Antoine de Saint-Exupéry

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Antoine de Saint-Exupéry

1900 – 1944

Antoine de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944 au large de Marseille, est aviateur et écrivain français, auquel on doit une œuvre à la morale héroïque et idéaliste, fruit de son expérience de l’aviation (Vol de nuit, 1931 ; Le Petit Prince, 1943).
→ À lire : Lumière sur Le Petit Prince.

L’engagement personnel

Photo d'Antoine de-Saint-ExupéryNé à Lyon (Rhône), Antoine de Saint-Exupéry est d’abord étudiant aux Beaux-Arts. Il passe son brevet de pilote et entre dans l’armée de l’air quelques années plus tard, en 1921. Il devient pilote de ligne en 1926 et, à ce titre, effectue les premiers vols longs-courriers de l’histoire de l’aviation, vers l’Afrique du Nord et l’Amérique du Sud.

S’inspirant des dangers et des plaisirs de son métier d’aviateur, il publie la même année, parrainé par Jean Prévost, une nouvelle, L’Aviateur. Il est muté à Dakar en 1927 et devient chef de l’aéroplace de Juby au Sahara.

Saint-Ex, comme on le surnomme, y découvre l’isolement méditatif, le sens de la camaraderie et du devoir qui nourriront toute son œuvre, à commencer par Courrier sud (1928) qui évoque sur fond d’amour contrarié entre un aviateur et sa femme, les aléas du trajet Toulouse-Dakar.

Les leçons du désert

Vol de nuit (1931, prix Femina) est également un texte sur l’univers exigeant du métier de pilote, qui impose aux êtres de repousser, au prix de leur vie, les limites de la liberté. Si ce livre, récit des expériences réellement vécues par l’auteur alors qu’il était responsable de la ligne Aeroposta Argentina, est un éloge de la discipline et du devoir, il est surtout une évocation poétique du plaisir de voler, métaphore exupérienne de l’ascèse vers laquelle tout être doit tendre pour s’accomplir.

En 1931, il interrompt ses missions pour devenir reporter et conférencier international (Paris-Soir et L’Intransigeant), et s’enrichit de nouvelles expériences dont Terre des hommes (1939, grand prix du roman de l’Académie française) portera les traces : il abandonne en effet la fiction pour rendre compte dans cet essai autobiographique de son expérience passée. Si Saint-Ex célèbre la grandeur de sa vie d’action en racontant Jean Mermoz, Henri Guillaumet, le désert, la peur et la beauté, il dénonce les travers de l’industrialisation qu’il accuse de sédentarisation, celle-ci rabaissant les idéaux de l’humanité.

La saveur du vécu

Mobilisé comme pilote avant la Seconde Guerre mondiale, en 1937, il est engagé dans l’armée de l’air et basé en Algérie jusqu’en 1940, date à laquelle son âge lui vaut d’être démobilisé. Réfugié aux États-Unis, il publie Pilote de guerre (1942), reportage romancé sur les conséquences françaises de la « drôle de guerre » ainsi que les épisodes d’une mission arrageoise, Lettre à un otage, dédiée à son ami anarchiste Léon Werth, puis, pour honorer la commande d’un éditeur américain, Le Petit Prince (1943). Cette parabole pour adultes qui allait rencontrer un succès universel, construite sur la quête allégorique de l’amour et de la fraternité, livre les considérations existentielles et sentimentales que son expérience d’aventurier de la vie lui inspire.

Ne pouvant se résoudre à la passivité, il rejoint dès 1943 les Forces françaises libres en Algérie. C’est dans des circonstances mystérieuses qu’il disparaît, probablement le 31 juillet 1944, au cours d’une mission de reconnaissance aérienne qu’il effectue dans le sud de la France. Il laisse une somme de carnets, dont les méditations philosophico-apologiques qui composeront Citadelle (posthume, 1948) et que l’on considère souvent comme une leçon d’individualisme et de sagesse humaniste. Suivront les publications posthumes des Carnets et des Lettres de jeunesse à l’amie inventée en 1953, des Lettres à sa mère en 1955, et enfin de Un sens à la vie en 1956.

L’unité de son œuvre

Les premières œuvres de Saint-Exupéry ont séduit à la fois par leur nouveauté et leur authenticité comme le témoignage d’une homme de métier dans un domaine que nul avant lui n’avait abordé, sauf Kessel (romancier né en 1898) dans L’Équipage.

Mais d’un roman à l’autre, les lecteurs prennent conscience qu’il s’agit d’autre chose que de simples romans-reportages. Dans Courrier-Sud, Saint-Exupéry avait cru devoir rehausser son récit de l’appoint d’une intrigue sentimentale, d’ailleurs assez étrangère au fil du récit.

