’histoire moderne, on ne peut pas faire d’histoire, parce qu’on regorge de références. (Clio)
  • Je comprends très bien, dit Dieu, qu’on fasse son examen de conscience. C’est un excellent exercice. Il ne faut pas en abuser. (Le Mystère des Saints Innocents)
  • Rien n’est beau comme un enfant qui s’endort en faisant sa prière, dit Dieu. (Le Mystère des Saints Innocents)

Autres citations de Charles Péguy.

Articles connexes

Suggestion de livres

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Notre jeunesse

Le porche du mystère de la deuxième vertu

Les tapisseries

Œuvres poétiques complètes

Œuvres en prose complètes 1

Œuvres en prose complètes 2

Clio

Ève

Une éthique sans compromis

Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc

Correspondance Charles Péguy – Alain-Fournier

Charles Péguy


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