Déjà Vol de nuit, centré autour de l’attente de trois courriers à l’aérodrome de Buenos Aires, nous fait assister au drame humain qui se livre sur terre, au poste de commandement, et dans le ciel, auprès des pilotes, s’approfondit en l’étude vigoureuse d’un caractère, et se prolonge en une méditation sur l’action.

Terre des hommes, plus explicitement encore, s’organise autour de cette méditation sur la grandeur d’un métier qui affermit la volonté, exalte un sentiment de fraternité entre ceux qui œuvrent pour une tâche commune et leur fait prendre une conscience élargie de leur responsabilité : la grandeur de l’homme, c’est de se sentir « dans la mesure de son travail »… « responsable un peu du destin des hommes ». Le Petit Prince reprendra ce thème sous la forme d’une parabole poétique.

Au terme de cette continuité, Citadelle apparaît comme une dernière étape et comme un couronnement. Saint-Exupéry y médite sur les valeurs révélées par l’action qui font la dignité de l’homme et qui s’équilibrent en lui. Elles sont susceptibles de donner un sens à sa vie. Son humanisme, résolument spiritualiste, postule Dieu plutôt qu’il ne trouve ; à défaut d’une rencontre, il est, au moins, une aspiration vers le divin.

Gros plan sur Vol de nuit (1931)

Fabien, un des trois pilotes qui cherchent à gagner l’aérodrome de Buenos Aires, ne peut plus échapper à la mort. Les communications avec le sol sont coupées et son réservoir d’essence est à peu près vide. Dans une sorte de vertige qui fera de sa mort une apothéose, Fabien monte vers les étoiles.

La description unit, sans la moindre impression de disparité, la réalité et le rêve, dans une profusion de détails précis, presque techniques, sur le comportement de l’avion et sur le spectacle qui, bientôt, aux yeux du pilote, se transfigure en vision. Mais, déjà, celui-ci semble comme détaché de la vie terrestre, comme intégré au monde cosmique, dans une exaltation telle que la mort certaine, toute proche, loin d’être une appréhension, vient plutôt comme une délivrance.

Gros plan sur Le Petit Prince (1943)

Ce conte semble occuper une place à part dans l’œuvre de Saint-Exupéry. Sa fraîcheur et sa fantaisie, la simplicité naïve de son expression expliquent l’immense succès qu’il connaît auprès des enfants. Mais l’auteur qui, de son propre aveu, ne souhaite pas qu’on lise son livre « à la légère » et qui l’a décidé « à la grande personne qui avait bien besoin d’être consolée » nous invite à rechercher plus avant, sa signification profonde. En fait, on y retrouve, sous la forme d’une souriante et touchante parabole, les thèmes habituels de son inspiration.

→ À lire : Lumière sur Le Petit Prince.

Bibliographie
  • Courrier-Sud (1929)
  • Vol de nuit (1931)
  • Terre des Hommes (1939)
  • Pilote de guerre (1942)
  • Le Petit Prince (1943)
  • Citadelle (1948)
📽 15 citations choisies de Saint-Exupéry
  • Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. (Terre des hommes, 1939)
  • La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie. (Terre des hommes, 1939)
  • Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.  (Terre des hommes, 1939)
  • Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. (Vol de nuit, 1931)
  • Nous sommes riches aussi de nos misères. (Vol de nuit, 1931)
  • Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. (Citadelle, 1948)
  • N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité. (Citadelle, 1948)
  • Je n’aime pas les sédentaires du cœur. Ceux-là qui n’échangent rien ne deviennent rien. (Citadelle, 1948)
  • On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. (Le Petit Prince, 1943)
  • Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent. (Le Petit Prince, 1943)
  • C’est véritablement utile puisque c’est joli. (Le Petit Prince, 1943)
  • On va toujours, en fin de compte, vers où l’on pèse. (Pilote de guerre, 1942)
  • L’intelligence ne vaut qu’au service de l’amour. (Pilote de guerre, 1942)
  • Connaître, ce n’est point démontrer, ni expliquer. C’est accéder à la vision. (Pilote de guerre, 1942)
  • Un sourire est souvent l’essentiel. On est payé par un sourire. On est récompensé par un sourire. (Lettre à un otage, 1943)

Autres citations d’Antoine de Saint-Exupéry.

Articles connexes

Suggestion de livres, de CD et de DVD


Citadelle

Courrier sud

Carnets

Le Petit Prince (livre pop-up)

Le Petit Prince raconté aux enfants

Le Petit Prince

Du vent, du sable et des étoiles: Œuvres

Vol de nuit


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